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(Ecrit à Banfora – Burkina Faso – le vendredi 25 03 2011)
Ami.e.s, copains, copines du vieux continent, bonjour.
Pieds nus sous le ventilo, de la mangue encore coincée entre les dents, nous vous envoyons un petit message tout chaud, rédigé depuis la jolie bourgade de Banfora au Burkina Faso, où le mercure a du mal à atteindre le 40°C tellement il a chaud lui aussi.
Nous avons quitté le Mali il y a quelques jours, et comme de coutume, nous vous proposons notre cyclo-reportage en photos et en musique.

Nous aurions tant à dire et à écrire sur ces 6 mois en terre d’Afrique. Mais certaines choses méritent de décanter, d’être nuancées, discutées avec les amis avant d’être figées sur un écran.  Par contre, soyez sûr qu’on causera de tout à
notre retour !
On vous laisse donc à vos enchantements, nous repartons pousser notre horizon un peu plus loin.
Au programme de demain: les cascades de Banfora pour faire trempette, accrocher la moustiquaire sur les rives du lac en espérant voir des hippopotamessacrés de Tingrela au réveil le lendemain… ensuite on pointera la boussole vers Ouagadougou puis le Togo …
Prochain reportage par là-bas dans un bon mois normalement, avec des bribes de Burkina sec et salé.

Il est 21h, nous partons observer la chaleur du jour passer dans la fraicheur de la nuit, et trouver le sommeil, enfin.
Installez-vous confortablement sur le porte-bagages, entre le riz au gras et les mangues …
Merci divinement à Hubert, Fred et David qui mettent en ligne nos articles.
Prenez soin de vous, restez vivant.
Jérémie et Claire, des fourmis dans les roues.

Chers lecteurs. Tout d’abord on vous invite à vous mettre un peu dans l’ambiance en cliquant sur les petits « plays » ci-dessous. Il s’agit d’enregistrements réalisé au marché de l’artisanat de Bamako, avec un petit concert des façonneurs d’instruments du quartier, avec qui nous avons boeufé durant la nuit…
Nous avions d’autres enregistrements mortels-chouettes, mais… ils se sont faits avalés par du matos électronique défectueux. Pas grave, on a fait notre deuil.
MONTEZ LE SON ! Le gain de la musique pour éviter le grésillement est faible, et nous n’avons pas de table de mixage avec nous ;)

Notre traversé du Mali en chiffres :
1163 km (7502 depuis le départ)
Du 13 septembre au 28 octobre 2010
44 jours dont 27 en pédalant
Une moyenne de 43,2 km par jour pédalé
Deux petites gouttes de pluie un soir, et aucune crevaison à signaler !


Nous vous avions laissés sur ce pont sénégalais, il y a à peu près deux mois… Nous entrons au Mali par les villes de Kidira et Diboli.
Voilà donc la suite de nos aventures…
Le poste de douane à l’entrée du pays est digne des pires vieux films de série B slovaque : dans une semi pénombre à cause d’une vitre crasseuse, l’ampoule est cassée, le ventilo aussi, la chaleur est moite, et les mouches volent. Le douanier fume, renversé sur sa chaise, dans un vieil habit de militaire. Le PAM d’un tampon sur nos passeports qui vient rompre un silence pesant.


Statue célébrant le cinquantenaire de l’indépendance du Mali (1960).


Première nuit Malienne, sous la protection du Grand Baobab.
La nuit à la belle étoile dans la brousse, sous la moustiquaire, révèle les djinns, les elfes et trolls qui dansent en dehors des villages.
Le matin, les oiseaux tropicaux disputent une Star Academy de chant.
L’après midi, les papillons s’offrent un petit ballet dans les airs..
Le soir, un orchestre de criquets accompagné de crapauds en ligne de basse.
Le lendemain peu avant l’aube ce sont les coqs qui proclament a quel point c’est génial d’être un coq. On est des COQS, NOUS SOMMES LES SEULS QUI AVONS RÉUSSI A ÊTRE DES COQS !!! Clament-ils.


Voici le pain de singe, le fruit d’une variété de baobab. On en fait des jus, des accompagnements de sauce, de la farine pour gâteau, ou on le mange tel quel.


Quelques mètres après la frontière, on nous a proposé notre première papaye ! Dégustée le soir même sous la moustiquaire, on s’en gavera par la suite (à peu près tous les jours) !
Drôles d’ambiances dans ces postes/villes/frontière…on sent toujours une légère excitation dans l’air, alors que tout le monde semble pourtant bien cool : les camions en file sur la chaussée, des estafettes tout le long des deux côtés, des plateaux de bananes qui circulent sur des têtes, des lunettes de soleil et des recharges de téléphone qui se vendent à chaque coin… Tout le monde est souriant et avenant, mais tout le monde semble guetter un évènement. Il y a ceux qui passent, ceux qui attendent leur tour, mais aussi ceux qui traînent là ou qui y vivent, difficile de savoir qui fait quoi. Le douanier lui-même n’est pas bien identifiable (pour peu qu’il n’ait pas mis son uniforme…).


Et on recommence avec des clichés de carte postale !
L’occasion de nous confier à vous.
C’est la première fois que nous connaissons réellement l’éloignement des nôtres. De TOUS les nôtres. Alors on se nourrit sur le terrain. On se rend compte que l’apprentissage culturel dans les régions que nous traversons devient vite secondaire vis-à-vis de l’apprentissage humain. On ne cherche même pas de guide dans les lieux touristiques ou les endroits à visiter. Nous nous laissons guider, villages après villages, par les rencontres et la chaleur humaine.
Heureusement, Internet et ce site Web via lequel nous nous exprimons nous permettent de prendre le large tout en gardant la côte en vue.


Parmi les pensées qui nous trottent sur la selle, on pense déjà à nos prochains voyages.
Jérémie se demande si le prochain ne sera pas… en marchant. Moins de matériel, plus de disponibilité d’esprit, encore plus d’attention aux murmures de la nature, aux détails du paysage… Là où le cycliste met deux heures pour parcourir les 30 km qui le mènent au prochain village, le marcheur, lui, s’arrête à la nuit là où nul autre n’a jamais songé à s’arrêter. Là où il n’y a rien de remarquable, autre que l’ambiance du lieu, l’atmosphère champêtre. Apprécier ceci jusqu’à ce que la pluie du ciel devienne aussi pure que l’eau de source…


Régulièrement le long de notre route, des puits nous permettent de remplir nos bidons. On consomme environ 10 litres par jour, dont 7-8 pour la boisson.


