(Message écrit le 8 Février à Kayes – Mali)

Ani sogoma les amis!

Après 6339 kilomètres de pédalage, nous sommes arrivés au Mali. Pour tout vous dire, on ne réalise pas bien nous même. Ça va si vite et tellement doucement en même temps… Notre voyage à dos de biclown nous pousse doucement, on ne sait pas toujours par où, mais on y va sûrement !
Nous venons donc de quitter le Sénégal, que nous avons traversé en 15 petits jours. Ce fut pour nous un séjour rapide mais très intense.

Voici l’heure pour nous de partager avec vous nos impressions, nos photos, nos rires et nos délires.

Teranga Sénégal !

Entre le désert Sahel et la forêt luxuriante, entre Afrique noire et blanche, nous vivons un dépaysement à perdre la tête.
Depuis l’estuaire du fleuve Sénégal qui accueille la plus extraordinaire population d’oiseaux au monde, jusqu’aux terres arides brulées par le soleil vers le Mali, nous remontons le langoureux fleuve Sénégal, charmés par la créativité, la simplicité, la gentillesse, la culture et le sens de l’hospitalité des différents peuples rencontrées durant notre voyage. Woloff, sérène, diola, soniké, poular, haalpuulars, mandingue, bainouk, balante… Autant de langues différentes au Sénégal qui en disent long sur la mixité et la richesse ethnique.
Nous vous parlerions longtemps de ce territoire que nous avons juste entre-aperçu par sa fenêtre nord, mais nous n’avons pas suffisemment plongé dans ce pays d’artistes, encore très imprégné du poète président Léopold Senghor, des ses aspirations “pour une civilisation universelle, sans renier ses origines.”

Installez-vous confortablement sur le porte-bagage, entre le Thiéboudiene et la même chose sans poisson …

Merci divinement à Fred et David qui mettent en ligne nos articles.
Pour savoir ou nous sommes, la carte d’”Hubert Earth” est là: http://voyage.jeremiebt.com/carte.htm

Toubab 1 et toubab 2, qui partent pour Bamako et qui espèrent arriver un… dimanche. Warf.

Chers lecteurs. Tout d’abord on vous invite à vous mettre un peu dans l’ambiance en cliquant sur le petit lecteur ci-dessous. Il s’agit d’enregistrements glanés le long de nos rencontres au Sénégal : Le chant de petites filles dans une famille peule qui nous a accueillis, des scènes d’ambiance de mariage, et le chant des oiseaux au petit matin dans un endroit ou nous avions planté la tente.

MONTEZ LE SON ! Le gain de la musique pour éviter le grésillement est faible, et nous n’avons pas de table de mixage avec nous ;)


Notre traversé du Sénégal en chiffres :

  • 587 km (6339 depuis le départ)
  • 4 km en taxi brousse suite à une crevaison de nuit (mais que pour Jerem, Claire a vaillamment pédalé tous ces kilomètres).
  • Une moyenne de 47,25 km par jour pédalé
  • L´étape la plus dure fut de 9.8 km, suivit de 11.1 km le lendemain. Mode « langoureux » le long du fleuve Sénégal oblige.
  • 10 crevaisons en deux jours pour Jérémie (dont une triple, 2 sur la roue arrière et la roue de la remorque en même temps, il est trop fort ce jerem), et 7 pour Claire. Vive les épines sénégalaises !!


Voilà, nous vous avions laissé ici, après nos folkloriques aventures à Rosso.
Nous débarquons de l’autre côté de la rive, pour enfin entrer au…


SENEGAL !!!!!


A vrai dire, traverser nous fatigue d’avance, mais on s’y met.


Et on est passés !
Périn, le cycliste rencontré à Nouakchott, reste encore un peu avec nous avant de filer de son côté à Dakar.


Alain et Irène (deux autres cyclistes avec qui on a joué au chat et à la souris depuis le Maroc, si vous avez suivi le dernier épisode) nous ont donné un super tuyau pour notre première nuit après la frontière. Cette charrette va justement à Mbagam, petit village après Rosso, nous n’avons qu’à la suivre !


Voici notre première immersion dans un village, escortés de nombreux gamins qui se ruent littéralement sur nous. Là sur la photo, les trois quart nous avaient déjà lâchés, on en est sortis vivants. ;)
Partout ou l’on passe les enfants sont TRÈS nombreux (on en compte 50 lorsque 10 adultes sont dans notre champ de vision).
Là où nous avions étés mis en garde sur leur côté « encombrant » à la limite du supportable, nous les avons trouvés très respectueux des adultes, curieux, mais bien élevés et calmes.
Petite anecdote, ils reculent tous de frousse quand Claire ou Jérém’ sort le grand bâton qui lui sert de béquille de vélo…


A Mbagam, on fait aussi la connaissance des moustiques. On inaugure notre « moustiquaire imprégnée » dans une salle de classe de la Maison pour tous, où nous dormons.
Malaria oblige, on arrête les scrupules, et on se dote de super chimie en bombe pour les moustiques.
Quel délice succulent d’entendre les Bzzzzzzz des moustiques EN DEHORS de la moustiquaire….