La belle et la bête.
Ils pouvaient rire les folkeux Lyonnais, en Mai 2010, lorsque Jerem’ s’est fait tomber un plateau de bananes sur le pied !
« Quelle chochotte » disaient-ils…. Presque un an après, l’ongle n’a pas encore repoussé ;)


Assurément, ces hommes et femmes ont d’autres préoccupations, d’autres obsessions, d’autres peurs et d’autres joies que les nôtres. Ils nous obligent à nous interroger sur celles-ci. La rencontre de cultures si éloignées a eu pour effet un petit choc personnel. Nous avons besoin de temps, de recul et de partager notre expérience avec nos amis à notre retour afin d’intégrer ces remises en question. Plus profondes et plus décisives que la lecture d’un livre ou un reportage à la télé, plus douces et inconscientes qu’une révélation soudaine, mais bel et bien présentes.

À la curiosité des Africains que nous rencontrons, nous sentons aussi une véritable incompréhension de notre voyage. Abandonner nos familles, notre peuple, notre ethnie, notre tribu… ??? Pourquoi faire ?
En vélo, en se faisant du mal alors qu’il existe des voitures ? Surtout lorsque l’on est un blanc ?
Il faut que l’on fasse comprendre le prix de nos efforts, notre volonté de les rencontrer EUX, qui croient n’avoir aucunes richesses. Leur faire comprendre que tel détail, tel habillement, telle coutume, tel savoir-faire est riche de sens pour nous
autres occidentaux qui sommes allés trop loin dans la perte de nos racines.

La discussion s’entame alors autours de ces questions. La compréhension et l’estime monte en chacun de nous. On se renvoie réciproquement des images fortes de nos identités. Qui suis-je, que fais-je, ou vais-je, et pourquoi ?


Tiens, un nouveau plat que nous retrouverons au Burkina : le fonio. Délicieux.
Ça change du riz, et c’est tip top pour les apports en fer des cyclo-voyageurs végétariens.
Nous gouterons aussi à l’attieké, ou couscous de manioc, souvent réalisé avec du poisson. Délicieux également.


Les camions ici sont souvent recouverts de slogans. On a rarement le temps de dégainer l’appareil lorsqu’ils nous dépassent, dommage parce que des fois c’est bien drôle.


Dans la série des « bébêtes tropicales », voici une mante religieuse, qui s’est déposée impunément sur une plante pas loin de nous.
Nous sommes à Kayes, réputée pour être la ville la plus chaude du Mali, encore proche de la frontière Sénégalaise.
On rencontre dans l’auberge de Kayes un gars d’Interpol, dont le travail est de « vérifier » si les pays font bien leur travail en interne concernant le démantèlement des filières de banditisme international. Drogue, contrebande, trafic… Du coup, il connaît le continent comme sa poche. On repart avec des bons plans sur les liaisons, les situations géopolitiques. L’Afrique, il la connaît plutôt bien. Il l’a traversée plusieurs fois clandestinement pour remonter des filières, il nous a donné de super plans des liaisons de bateau, des astuces pour les frontières, des options pour ne pas chauffer nos fesses au Nigeria ou en RDC …


Et vous, que voyez vous ?
Nous, un genre de rat qui fait « yo » avec sa patte droite.
Banksy est passé par là ;)


Ça y est ! Jerem’ a trouvé son fruit favori, la mangue.
Au passage, appréciez la fonction « panorama » qu’il vient de découvrir sur l’appareil photo.

Voici l’évolution du paysage sur environ 200 km de distance. Pour rejoindre Bamako, la capitale du Mali, nous préférons prendre non pas la grosse nationale en rouge sur notre carte, mais une route secondaire (hum… voire tertiaire) qui coupe en diagonale dans la brousse. On devra quitter le goudron pour de la piste en terre, des paysages magnifiques, des couleurs splendides, des gens formidables…


KIKADIKOI ? « Mince ! Ça fait une semaine que je lis la carte en kilomètres, et en fait c’est des miles ! Bon ben Bamako ce sera dans 2 semaines… »


Les arbres de type « palmier » que vous voyez dans le décor, sont des rôniers. Le bois fibreux est excellent pour les constructions, les palmes servent pour les nattes, les fruits cuisent à même la braise…
D’après guides et cartes, cette zone que nous avons traversée difficilement à vélo, est la plus sauvage et la plus enclavée du pays. Même pas peur, ou coupe dedans durant 70 km.


Cette région reprend les deux couleurs rouges et vert du drapeau national. Il y a encore vingt ans en arrière, cette verdure attirait les éléphants qui remontent depuis le Burkina (sans visas, les fourbes !).
Foufana, un recenseur de population rencontré dans un petit village près de Diamou, nous dit que dans son enfance, il voyait fréquemment éléphants, caïmans, lions, que les populations chassaient à coups de tam-tam le soir. Mais la construction galopante des routes a supprimé presque toutes traces de ces animaux dans le pays.



Hop, de nouveaux fruits rentrent dans la besace !
Deux variétés d’orange et une… noix de cola , aux vertus stimulantes et aphrodisiaques. Ca se mange cru, ça a un gout amer, mais ça permet de tenir longtemps sans manger ni boire.
Comme nous avait prévenu Guillaume (que nous verrons à Bamako) :
« … les Noix de Cola : dans à peu près toute l’Afrique de l’Ouest elles représentent un cadeau très prisé des vieux de tous les villages traversés, et les vieux et notamment le chef du village doivent être salués si vous vous posez dans une petite bourgade. Du coup, il est bon – quand on voyage en brousse – d’en faire des provisions à l’avance. Elles sont coupe-faim et énergisantes et elles servent aux familles à annoncer le mariage de leurs enfants. Les noix et les noisettes en provenance d’Europe peuvent passer pour l’équivalent et suscitent beaucoup d’intérêt. »
On complète : le problème, c’est qu’au goût c’est dégueulasse ;)


Petit cours d’éco-construction à Kakoulou : Une nouvelle couverture pour le toit de la maison du chef de ce village.


Dans un village au début du Mali, nous nous sommes arrêtés dans une école (on s’y est fait inviter par un gars rencontré la veille), pour parler avec les plus grands en français, c’était un moment génial !! 75 par classe !! Nombreux et intimidés (du moins avant que nous prenions les instruments…), tous super polis et intéressés, certains sont un peu sortis du cadre de la rencontre et nous ont posé des questions sur la colonisation et la seconde guerre mondiale, sur ce qu’on pensait du mariage précoce des jeunes femmes scolarisées (ce qui était le cas pour 2 d’entre elles dans cette classe), et sur l’excision !! On a su après, en discutant avec les profs, que l’UNICEF était passé par là pour sensibiliser les gens du coin, sinon ça reste un sujet ultra tabou ici. Mais les profs avaient un discours moderne envers les élèves, on était très surpris… Nous parlons avec eux de l’ampleur des conséquences graves sur l’intégrité des femmes et sur la santé, la violation des droits de l’Homme (et de la femme, donc ;)
On apprend que 85% des filles du Mali sont excisées, 98% dans la région de cette école. Troisième pays au monde après l’Égypte (97%) et le Soudan (90). Chiffres gigantesques dont nous n’avions pas conscience. La campagne du gouvernement et d’Unicef semble vouloir faire évoluer la mentalité avant de faire passer une loi. Le Sénégal, lui à voté la loi contre l’avis d’une immense partie de la population. Le Mali œuvre plus en douceur.
Les hommes semblent longuement avoir pris conscience de cette pratique généralement entretenue par les femmes.

Dans cette classe, ils sont 72 élèves, qui étudient dans un calme olympien, c’est impressionnant. Ils sont tous trilingues.
Le bambara est une des langues nationales, avec le Français, et ils parlent presque tous un dialecte local. Nous avons appris aussi quelques rudiments de Kasonké et de Malenké au nord, puis on a eut la flemme d’apprendre les formules de politesse dans tous les dialectes des régions traversées, on ne s’en sortait plus !
Aucune langue ici n’est écrite, et ce n’est que récemment au cours du siècle dernier que l’alphabet Français à « figé » ces langues plus ou moins phonétiquement.
Petite anecdote : Là où nous on lève la main pour demander l’attention du professeur, ici ils claquent des doigts.



Depuis son embouchure après la frontière de Mauritanie, nous avons remonté le fleuve jusqu’à sa source, près de Bafoulabé, où il prend naissance à partir d’autres rivières.


Beaucoup nous prennent soit pour des fous, soit pour des philosophes.
Fou car ici le vélo est le moyen de locomotion des pauvres. Et deux blancs (très riches cela va de soit) qui se contentent de deux slips et trois tomates, ça leur semble suspect.
Philosophe aussi. Car la fleur au fusil, les instruments dans le dos, un intérêt pour la vie de bohème… font que les gens idéalisent notre voyage comme une recherche spirituelle, comme un pèlerinage à la recherche de soi, des hommes, du monde…
Nous croyons n’être ni l’un ni l’autre. On se balade juste à vélo, comme on le ferait un dimanche. Bon ok un long dimanche…


On se sent bien ici. Terriblement bien, et on n’a terriblement pas envie d’avancer plus vite pour mieux se délecter des paysages paradisiaques (ah les cascades, cette végétation qui mélange rouge et vert…..), des villages et de leurs habitants si accueillants.
Donc pas grave si on est à la bourre. À la bourre de quoi d’ailleurs ? Ne nous sentons pas coupable.
Prenons notre temps, lentement, mais sûrement.


Plusieurs personnes (parents, enfants des classes primaires…) nous demandent à quoi ressemble une piste.
Quand elle est bien aménagée, ça peut donner ceci :


Pas courageux mais téméraires, nous traçons depuis Kayes à travers la broussaille Malienne, direction Bamako.
En Afrique, il est difficile d’estimer les distances qui séparent un point à un autre. Comment réellement mesurer la distance d’une piste quand il n’y a pas de bornes kilométriques ?
Le kilométrage est une mesure aussi approximative que le serait le nombre d’heures de trajet, de zones de sable ou de cailloux, autant de données inexploitables avec certitude. Ajoutez à cela la barrière de la langue…


Nous voilà arrivés à Diamou ! À partir de là, nous quittons la « jolie piste bien nette » pour nous enfoncer dans la brousse à la recherche des chutes de Gouina. On en a entendu parler par des amis Lyonnais et d’autres voyageurs rencontrés à Kayes, c’est un endroit incontournable.
Très sympa, ce charmant jeune homme se propose de nous y accompagner… avec son vélo sans freins ni vitesses (qui a dit sans foi ni loi ?). C’est parti pour 30 bornes de cailloux, de sable, de marigots…


Il est suffisamment fair-play pour crever avant nous (nous avons de la colle fraîche pour sa chambre à air qui faisait peur à voir). Heureusement qu’il était là pour nous guider car nous arriverons de nuit, complètements explosés (et lui, frais comme un gardon).



Quel délice d’arriver à ces chutes magnifiques, au cœur de 70 km de piste (très) difficile.
Là nous sommes au campement du « Centre Social Autogéré », 300 mètres plus haut. Autour du feu ça chante, ça cuisine, ça parle Bambara, Espagnol, Français… ça nous fera rester trois jours…
Ha ! L’Afrique et ses traditions orales ! Nous rencontrons ici d’excellents musiciens, qui n’avaient jamais vu de partitions de musique. L’occasion de leur montrer comment nous on fixe nos mélodies, et comment eux ils mémorisent ce qu’ils entendent….


Anita, une des deux Espagnoles qui donnent un coup de main au centre (et qui sont venues depuis l’Espagne, elles aussi en vélo) joue aussi du diato !!!! Quelle coïncidence ! Nous échangerons des partoches et des conseils jusque tard.