Petit trésor découvert derrière la porte de la classe : ce tableau où l’on parle d’animaux rares ici, les chevales….


Visite de l’école du coin-coin, le lendemain matin-tin. Heureux de notre présence, l’instituteur profite de l’intérêt de notre voyage pour organiser dans une classe de « grands » une rencontre « questions-réponse », en bon François je vous prie.
Dans le top des questions intéressantes sur notre voyages : «Pourquoi vous n’êtes pas musulmans », et « C’est vrai que vous mangez des grenouilles ? » …


Ils sont en moyenne 40 enfants par classe. Ils suivent des cours de Français, d’Arabe, de maths… mais aussi des leçons d’hygiène, et d’agriculture.
Dans la cours, ça plante du chou, des betteraves, des concombres…


Voilà un problème et un poème correspondant à un niveau de CM2 ici. Nous espérons que les classes primaires françaises avec lesquelles nous sommes en contact trouveront matière à se grattouiller les méninges ;)


Pendant la pause-récrée, on fait un petit diato-concert. Dingue comme les enfants réagissent, et voilà que ça frappe dans les mains et que des petites de six ans se mettent à se trémousser !!
D’emblée, on sent qu’il n’est pas question pour eux de se languir sur un tempo lent, il faut pouvoir taper dans les mains ! Alors ça frappe, tous les temps de la valse, quasi sur un autre rythme, c’est drôle et tout le monde est content de la bonne ambiance.



Et nous revoilà sur les routes de l’Afrique direction Richard Toll.
Le paysage change en quelques kilomètres. Soit il est très verdoyant le long du fleuve, soit il est très sec à quelques coups de pédale le là.


Voici quelques champs de canne à sucre qui émaillent des berges du fleuve.


Le fleuve est ici un vénéré. L’eau accomplit des miracles pour la faune, la flore et les habitants aux boubous éclatants. Les oiseaux ne s’y sont pas trompés, les rizières succèdent aux champs de canne à sucre, les cultures de millet à celles de sorgho, de tomates, d’oignons…
Mais l’aménagement du fleuve est contesté. Le délabrement des installations ne rend pas compte des efforts engagés, l’argent va partout sauf dans un soutien financier durable pour les villages. Les problèmes de salinité de l’eau apparaissent, créant des déséquilibres écologiques, faisant apparaitre des parasites, nuisant à la migration des poissons… L’agriculture soutenue épuise les sols, et les industries agro-industriels déversent tout et n’importe quoi.
Tout ceci représente un génocide à retardement qui a du mal à être enrayée.
(Lu dans une revue super bien dont j’ai oublié le nom)


Extrait de mur.


Nouvel épisode des « Folles aventures rocambolesques de la roue arrière de Jérémie » :
Ici on retire la cuvette cassée, à l’africaine.


Épisode suivant :
Soudure d’un petit protège-pantalon (s’il-vous-plaît) car celui en plastoc d’origine à lâché il y a déjà… pfiou, au moins.





Anodin extrait d’ambiance villageoise à Richard Toll, une ville de taille moyenne le long du « goudron ».
Cette vue est assez représentative de ce que nous allons croiser régulièrement comme « civilisation » entre deux crochet dans la brousse.
Depuis deux mois, nous discutons avec une certaine Michelle, une couchsurfeuse qui va nous héberger pour une nuit, puis deux, puis trois. Superbe rencontre de ce brin de fille Américaine, expatriée pour le projet « Peace Corp », sorte d’Organisation Gouvernementale de développement dans le tiers monde depuis les années 60. Jérémie partais avec un certain a-priori vis-à-vis de ces missions, mais remarque que son intérêt dépend plus des « volontaires » impliqués que du projet en lui-même. Michelle, elle, est tip-top, et nous accompagnera même quelques jours en vélo.


Le Fleuve Sénégal.


Du bissap fait maison, ou infusion de fleurs d’hibiscus séchées. Ça infuse à chaud ou à froid, tu rajoutes du sucre ou pas, tu aimes ou… tu aimes.


Un petit cochon, pendu au car-ton… Bien utile dans les villes pour nettoyer un peu la rue-poubelle. La variante « chèvre » marche bien aussi, en prime, elle monte dans les arbres.


Lala, la Schtroumph Lala…. (à lire en fredonnait l’air de Dorothée)
Remplacez « Schtroumph » par « coiffeuse de tresses», et Lala par… Lala, car c’est son prénom.
On se la joue touriste-de-base et on fait marcher l’économie locale….
Kikadikoi : « Tu as fait quoi du yoghourt shampoing ? »
Allez savoir quel état de fatigue nous pousse à dire des âneries pareilles.