Les voilà, ces magnifiques chutes de Gouina, à 200 mètre de là. Jugez vous-même :
Près de là, un village remarquable de pêcheurs, descendants de personnes qui se sont réfugiés sur une petit île lors de la colonisation.
Leurs pirogues sont seul lien avec la terre…
Mais ce village près de Gouina est menacé par le projet de centrale électrique qui semble se profiler au pied des chutes. A coup de bourses distribuées aux habitants, il leur proposent de s’édifier ailleurs…
D’après les recherches de l’équipe du centre, on apprend que c’est donc un Grand Barrage (plus de 15 mètres de haut) qui va inonder sur une cinquantaine de kilomètres, avec une cité de 700 ouvriers. Destruction complète de l’environnement, déplacement de plus de 2000 personnes et d’une quinzaine de villages, propagation du paludisme et de la bilharziose, exode rural, conflits sociaux…etc. En bref, 190 millions d’euros pour du « développement durable » financés par la Banque Mondiale, le FMI, et L’Agence Française pour le Développement afin de porter plusieurs gigawatts d’électricité « propre » aux capitales des pays membres de l’OMVS (Mali, Mauritanie, Sénégal, Guinée). Et pas d’électricité pour les populations locales, mais c’est un moindre mal face aux bouleversements qu’elles vont subir. Un peu comme si elles se prenaient 500 ans d’occident dans la face d’un coup, même si elles en avaient déjà eu un avant goût avec la colonisation.
Bien sûr, il y a eu des promesses de compensations (chiffrées à 90 millions USS) mais le premier budget aura du mal à être bouclé alors celui des compensations passera toujours après. Et puis quelles compensations pour l’engloutissement de l’île de Foukara ?? La disparition des hippopotames ?? La pollution du fleuve et tout le reste ??
De plus, les autres constructions de barrage qui ont eu lieu dans la région n’ont pas, ni dans le fond et ni dans la manière dont ils ont été réalisés, prouvé une réelle aspiration au respect des populations et de l’environnement. C’est le moins qu’on puisse dire. Et les populations locales n’ont toujours pas 10 ou 15 ans après accès à la fameuse électricité.
Donc, il faut suivre tout ça de près. Et comme ça les dépassent un peu, les membres du Centre Social ont décidé de partager le dossier avec tout ceux que ça peut intéresser, à commencer par les locaux, et aussi Greenpeace, Amnesty International et d’autres organisations du genre afin de ne pas laisser les villageois maliens seuls face à la Machine.

On vous en colle un florilège, on les aime bien ces chutes, vous comprenez ?
Haaaaaaaaaaa la flore luxuriante profite des vapeurs.







Revenons au CSAG, le Centre Social Autogéré de Gouina, un projet de réappropriation de ce lieu par les Maliens.
Clément et ses potes veulent développer un lieu de vie pour les locaux et les voyageurs dans ce cadre magnifique ! Nous arrivons deux semaines avant le premier « festival » du lieu, avec danses, cuisines, concerts traditionnels…
Nous ne resterons pas avec eux jusque là, mais nous mettrons un peu la main à la patte pour réhabiliter les lieux, aider à la vie sur place.


Petit dej’ local ! Au menu : papaye, pâte d’arachide (Tiga Dégué ici).



De la terre et de l’eau…. Fabrication de briques à la malienne.
Anecdote qui vous fera sourire qui s’est passée à ce moment :
« Deux couleurs, il a deux couleurs ! » s’exclame Ali, un des villageois qui donne un coup de main au camp, bouche bée au moment ou Jerem enlève son t-shirt sous la chaleur de midi.
Il a déjà vu de nombreux « blancs » car il habite Bamako… mais il ne savait pas que notre peau « bronzait »….
Il me demande alors si j’ai un papa noir et une maman blanche ;)

Autre anecdote ! Nous voyons sur youtube le clip de Mickael Jackson « Thriller », où le roi de la pop est déguisé en zombie. Mon voisin, curieux, me demande si ça existe vraiment en Europe des monstres comme ça !

Ces journées passées avec les habitants du coin, ces soirées autour du feu et les instruments de musique qui rompent les barrières nous permettent d’en apprendre beaucoup sur la mentalité du coin. Nous parlons de l’excision, du poids des hommes sur la liberté des femmes, de la religion, de la polygamie…
Beaucoup de jeunes hommes nous affirment être contre cette pratique d’excision. Ils voteraient contre si il y avait un référendum. Cependant, ils préfèrent savoir leur fille excisée de peur de la voir exclue du groupe des femmes.
J’entends déjà les féministes Française m’insulter en lisant cette ligne, pourtant l’excision semble ici être une pratique soutenue par les femmes, mères, tantes, grand mères, pratiquée par elles-mêmes et contre elles-mêmes… et condamnée par une bonne partie des hommes. Mais ces derniers ferment souvent les yeux, préfèrent ne pas trop en savoir.
« Je suis trop petit pour changer la tradition » nous confie Ali.
Nous parlons aussi de l’adultère, des relations hors mariage, du divorce, et de la conception occidentale de ces sujets. Ils sont TRÈS curieux de nos modes de vie, autant que nous le sommes des leurs.


On fait trempette, on barbote, on lave le linge…


… et on se barre quand on voit un boa !!!!!
Chtiou de dieu ! On ne faisait plus trop les malins, lorsque sa tête curieuse s’est profilée dans les herbes juste là où deux minutes auparavant, nous pataugions.
On pense que c’est un boa. Donc inoffensif, juste un peu curieux. On ne se rend pas trop compte en photo, mais il était quand même bien mastoc, le saligaud !


Trois jours plus tard, voici l’heure des séparations, car une partie du groupe rentre en France. Il est 5 heures du mat’, en tassant bien ça devrait tenir jusqu’à la gare…

C’est à notre tour de partir, à travers la forêt classée de Bagouko.




Deux jeunettes heureuses de nous montrer leur jardin.
Deux toubabs heureux de remplir leur panier.


Un petit piment.
Petit mais costaud, il allume des incendies de bouche.


La « jujube ». Ça se mange en apéro.


Avec quoi on ramasse une papaye ????
Avec une foufourche !!!!
Warfffffffffffffffff, fallait la faire !


Et avec quoi on ramasse une banane ?
On ne la ramasse pas, on la cueille.
Nous mangeons des quantités astronomiques de nourriture que nous stockons dans notre caisse-réfrigérateur-arrière. Heureusement qu’on achète beaucoup de fruits (les bananes finissent systématiquement en bouillie avec les tomates) et de légumes (la salade tomate/oignons est toujours au menu depuis l’Espagne) parce qu’à la longue c’est beaucoup plus diététique qu’un « riz au gras ». Mais parfois nous nous lâchons et alors nous demandons à la dame une deuxième fois de son plat (on mange pour quatre, quoi) et tout le monde se marre dans le resto.
Dans ces villages, les provisions s’achètent au jour le jour, aussi lorsque nous soulevons le tissu qui protège le contenu de notre caisse-frigo, à l’arrière du vélo, les gens sont souvent impressionnés des quantités et de la variété de nourriture qui s’y trouve. Il nous faut leur expliquer que ce sont là des provisions pour trois ou quatre repas et non pas le menu du jour seulement. Nos « victuailles » font systématiquement envie, pourtant nous achetons les mêmes produits, sur les mêmes marchés seulement avec plus de variété. Nous sommes d’ailleurs surpris nous aussi de voir autant de légumes sur les étals (choux, carottes, concombres, salades vertes, tomates, oignons, ail, poivrons, parfois aubergine…), à un prix très abordable, et de constater une absence quasi-totale de ceux-ci dans les assiettes. Riz sauce arachide, riz sauce gombo, riz au gras (c’est du riz revenu dans du jus gras de viande ou de poisson) demeurent les stars des resto, les légumes et crudités semblent boudés.
L’anecdote du mois :
On nous proposé un « couscous 2000 »… Curieux, on a accepté. Il fallait comprendre en fait un « couscous de mil ». M’enfin….