Le plat national… à la sauce Jerem :
Du “Thieboudiene”, sans « diène ».
Du riz au poisson… sans poisson ;) On en a mangé presque tous les jours. Le riz est l’aliment de base ici, mais le Sénégal n’en produit qu’un petit peu, en fonction de la saison. La majeure partie de celui qui est consommé vient de Chine, et il s’agit en fait de brisures de riz, un riz de moins bonne qualité (bien moins nourrissant en tout cas).


Toucouleur


J’en connais qui faisaient les malins à trouver les réponses des épices et autres petits ingrédients qui nous étaient présentés dans les marchés… ET ceux-là alors ?
Bon ok, on les voit en petit… Mais ne riez pas trop, ils sont en gros plan plus loin (et on a les réponses !)
Nous remarquons que les commerçants sont incroyablement honnêtes avec nous, et n’augmentent que très très rarement leurs prix lorsqu’ils voient nos faces de blanc-bec.
C’est plus agréable qu’au Maroc ou en Mauritanie.


Hop, retour du marché avec le taxi-calèche.


Notre bonne étoile nous a fait pousser la porte de Meryl et Julien, deux Français expatriés à Richard Toll avec qui on a passé… presque 10 jours !
En prime, Julien nous a mijoté un beau porte-sac plastique…


L’entente est bonne, voilà qu’il vient ave nous.
Et quelle épopée pour lui trouver un vélo ! En cinq minutes le message fait le tour de la ville, et plein de jeunes ou moins jeunes viennent lui proposer des vélos, ou ce qu’il en reste, à vendre ou à louer.
La plupart sans freins, sans pédales, sans roues…
Il finit par enfourcher le biclou d’un collègue tuné « à l’Afriquaine » pour l’occaze, et nous accompagne 1 jour ou 2, puis 3, puis 4, puis 6 … dans la brousse.


C’en est trop pour Michelle, notre couchsurfeuse Richard Tollienne (elle a échappé aux photos les premiers jours), qui se saisi à son tour d’un VTT et rejoint la bande de joyeux drilles. Objectif : nous rendre à Podor, la ville voisine, située à 180 kilomètres, qui tiendrait son nom des « pots d’or » utilisés par les marchands installés ici.

Quelques scènes de brousse… avec en prime le village d’Astérix… (mais plutôt version « Parc Asteéix »).





« Jerem’ ! Y a des vaches partout ! Keskeuj’fait ? »


Effet inverse par rapport à la France, la brousse se repeuple depuis plusieurs années, à cause des points d’eau construits avec les aides occidentales.


Petit flou artistique qui témoigne de l’urgence d’une situation…


Sauve qui Peul !!!!
Voilà que courent en notre direction, pour nous intercepter et nous saluer, quelques femmes hautes en couleur et lourdement chargées.
On reprend son souffle pendant l’instant-photo.
Les femmes nous semblent bien plus épanouies et « libre » que nous l’avons constaté (et relayé dans nos anciens messages) qu’au Maroc et en Mauritanie. La sexualité des gens semble ici plus extravertie et avec moins de tabous. Ça fait du bien de voir des femmes rire aux éclats.


Notre première nuit « en brousse », chez une très joviale famille peule qui nous a accueillis avec des enfants, des chants, du feu, et un bon repas.
Miam, le riz au lait sucré !!!
On ne prétend pas sur ce site faire un reportage ethnologique ou machin-chose-graphique sur les pays traversés et les populations rencontrées, mais juste vous faire part de nos impressions, et des petites choses que nous avons apprises ici, au cours de discussions le long de la route ou glanées chez nos hôtes. Si certaines informations vous semblent erronées, n’hésitez pas à nous le mentionner, nous corrigerons.
Le long de notre route, c’est essentiellement le peuple « peul » que nous avons fréquenté.
D’origine nomade, beaucoup se sont sédentarisé, notamment le long du fleuve Sénégal que nous avons en partie remonté. Ce sont nos ancêtres colons qui les ont nommé les « Toucouleurs ». Vêtements colorés, des maisons rondes en paille tressée, des villages-fermes avec plein d’enfants, des tatouages foncés, notamment sur les lèvres des femmes…
Présents dans une quinzaine de pays d’Afrique, les Peuls tiennent leur homogénéité grâce à leur langue, le poular, dont nous avons mémorisé quelques bribes, notamment les formules de politesse de base.
Principalement éleveurs et agriculteurs, ils consomment surtout des légumes et des produits laitier, ne mangent que rarement de la viande (encore moins celle de leur bœufs, par contre le poisson du fleuve, mmmmm !). On leur trouve des patronymes récurrents comme « Ba » , « Saw », « Si », et leur société est hiérarchisée en castes dont l’organisation complexe ne nous permet pas de vous la décrire plus précisément que comme: nobles/artisans/griots/ musiciens…, …
Pour le reste si vous voulez en savoir plus: http://fr.wikipedia.org/wiki/Peuls ;)