On s’est dit qu’en suivant les rails et le fleuve, on ne devrait pas se perdre. On a donc suivit les rails et le fleuve, et on est bien arrivés !
Mais quelle épreuve !!! Là c’est la tête qui pédale (imaginez la contorsion pour amener les dents sur les pédales! Warf).
Les mollets et le moral ont été plus que sollicités, et Claire a fait preuve d’une volonté de lion pour venir a bout de ces 350 km de piste sablo-diabo-et-vla-tout-dans-le-marigot-rocailleuse tout en tirant la remorque. (Quoi ?? Claire tire la remorque ?? Explication tout de suite dans votre feuilleton favori Les folles aventures rocambolesque de la roue arrière de Jérémie.)
En tout cas, nous ne regrettons pas d’avoir pris cette route magnifique, assurément la plus belle région que nous avons traversée depuis le petit déjeuner du 11 Août dernier.

«Les folles aventures rocambolesques de la roue arrière de Jérémie » : épisode 43.
Quelque part entre le Sénégal et le Mali, la roue arrière a définitivement « lâché ». Plus possible de mettre la remorque sur le vélo, tout est trop abimé ! Donc une fois ce constat fait sur un vieux bord de route, on s’est dit qu’il n’y avait pas trente six solutions, c’est Claire qui tirera la remorque jusqu’à Bamako, et de là bas on la renverra en France.
(Au passage un grand merci au papa de Matos qui la reprend dans ses bagages, car il rentre à Nantes la semaine après nous. Trop cool.)
Nous sommes restés en contact avec nos potes de Lyon (Tifen, Mathias et Simon) qui nous donnent plein de conseils à ce propos : pour résumer, c’est soit à force de mauvaises manip sur la roue (les africains ils réparent tout mais faut voir comment), soit à cause de la remorque en elle-même qui a fini par abîmer la roue arrière. Bref, Claire a donc écopé de la remorque pour 600 km et le rythme a donc un peu ralenti (que c’est lourd ce machin !) surtout que notre pompe a choisi aussi ce moment pour lâcher franchement, ce qui fait qu’une fois la route-goudron retrouvée on a roulé sous-gonflés (super !!), et que 100 km avant Bamako, on s’est pris la chiasse du siècle ;) !!
Bon on est quand même arrivés à Bamako vivants ;)



Voici un exemple de panneaux que nous trouvons régulièrement au bord de notre route. Nous vous en sélectionnons quelques-uns dans le reportage.
Nous voyons aussi énormément de panneaux de ces criminels de Nestlé. Ils ont fait des campagnes ici contre le lait maternel pour vendre leur poudre bidon. Il y a eu beaucoup de morts par dysenterie de centaines de bébés parce que les mères la mélangeaient à de l’eau impure, par ignorance ou par manque de moyens pour acheter de l’eau de source…Des criminels on vous dit ! Aujourd’hui encore, des africaines préfèrent acheter du lait en poudre (alors qu’elles en ont plein les seins du gratuit) plutôt que d’allaiter, uniquement parce que c’est « occidental » et donc une garantie de qualité, de progrès, de tout ce que tu veux. C’est révoltant.



Le fameux « riz au gras », ou le « riz sauce arachide ». Voici l’essentiel de nos menus de midi durant deux mois.


Symbole du Mali (« hippopotame » en bambara). Nous voyons beaucoup de statues à son effigie, à défaut de le trouver en vrai dans les rivières. Ce n’est pas faute d’avoir attendu pourtant, tôt le matin au réveil, qu’il profile sa tête hors de l’eau. Certain ont de la chance, nous pas encore.


Voici la première fois depuis plusieurs milliers de kilomètres que nous voyons une fille en vélo ! Comme nous le mentionnons dans les pages du Maroc et de la Mauritanie, c’est pas facile partout d’être une gonzesse.


Cours de marketing à la chinoise. Comme dans les pays précédents, le thé est une boisson très aimée ici. Les maliens achètent ce thé chinois en petites cartouches (ou en gros stock quand ils en ont les moyens), et le préparent en le faisant bouillir, avec beaucoup de sucre. Les tout petits verres, finalement c’est bien ;)

Le pont de Bafoulabé sous tous les angles. Devant, dessus, dessous.


Qu’est ce qu’ils sont beaux ces africains musclés à la peau d’ébène !


Où est Charlie ?


Le soir il se passe des choses étranges.
Le hasard nous conduit dans des villages, au milieu de nulle part. Nous sommes accueillis autour d’un feu déjà installé, on se glisse entre les convives, on partage une marmite dans la pénombre, on se fait oublier, nous nous laissons hypnotiser par les voix, les bruits, les autochtones massés entre les cases sans éclairage.

Le Français du Mali est une langue vivante, forgée à partir des racines des mots et du bon sens. Ainsi, le berger « berge », et « torcher » signifie éclairer avec une torche.
Logique.


Pour dormir, on fait vraiment en fonction de notre feeling des lieux. Parfois on cherche un mini-hameau, voire une maison isolée si on a envie d’un truc plus intimiste sans 250 enfants autour de nous, soit on trouve un petit coin dans la brousse où on met la tente, sinon on entre dans un village et on demande le chef pour lui demander si on peut planter notre tente à l’intérieur du village.
La case du chef est souvent au milieu du village, et à chaque fois on a trouvé le dit-chef sous un grand arbre, allongé sur une natte ou sur un promontoire en bois, avec des personnes autour. C’est Abraracourcix !
En tout cas à chaque fois, nous avons eu un petit espace pour planter la tente, et l’honneur de manger pas loin du chef. La class ;)


Une porte qui sert de tableau d’école.