Petit tour du propriétaire, avec dans l’ordre d’apparition : le jardin, la cuisine, l’enclos à chèvres, la bergerie,



Avec Michelle, nous voilà en marche pour visiter leur potager dont elles ont l’air d’être TRES fières….
Irrigué depuis un bras du fleuve Sénégal, elles font pousser sur leurs parcelles des salades, des tomates, des oignons, du riz, du mil.. et toute sorte de choses selon la saison.




Ce n’est pas toujours beau partout, hélas… les ordures sont partout en ville, dans les rues, les champs, attirant les chèvres qui assurent un vague nettoyage… Il est d’usage de laisser tomber à terre tout ce qui est usagé, les conteneurs, poubelles ou objets assimilés sont rares voire inexistants, et le réseau de collecte, n’en parlons pas.
Dans l’ensemble pourtant, les objets trouvent toujours une seconde, voire une troisième vie ici : vêtements, bouteilles, cartons, voitures… tout est usé, recyclé, couturé, bidouillé jusqu’au bout. Mais ce qui reste le plus polluant, ce sont ces milliers de sacs plastique qui volent au vent, s’accrochent aux buissons, et se dégradent dans les rues ou les champs…
Heureusement, les écoles semblent sensibiliser les enfants au tri des ordures, à leur stockage, et à des notions d’hygiène de base… un long travail d’éducation des enfants mais aussi de leurs parents…


Sur le bord de la route qui nous emmène à Podor, voilà que couleurs et ambiance de joie nous interpellent sur le bord de la route. Il n’est pas concevable pour ce village en fête de ne pas nous inviter au … mariage !
On ne se fait pas prier.


Dans cette culture de tradition orale, les griots jouent un rôle essentiel. Ils sont la « mémoire » du village. Ils connaissent les métiers des grands pères, les anciennes histoires, ils animent les mariages…
Là, c’est celui qui gesticule au milieu de tous.


Un groupe de musiciens est installé à part sur une natte, on s’approche, on s’assoie, on écoute.
Ils jouent du xalam, une sorte de guitare à 4 cordes tendues sur de la peau, ils sont amplifiés par un vieux machin qui crépite (voir enregistrement « mariage »).
Le poids de l’Islam est carrément moins fort ici. Et l’ambiance pus colorée et musicale que dans les pays que nous venions de traverser nous va bien au teint !


Vous voyez enfin à quoi ressemble Michelle. Devinez laquelle c’est ?


Qui Peul plus Peul moins.


Pas facile de repartir, mais le soleil décline doucement et il n’est pas question de rouler de nuit pour atteindre Podor.


Jérémie, comme d’hab, au centre de l’action…..
Même pas fatigués, même pas peur de la nuit, Jerem et Julien ne résistent pas à jouer à la baballe.
Tant pis, on allumera les dynamo et on pédalera plus vite. Brrrr…..



«Les folles aventures rocambolesques de la roue arrière de Jérémie » : épisode 42.
Julien en manque de mécanique (il est chef d’atelier chez Renault), renforce l’axe de la roue arrière pour ne plus qu’il se desserre à cause de la pression de la remorque. Nous sommes arrivés à Podor la veille, tout le monde à vélo et Jerem en taxi (ah ah !)
Julien, si tu nous lis, sache que ça a super tenu… 200 km ;)
Prochainement, la suite de votre feuilleton.


Tiken Jah Fakoli, enfant ;)


Au revoir Michelle ! Regardez la pauvre elle est coincée tout au fond de ce véhicule qui va la ramener à Richar Toll avec son VTT. Typiquement sénégalais, le « setplace » offre un confort tout relatif, ainsi que des performances variables. Tout le charme du « setplace », quand bien même il soit issu d’une habile transformation d’une voiture française, réside dans le fait qu’il ne part que lorsque les sept places sont payées. Sept places, « setplace »… vous avez compris ?


« Donne-moi un cadeau !»
Alors ça aussi il faut en parler… ce sont les seuls mots que savent dire les enfants après (mais parfois avant) « bonjour » et « toubab ».
C’est gênant, difficile d’être à l’aise et parfaitement dans ses pompes à dire « non » à ces gamins qui n’ont rien. Ça fait toujours envie de donner quelque chose parce qu’on comprend qu’un rien leur fait plaisir : un biscuit, une clémentine, une bougie, boire dans ta bouteille… L’important pour eux est plus d’avoir eu l’impression de recevoir quelque chose du « toubab » que de réellement repartir avec nos lunettes de soleil ou notre filtre à eau.
Parfois une petite discussion avec eux, un échange verbal, ou une bonne blague qui fait rire suffit à adoucir le « non », et ils partent sans insister. Mais nous ne sommes pas dupes, nous savons que ce sont souvent les mamans qui nous les envoient après avoir dit un truc à leur gamin du genre « va voir la toubab, elle va te donner quelque chose ».
Plus choquant, c’est parfois la maman qui te chochotte « donne-moi un cadeau » après le départ du gosse…


Eux ils veulent vraiment un cadeau !