« DONNE-MOI MON CADEAU ! »
Jérémie [mode coup de gueule/ON]
Ce qui nous fait le plus chier dans les villages, ce sont les « Donne-moi mon cadeau ! Et mon cadeau ! » incessants des gosses, presque furieux, pourris par tous ces connards du Paris/Dakar, habituant les villages à des traversées tonitruantes de moteurs vrombissants, tout en jetant des merdes par les fenêtres (au sens propre !) des casquettes, des bics, des t-shirts aux effigies des marques comme « Carrefour » ou « Renault »…
La conséquence directe, mais une décennie après, est cet unique mot que les gamins nous jettent avant même « bonjour » : « cadeau ! » même ceux qui n’étaient pas nés à l’époque l’ont appris !
Du coup dans ces cas-là on n’a pas envie de s’arrêter, on trace, et c’est dommage que les adultes n’aient pas du tout conscience du côté désagréable pour nous d’être reçu de cette manière-là. Jamais une maman ou un papa ne reprend les gosses qui viennent tendre les bras vers nous. Des fois même ça les fait rire… Sans doute parce qu’il y a aussi des touristes qui entretiennent ça en lâchant trois trucs et deux machins aux enfants demandeurs.
Jérémie [mode coup de gueule/OFF]


Riz, sucre, eau, c’est la bouillie du matin. Bon ap’


Bon, des fois on essaie quand même de prendre les gens en photo, en tentant d’être discret.


Des calebasses poussent à même le toit.


On joue à Indiana Jones. On sent l’aventure, un mélange d’épice et de sueur.


Super piste aménagée sur l’ancienne voie de chemin de fer qui suit la rivière.


Au milieu de la nature pourtant choisie, loin des inconvénients de la société, on en vient à regretter un foyer, une grasse mat’ avec le petit déjeuné préparé la veille dans le frigo, les affaires en bordel au pied du lit, la sécurité du toit….
Sur le vélo, on détourne son attention de l’interminable ressassement mélancolique que nous évoque le passé, et la perpétuelle inquiétude que nous inspire le futur. Alors on crée dans l’instant. On voyage et on contemple, on fantasme.
Nous sommes deux à quelques mètres l’un de l’autre, mais aussi souvent à l’intérieur de nos propres têtes.
Au fur et à mesure des kilomètres parcourus, nous voyons apparaitre à longueur de pensée 1 000 visages connus, 1000
événements vécus, 1000 lieux visités…


Voici un « merle métallique » ou « gonolek ». De vert ou de bleu, ils sont réellement magnifiques. On en voit énormément dans notre voyage, mais c’est la première fois qu’il est posé et qu’on arrive à le prendre en photo avant son envol.
Nous avons aussi vu quelques couples d’aigles royaux résistant aux braconniers et à l’aménagement moderne des berges, nichant près des chutes de Gouina. Cette espèce en voie de disparition ne rend hélas pas bien avec mes photos, donc on s’abstient. N’est pas Ronan qui veut !


Gloups, elle est énorme celle-là ! Ruche qui peut !


Le long de notre route, nous voyons plein d’endroits brûlés. Cette pratique semble interdite par le gouvernement, mais les villageois trouvent ça tellement plus facile pour débroussailler….


Après avoir bien glandé au Sénégal, il faut le dire, on reprend notre rythme de croisière. Quand on n’est pas en ville, ça donne ça :
7h30 levé avec le soleil
9h départ
50 km jusqu’à 13h
2 ou 3 heures de pause repas, sieste, musique, entretient du vélo, lecture…
20 km de plus le soir.
18h30 20H bivouac, grignotage, repas, toilette, dodo.
Puis 11 à 12h de sommeil par nuit.


A votre avis c’est qui ? Ça porte la chemise de Claire, mais ça tire aussi la remorque. Alors ?


A votre avis c’est qui ? Ça porte des sandales et ça a aussi des pieds pourris !


Nous croisons sur la route ces deux gamines, 14 ans maximum, sous 40 degrés, une petite bouteille d’eau à la main, et un bébé dans le dos !
Elles nous dépassent avant un village, on ne s’inquiète pas, il reste quelques centaines de mètres. Mais l’après midi, nous les recroisons 5 ou 6 kilomètres plus loin, et on apprend qu’elles ont encore deux jours de marche pour rejoindre leur famille car elles ont raté le train le matin.
On ne peut trop rien faire, elles ne comprennent pas le Français. C’est là que nous sommes dépassés par Nadine et Maurice, deux hollandais en 4×4 (on reparle d’eux dans quelques photos). On leur explique la situation, mais effrayées, les filles refusent de monter dans le véhicule. Heureusement, un villageois en mobylette arrive, se joint à la conversation, et convainc les fillettes à monter dans le 4×4.
Nous retrouverons tout le monde 16 km plus loin, pour le repas du soir… où on en apprend plus sur…. Maurice et Nadine.


Entre notre rencontre l’après midi sur la route, et notre rendez vous le soir pour passer le repas et la nuit ensemble, Nadine et Maurice se confient.
De nature sportive (elle a été professionnelle dans le tennis de très haut niveau), ils pensent qu’ils vont lâcher leur 4×4 et continuer en vélo. Une année pour descendre en moteur, une année pour remonter à bicyclette.
Cette discussion nous fait réfléchir nous aussi.
Presque 6 mois que nous sommes partis. Trop peu pour dresser un bilan de notre expérience, mais suffisamment pour parler des bons aspects du voyage à vélo. Contrairement à nos anciens voyages, plus ou moins motorisés, on peut réciter encore presque dans l’ordre les bourgades et les régions traversées, chacune étant associée à un souvenir fort, une personne, un événement, une parole… Tout est lié dans un fil continu ininterrompu. Pas de saut de puce comme en avion, pas de coupure comme en train ou en car, pas de moyens de transport qui font passer de la mer à la montagne, de la forêt au désert.
Une des vertus de ce moyen de transport est qu’il nous relie plus fortement à la nature, aux hommes, aux animaux et aux
plantes. Nous travaillons inconsciemment notre empathie avec eux. Chaque journée, chaque rencontre, chaque anecdote prend alors une saveur exquise.
Ceci disparaît nécessairement avec le voyage motorisé, qui ne connait d’un lieu à peine plus que ce qu’en disent guides et GPS.
Tout ceci sans parler du sentiment gratifiant d’avoir parcouru un territoire à la force de ses mollets.
Trop sympas ces Hollandais ! Ils nous ont refilé un mini chargeur solaire qui fait aussi enceinte pour le lecteur mp3. Du coup Claire l’a mis à l’avant de son vélo, et on écoute plein de trucs à fond sur la bi-fi-clette sans rien consommer !