Au détour d’un arbre, nous voyons deux huttes qui se dressent dans la nature. La nuit va tomber (aïe), on demande à planter la moustiquaire à côté…
Cette demi-douzaine de personnes habite ici près d’un champ de mil, et leur travail consiste à faire fuir les oiseaux qui se régalent des grains. Le travail du gamin est de se balader toute la journée dans le champ, avec une corde qu’il fait claquer en l’air, et une fronde pour envoyer dans les arbres des bottes de terre.

Petit tour du propriétaire : la maison de paille, la chèvrerie, le tonneau pour poules, la vache aux cornes destroyer (Tzeench diraient certains figurineux), le sèche-linge, le garage…







Un grain de mil.
Kikadikoi : « Tiens, j’ai reçu deux gouttes sur mon bras »

Levé le matin, vers 6 heures, au son  du Boom-Boom de la tatie qui pile le mil. Il sera mélangé à du lait et du sucre pour le matin. Succulent.
Ici, Binta, en passe de faire un retourné acrobatique pour propulser son mioche sur son dos.
9.6 dit le juge est-allemand.

Petit roman photo sur les berges du fleuve… et ses habitants.

On quitte les sentiers goudronnés pour s’enfoncer dans la brousse, sur une presqu’île nommée « L’île à Morfil », coincée entre deux bras du fleuve Sénégal, merveilleuse à traverser. Elle aurait abrité des éléphants et leur cimetière, puisque « morfil » signifie « ivoire ».












Ici ce n’est pas le « Club Med ». C’est plutôt le « Club « self – med »
Nous sommes victimes de la langueur qui semble tout englober ici.
Nous avons ainsi fait notre journée record du plus petit kilométrage journalier depuis 6 mois : 9,8 km. Suivis de 11,1 km le lendemain.
On prend du retard. Mais du retard sur quoi ?
C’est bon, des vacances dans les vacances.











Petit précis de construction éco-local.



La cruche en terre pour garder l’eau fraîche.
Kikafaitquoi ? « Jérém’ a bu deux Sprites. Faut pas dire à ses copains écolo-hippie ».


Ouch… les vélos en prennent une couche quand même. Une couche de terre, s’entend.


Des agricultrices qui en profitent pour nous refourguer leur production. Plus local tu meurs. Par contre bio… copie à revoir : la notice des pesticides n’est pas vraiment traduite en poular.


En à peine deux jours, Julien à gouté à toutes les saveurs du voyage en vélo : mariage, foot, nuits dans la brousse, repas au coin du feu, route cassée, coup de soleil, conduite de nuit, grand air, crevaisons, traversée en pirogue, pénurie d’eau…


Alors la, panique.
On est un peu paumés dans la brousse, on sait qu’on doit rejoindre le village de Djoum pour traverser la rivière par le bac et chercher Merryl (la copine de Julien) et Sarah, une couchsurfeuse de Peace Corp (comme Michelle). Mais les autochtones nous disent tantôt que c’est à 2 kilomètres, tantôt à 10. Pas de chance, c’est 10, on arrive de nuit du mauvais côté du fleuve, le bac est fermé.
Dans la nuit, un homme apparemment sympathique nous propose d’utiliser la pirogue d’un de ses potes pour traverser. On tâte l’individu qui semble être honnête, on demande à voir la pirogue avant, il parait qu’ils mettent des charrettes la dessus. Pourquoi pas 3 vélos, 3 toubabs et 2 accordéons ? On se demande encore comment tout ça est passé, mais on arrive de l’autre côté. Le « passeur » nous fait même grâce du tarif en vigueur tellement il trouve ça ouf notre projet ;)
C’est vrai qu’on est un peu ouf.


Voilà ce que nous aurions dû faire normalement la veille : traverser gentiment le fleuve par le bac. Mais avouez que ça a l’air nettement moins drôle !




On lave son linge sale en famille.


Autre petit déjeuné national et délicieux, le pain au niébé (c’est des haricots !)


Y a pas que nos pneus qui prennent des épines ;)


La voilà qui arrive !
Meryl, la copine de Julien ! Elle a réussi à dégotter un « truc-qui-roule » à Richard Toll et nous rejoint pour crapahuter avec nous autres folichons.