Deux photos chopées sur leur site : africanroadtrip.com


Comme chez nous, la télé et la mondialisation font des ravages. La vision que beaucoup d’africains ont des occidentaux par un tourisme consumériste, ou par la petite lucarne diabolique ne nous enchante guère. Quelques-uns sont quand même lucides et prennent du recul.
Nous constatons que la méfiance des villes n’est pas arrivée dans la brousse, où l’hospitalité y est plus spontanée et enthousiaste. Où que l’on se trouve, les portes et les cœurs s’ouvrent à notre approche. Avant même de connaitre nos
noms, nos destinations ou nos besoins, on nous propose le gite et couvert. Sans méfiance aucune, sans attente d’une contrepartie.
Certains nous avouent qu’ils sont heureux de nous rencontrer NOUS, sur nos ânes à roulettes. Nous leurs paraissons plus « accessibles » que ceux qui traversent en 4×4 le village.


Depuis le début du mois de Mars, il faut chaud. Très chaud. Trop chaud.
On transpire (non pas comme le fait un être normal, mais plutôt comme un fromage), on suinte de tous les pores, on s’en découvre même dans des endroits incongrus.
KIKADIKOI :
« – tu transpires des avant-bras ???
- Non mais et toi t’as vu ta moustache ? »
Cette fournaise, c’est 30 degrés dès le réveil, 35 à 11heures, 40 degrés de 13 h à 16 h…
C’est un four permanent. Le vélo est chaud, les poignées sont chaudes, la selle est chaude, ton corps est chaud, le goudron est chaud, l’air est chaud, TA BOUTEILLE D’EAU est chaude, les douches sont chaudes… (même ça, on le regrette hihiih)


Nous traversons de nombreux petits villages d’une vingtaine d’âmes le long de la rivière. Sur les clichés, ils semblent dénués d’habitants. Ceci n’est bien sûr pas vrai. Nous essayons juste d’être discrets et nous évitons de mitrailler les maliens dans leurs activités journalières.
À chaque endroit où nous demandons l’hospitalité, nous savons qu’il ne faut pas rester longtemps. Pour une nuit, le voyageur à vélo ne suscite pas la jalousie car il voyage par l’effort. Il ne menace pas l’équilibre local car il n’est que de passage. Il est une charge légère car autonome en nourriture et en soins.
Mais sans le vouloir, nous sommes parfois source de conflit entre deux familles proches qui veulent être la
plus hospitalière, ou entre femmes qui veulent chacune nous offrir le meilleur plat, ou le fermier qui veut nous vendre ses papayes pour la suite du voyage…
Alors on ne reste pas, on apporte proportionnellement à ce que l’on consomme, et on poursuit notre route.
On se demande si cette hospitalité qui ne nous a pas quittés depuis que nous avons mis le pied en Afrique nous est réservée parce que nous sommes blancs ? Ou si un Ivoirien, un Gabonais ou un Chinois recevrait le même accueil….
Nous tacherons d’y répondre dans un prochain « cyclo-reportage ».


Les cases sont sur « pilotis » en raison des inondations de la saison d’hivernage (saison des pluies). Le pire, c’est que ce n’est pas la saison des pluies qui abime les cases, ce sont les termites ! La durée de vie de ce type d’habitation est de 3 à 5 ans ici, mais au sud où la terre est plus dure, elle peut atteindre près de 10 ans.


C’est dans ce village que l’on nous explique que la polygamie, c’est assez simple à comprendre.
Lors du « premier » mariage, le mari coche sur le contrat s’il veut un mariage unique ou un mariage polygame, autorisant plusieurs femmes. Ici, la tradition dit « pas plus de quatre femmes ». On ne sait pas si c’est une loi officielle ou juste une tradition, en tout cas les cas recensés de 5 ou 6 femmes sont rarissimes et mal vus.
Les femmes sont souvent jalouses les unes des autres, mais parfois ca se passe bien. Cependant, on ne leur demande par leur avis. Curieusement, la deuxième femme est souvent bien plus jeune que la première…
La règle qui est apparemment bien respectée, c’est : chaque femme à sa chambre/case, et l’homme séjourne deux jours avec chacune à tour de rôle. Quand on les taquine sur une potentielle entorse à cette règle, ils s’offusquent et nous disent que « non c’est pas possible ». C’est deux nuits par femme, point.

Moins d’enfants, c’est forcément plus de scolarité et plus de soin pour chacun, et moins de femmes, c’est une meilleure ambiance dans la maison à cause des jalousies potentielles. La jeune génération à qui on pose parfois la question semble du même avis que nous : c’est sacrément plus d’embrouilles d’avoir plusieurs femmes et 50 rejetons dans les basques. Les mentalités changent.

Ce qui est très drôle, c’est que certains hommes ne voient pas en quoi les femmes pourraient souffrir de cette pratique. L’un d’eux nous a même soutenu très sérieusement que c’est un service (un sacrifice !) de leur part, car les femmes sont bien plus nombreuses que les hommes en Afrique.
Non mais et puis quoi encore ? Faudrait que les africaine disent merci, aussi ?


Une blague récurrente consiste à faire croire à un petit que ses parents vont le donner au « blanc » que nous sommes. Ils font mine de le mettre sur la remorque. C’est apparemment une blague très cruelle à en voir les pleurs interminables du gamin et les yeux apeurés des autres enfants du même âge. Tu dirais que le lion vient les manger ce serait pareil.


Les chutes de Billy, et un coupeur de bois super sympa qui nous a appris pleins de choses.




Souvent, nous perdons aussi nos illusions face à cette Afrique que nous croyons enchantée. Le clivage blanc / noir est bel et bien existant. A plusieurs reprises, notamment dans les campagnes et chez les personnes âgées, nous avons perçu un sentiment de déférence de la part de certains Africains à notre égard, un peu comme si nous « revenions chez nous », l’horreur ! Baisser les yeux plus que de coutume, se prosterner plus que par politesse, accueillir plus que par hospitalité… Une très gênante soumission inconsciente face au « blanc », fils de colons.
En ville, nous sommes les toubabs richissimes. Au marché, il semble évident qu’on va acheter des stands entier. Tout le monde s’empresse pour nous servir, tout nous est amené, il suffit de porter les yeux sur un pantalon pour se retrouver cerné de vendeurs de pantalons, c’en devient parfois horripilant.
Inutile d’essayer de se fondre dans la population, c’est impossible.
Au contact de nombreux occidentaux expatriés ici, notre vision des ONG et du volontariat international a aussi changé.
Nous sentons trop trop trop souvent des actions ou des paroles qui sous-entendent un discours colonialiste inconscient et condescendant.