Voici quelques informations glanées suite à nos rencontres, notamment celle de Merryl qui travaille avec une production de yoghourt et qui va dans la brousse récolter le lait des fermes des Peuls. Dans leur langue je vous prie.

Nos codes sont vachement chamboulés ici, tant au niveau de la conception de la famille, du statut de ses membres, du langage, de la manière de penser, de vivre un quotidien pas forcément très jojo… La notion de loisirs, de vacances, de richesse et de confort matériel comme on l’entend en occident est très différente ici.

La vie semble se vivre au jour le jour, avec une conscience différente du lendemain. Les gens de la ville se projettent peu dans des plans de carrière, des ambitions… On achète d’abord un terrain, et puis comme on n’a plus d’argent, on attend (parfois des années) pour construire quelque chose dessus. Les villes nous semblaient justement ressembler à d’interminables chantiers (jamais aucune maison franchement finie, peinte, et bien clean, toujours les tiges en métal qui dépassent du toit en béton brute), nous comprenons que les gens font ici au fur et à mesure : lorsque la famille s’agrandie et que tu as les moyens, tu rajoutes un étage, une extension, une porte, le rideau…
En brousse, ils possèdent parfois une richesse inestimable en tête de bétail, avec des troupeaux allant jusqu’à 100 ou 200 têtes, et lorsqu’on leur demande « tu ferais quoi si tu avais plus d’argent ? » ils répondent simplement « j’achèterai des nouvelles vaches »…

Ici les conflits se résolvent encore parfois à la machette, et notre amie Michelle qui travaille au dispensaire de Richard Toll à vu de temps en temps des gens arriver tailladés pour une histoire de vache ou de sac de mil.

Bien sûr, même si tu portes des sandales rafistolées à la ficelle tu te dois d’avoir le portable dernier cri (mondialisation mondialisation !). Nokia est en vogue car son répertoire contient des petits dessins correspondant au contact désiré, il suffit d’appeler le bonhomme à lunettes ou la femme aux cheveux rouges, analphabétisme oblige ;)
Il demeure en effet beaucoup d’illettrisme chez ces habitants de la brousse. Mais ils s’arrangent avec leurs propres systèmes : par exemple pour compter les litres de lait qu’ils cèdent à la fabrique de Yoghourt ou travaille Merryl, ils font des nœuds à une ficelle, ou mettent des grains de côté et évaluent à la fin du mois qui doit combien à qui.
Les peuls comptent ici en base 5. Va t’arranger après ça pour payer dans les marchés ;) !
L’origine probable de cette base est le comptage sur les 5 doigts de la main. En gros, on compte de 1 à 5 avec la main gauche, et avec la main droite on retient 5 avec le pouce ; 10 avec l’index ; 15 avec le majeur ; 20 avec l’annulaire et 25 avec l’auriculaire . Tu crois qu’elle te dit 7 mais en fait ca fait 15….

Les agriculteurs font aussi du troc en ville pour se procurer les denrées qu’ils ne produisent pas eux même, et sinon, beaucoup de femmes vendent des petits plats pas cher sur une table dressée devant leur porte pour gagner quelques pièces. Petits plats de haricots (le niébé), des petits pois… que mangent les ouvriers loin de leur famille durant la pause, ou le matin en allant au travail. Les toubabs comme nous aussi mangent ça, et c’est vachement agréable. Plus fast que le fast food.

Dans les brousses reculées, on trouve souvent des jeunes filles promises dès l’âge de 6 ou 7 ans, mariées à 14 ans, et déjà 2 ou 3 enfants à la vingtaine. La polygamie est présente mais semble se raréfier. Globalement, la notion de « couple » et de complicité amoureuse semble relativement absente. On oublie donc les balades romantiques sur le fleuve Sénégal en barque, surtout chez les « vieux ». Les jeunes, par les influences de la télé occidentale, semblent plus inspirés.
Beaucoup sont sans acte de naissance. Il n’y a pas la même notion d’âge que chez nous, et on trouve de grosses incohérences sur les cartes d’identités.

Les enfants sont souvent élevés par toute la famille en même temps, mais ils « passent » en dernier : mangent les restes du repas des adultes, habillés de guenilles alors que les grands soignent plutôt bien leur apparence… Une petite fille, même à six ans, sait très bien porter un bébé sur sa hanche (tu m’étonnes qu’elles soient aussi cambrées après).
L’allaitement quai permanent du au nombre important d’enfants rendent les femmes moins pudiques à dévoiler leurs mamelles en publique. Mamelle oui ! Faut voir ça comme ça s’étale, un mioche agrippé dessus !

Modeste école dans ce petit village…
Voici des petites infos essentiellement à destinations des classes primaires qui suivent notre périple :
Lors du repas, nous sommes souvent en compagnie de ceux qui font la vie de la communauté: chefs de villages, instituteurs. Ces derniers sont particulièrement utiles pour nos échanges linguistiques, notre compréhension du pays….
Nous apprenons que cette école « autogérée » par la bonne volonté d’un instituteur depuis 8 ans, accueille 80 enfants répartis en ces deux salles. Les deux instits ont des classes de trois niveaux, qui se séparent en douze tables.
Les horaires sont proches de 8h-11h puis 15h-19h, ceci 6 jours sur 7.
La grosse pause de midi est nécessaire à cause de la chaleur, mais surtout de la distance, car les enfants ont besoin souvent de 45 minutes pour aller, à pied, à l’école. Ceci quatre fois par jour car il n’y a pas de cantines le midi.
Les enfants du village suivent la classe jusqu’à environ 12 ans. Rare sont ceux qui poursuivent après 14 ans.
Ils aident énormément leurs parents dans les tâches domestiques, et n’ont donc pas de devoir le soir (si c’était le cas, les parents, souvent illettrés, ne leur seraient pas d’une grande aide). Ils disposent d’un livre de chaque matière par classe, sauf celle de CM2 ou ils empruntent celui du village voisin à 10 km.
Ce sont souvent des livres de « 10ème main » venus de France.

Notre avis sur leur apprentissage du Français, langue pseudo-officielle ici, est mitigé. Par exemple ils peuvent réciter sans fautes un poème de Baudelaire mais ne savent pas répondre à « bonjour, comment tu t’appelles ».I De plus, ils parlent poular entre eux, mais ne savent pas le lire ou l’écrire, car très peu de documents sont rédigés dans cette langue. En même temps, tout ici est en français : les chiffres, les marques, les indications…


Dans ce village, on observe une scène délicate.
Un enfant hurle de douleur depuis plusieurs jours. Son doigt purulent semble avoir été écrasé par un gros truc. Il est soigné avec un tissu qui englobe un mélange de riz et de haricots (du niébé). Visiblement inefficace, mais voilà, les soins donnés au dispensaire sont payant. Le garçon est donc « soigné » par ce qu’il y a sur place.
Comment, en 4h de temps, avoir la prétention de changer 200 ans d’habitudes ? On explique simplement que de l’eau et du savon c’est mieux…


Voilà un repas du soir.
Lorsqu’on est un « invité », il est d’usage que chaque foyer du village apporte un peu de son plat. Ce soir-là, trois plateaux de riz au poisson nous ont été offerts, chacun accommodé selon le goût de la femme qui l’a préparé. On mange habituellement avec la main (on forme une boule de riz dans le creux de la paume droite, et on essaie de ne pas s’en mettre partout au moment fatidique de la mise en bouche), mais les Peuls sont habitués aussi à la cuillère, qu’ils nous proposent souvent et qu’on accepte volontiers ! Inutile de préciser que le poisson est frais-pêché dans le fleuve qui coule en bordure.



Merryl et Julien s’en retournent à Richard Toll avec le service de transport en commun du coin. Fini les vacances !


On continue donc avec … Sarah ! La couchsurfeuse qui nous a hébergés dans la maison de Peace Corp, la veille, et qui a décidé de tailler aussi un bout de chemin avec nous.


On vous présente le cram cram. Il nous a battu 20 trous / 0


On n’est pas les seuls, ça nous rassure ;)


Voici des termitières géantes, hautes comme des arbres…


Usine d’incinération du coin.


Nous passons près de la ville de Matam, un ancien marché aux esclaves qui tient sont nom de « Matama », exclamation qui voulait dire « Il faut payer comptant».



Toujours avec Sarah, nous avons rejoint Hadiel (une pote à Michelle et Sarah, de Peace Corp aussi, décidemment) qui nous héberge et nous conduit à travers le marché à la recherche de fruits, denrée plutôt rare dans le coin… finalement Hadiel nous accompagne aussi avec son vélo… Une de plus !
Quand on vous dit qu’on n’est (presque) jamais seuls !
On se croirait dans Forest Gump, quand il court et est petit à petit suivit par de plus en plus de monde qui se joignent à lui pour son voyage.




Quatre frères Malien se sont installés à un carrefour. Avec leurs vélos de fortune, ils sillonnent les villages pour récupérer des chaussures, afin de les rafistoler une fois de retour au Mali. Ce sont des immenses sacs remplis qui donneront une seconde vie à ces godasses en tout genre.


Le 6000ème kilomètre fut arraché avec les dents. Toutes les dents. Huit crevaisons dans la journée pour Jérém’, trois pour Claire. Dans le sable, perdus de nuit après avoir quitté le goudron depuis 9 kilomètres qui n’auraient du être que 4, afin de rejoindre Hadiel (une couchsurfeuse Américaine dont on recause plus tard) dans un village de brousse dont on n’a pas le nom exact (juste la prononciation approximative).
Pousser pendant deux heures, sans eau, sans même être sûr de la route, à chercher la piste principale à la frontale parmi les voies qui s’écartent… et une nouvelle crevaison de Claire qui arrive ici !!
On répare, mais la pompe nous lâche (du moins le joint se dévisse et ne sera réparé que le lendemain). On distingue des lumières qui se profilent, mais qui nous conduisent finalement…nulle part. Finalement plus de piste du tout, plus de traces, on suit juste des lumières en face. On avance, on persiste (en traînant la remorque qui s’offre une petite crevaison), et on arrive enfin au bon endroit, tard, mais le niébé est prêt, et la douche (froide) sera très appréciée.
Vous savez quoi ? Au lendemain matin, deux pneus sont crevés, chacun le sien.
Puis pour cette journée suivante, deux autres crevaisons pour Jérém et 4 de plus pour claire, avant de nouveau de rejoindre le « goudron » !! Ouf, sauvé ;)
Heureusement que ces galères démoralisantes sont effacées par l’intensité des belles choses que l’on vit par ailleurs.


Ça veut dire en gros que t’es béni par dieu. Ça compte sur la route.
On voit mal, mais on trouve placardé au milieu des pare brise le portrait d’un marabout… Avec la visibilité réduite, il a intérêt à porter chance…

Vous connaissez déjà le petit jeu des six prochaines photos. Solutions… en bas* ;)






Quand y a plus de place, y a de la place.

Hop, des grains de trucs dont on a oublié le nom, une sorte de grosse boule en bois que tu découpes et que tu manges, et un jus de fruit de baobab. Tout super délicieux.



Le foot, ha ça ils aiment ça le foot…
Seul hic pour nous, dès qu’un bambin nous a vu et a crié TOUBAB ! Nous avons été pris d’assaut par, au bas mot, 50 ? 60 ? 80 ? gamins qui ont désertés les rangs du public pour nous courir après.


Quand on vous dit que les épines sont féroces ici ! On n’a jamais pu la retirer de la sandale de Claire.


Kiadikoi ????
- Ha celle-là on va la mettre !
- tu déconnes, c’est du caca ?!
- si si.
Voici donc à quoi ressemblent les bouses de vaches d’ici. Il semblait essentiel de partager cette curiosité de notre voyage.



On ne vous a pas dit, ici il fait chaud (30 degrés de plus qu’en France), et l’eau va se chercher au puits à la force des bras. Remarque, pousser un caddie remplie de bouteilles en plastique, les mettre dans un coffre et remplir l’ascenseur, c’est fatiguant aussi.


Quatre enfants qui font la course avec nous et leurs bolides de bois et de ficelle.


Eponge à la mode locale.

On l’a fait : « Jérém’ n’a pas eu de panique gastrique en 6 mois. Un record dans cette région du monde. Ne vous inquiétez pas vous serez les premiers au courant. »

La saison des pluies est bien finie.
A l’approche des terres brulées du Sahel Malien, même le fleuve Sénégal éprouve des difficultés à suivre sa route.
La rivière fait l’école buissonnière. Comprendre qu’elle ne suit plus son lit, qu’elle a séchée son cours.
Warf.
Jérém’ reste tranquille.







Variante du « riz au poisson sans poisson » : Le « riz au poisson sans poisson à la tomate ».


« Deux baobabs »


Ho baobab mon baobab ?
Majestueux, emblème du Sénégal, symbole de l’Afrique tropicale, sacré pour plusieurs cultures…
Les Baobabs, millénaires, inspirateurs de légendes et d’histoires extraordinaires, érigent leurs troncs monstrueux, tordent leurs branches cagneuses, jaillissent de la brousse vers le ciel.


Ouch… de face il avait le sourire…
Ils nous font rire ces africains qui disent que nous sommes courageux de faire du vélo.


Ha oui. On a aussi vu des singes. Des vrais singes dans des vrais arbres. Sisis comme dans un zoo, mais sans cage. Ca existe, je te jure;))



Pour te répondre, ami Florian, on confirme que si nous avons bonne mine sur les photos, c’est parce que le vent joueur et la fatigue n’entament pas notre plaisir intense d’être ici. La peau tannée, le corps renforcé par l’effort physique, une nourriture saine et équilibrée, la vie au grand aire. Y’a que ça de bon !


Voilà, après trois semaines il faut le dire, riches de pleins pleins de choses, on entre au Mali, pour s’enfoncer un peu plus dans cette Afrique qui nous enchante et nous fascine…

*
Dans l’ordre d’appartion, en Woloff puis en Puular :
Dakar/Diabé
Dancre/Donlée
Boui/Mboké (le fruit du baobab)
Guere/Kandin
Café/Gerte
Mais/Maka (du maïs)
Haricots/Niebe (les haricots)
Souna/Mil
Riz/Maro
Ndiri/Tchorom
Koncoro/Guelol

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