Si vous suivez un peu le binz, nous suivons la rivière, elle-même suivie par une ligne de chemin de fer.
On arrive donc forcément à une gare, la gare de Toukoto, où un train est justement arrêté à midi quand on arrive.
Il n’y a pas réellement de quai, seulement une grande place traversée par les rails, et le gros bâtiment de la gare posé contre. Sur la place, une équipe de femmes a préparé un repas dans de grandes marmites et servent les voyageurs descendus du train, tandis que d’autres maliennes défilent le long des wagons avec bananes, gâteaux, poisson séché, brochettes, œufs durs… Tout ça dans un joyeux brouhaha de cris, d’échange de monnaie, de choc de gamelles, d’interpellations ! Quelques voyageurs ont prévu leur propre assiette, certain remontent à bord avec le riz et la sauce dans un sac plastique, et les plus paresseux (ou bien ceux qui n’ont pas envie de perdre leur place à bord du train) n’ont qu’à tendre la main vers les paniers qui passent à hauteur des fenêtres !
Nous on avait le temps, alors on se sera régalés d’à peu près tous les plats. Qui a dit « empiffrés » ?




Après avoir baroudé dans le pays, on remarque qu’une bonne caractéristique du Mali est la capacité de ses peuples à vivre ensemble. Khassonkés, Malinkés au nord, Peuls aux grands troupeaux, Sénoufos du sud… Tant et tant d’autres… Tous frères, tous cousins malgré les différences d’histoire, de langues, de culture, de traditions. Le métissage n’est ici pas tabou et est plutôt source de plaisanterie, un moyen de décrispation sociale.
Deux fois on nous a parlé de cet équilibre entre les peuples de l’eau, ceux de la terre… les nomades…


Voici Greg, qui nous a cueillis en soirée sur le bord de la route, au village de Sebekoro. C’est un super zicos percussionniste qui zig zag entre la France et le Mali autour de divers projet de danse, de musique, de concerts, d’ateliers…
Bon, on commence à avoir l’habitude de se trouver des amis communs avec les gens que nous rencontrons ici…Celui là n’échappe pas à la règle !
Si ça vous dit, voici les adresses de ses sites :
Lanaya.fr et la complet’mandigue http://www.myspace.com/lacompletmandingue


Ici, une étape de la fabrication du beurre de karité. Il paraît que c’est un travail terriblement long et fatiguant pour les femmes. Nous on n’a pas vu le processus en entier, donc c’est difficile d’en témoigner.


Toujours pas mûres ! Zut !

Plein de panneaux le long de la route, nous arrivons à Bamako !!!


Voilà, nous avons énormément de choses à dire au sujet de Bamako, mais là quand on regarde cette photo, la première chose qui vient à l’esprit c’est :
« Qu’est-ce que c’est pollué comme ville ! »
Oui, la circulation est terriblement encombrée et de nombreux véhicules se bousculent sur la chaussée.
Dans les voitures ici, tout, absolument tout semble cassé. Sauf le klaxon bien sûr !
Bien plus important qu’une ceinture de sécurité ou qu’un rétro.
En vélo, c’était assez chaud. Il y a pourtant peu de voitures « privées », la plupart des gens roulent avec ce qu’ils appellent ici des « jakarta » : ce sont des sorte de scooter fabriqués en Indonésie (d’où leur petit nom) qui montent tout de même à 100km/h tout en se conduisant sans permis. Imaginez un peu le délire sur la route, zigzaguent entre les chèvres qui traînent sur la chaussée, doublent tout le monde à droite, ou à gauche aussi, tout en tapant un sms … D’autant plus dangereux que ce matériel de mauvaise qualité n’est évidemment pas conçu pour aller aussi vite, il n’est pas rare de voir le machin se disloquer sous son conducteur.
Bamako étant une ville immmmmense, beaucoup de gens y circulent en taxi : les jaunes qui sont des voitures assez chères, et les verts sorte de fourgon-taxi collectif à l’itinéraire variable. La ville bourdonne d’activités dans tous les sens, de toutes les couleurs, bruyantes, puantes… Il est vrai que Bamako n’offre pas un grand intérêt sur le plan architectural, le musée des arts Malien est quand même chouette à visiter, et les maquis (bar-scène-restaurant)… bon on peut y passer des bonnes soirées.

Un des paradoxes de notre voyage est que plus le vélo nous éloigne des villes et des destructions qu’elle inflige à la nature (pollution, réseaux routiers, lignes HT, canalisations…), plus la ville nous redevient estimable et finit par nous manquer.
C’est ainsi que nous passerons presque trois semaines à Bamako.



Le mur des indépendances, pour bosser son histoire.
Mais la colonisation ne s’est pas terminée en 1960. La Françafrique ça pue. La corruption bat ici sont plein, et nos partis et hommes politiques Français sont pourris jusqu’à l’os dès que l’on parle d’un partenariat entre villes, gouvernements, projets de construction… Pots de vins, avantages en nature, contrepartie malhonnêtes sous les tables…
Ça donne pas envie de revenir pour prendre part aux débats de mai 2012…
Kikadikoi ? : « On vit dans un pays de glands ».


Mais Bamako, ça a été aussi des rencontres super ! Nous sommes arrivés fatigués et Matos et Atou nous ont accueillis dans leur famille en toute simplicité, puis Guillaume et Océane (qu’on voit sur la photo) avec lesquels on s’est bien marrés !
C’est aussi reposant pour nous d’être avec des « français », avec lesquels nos habitudes culturelles nous permettent de communiquer rapidement, sans efforts. On n’en abuse pas, mais on reconnaît que parfois, c’est agréable ;)

En fait Matos et Jérém’ s’était déjà croisé il y a fort longtemps …
Matos était alors « animateur » d’une scène ouverte mémorable qui s’appelait « La Soupe » dans les années 2000. Jérémie ne connaissait Matos que par « scène interposée », et portait cette équipe de circassien haute dans son estime sans jamais les avoir réellement côtoyés. Sans le savoir, Matos et cette bande de gens trop-géniaux à inspiré Jérémie dans de nombreux projet éclot à Lyon depuis cette période. Jérémie se souvient à l’époque de l’annonce du départ de Matos pour le Mali en 2002 ou 2003, à 10 000 lieux de penser qu’ils se retrouveraient à Bamako 10 ans plus tard… pleins de souvenirs à se remémorer.

Revenons-en à Bamako.
Pour simplifier, traverser Bamako en vélo, c’est comme faire les soldes dans un grand centre commercial, le jour de Noël, jumelée avec une grève des feux rouges et une manif d’altermondialistes.
Bamako la débridée, la tapageuse, la bruyante, la sale, l’extravertie… Quelle claque, ça bouge, ça pue, ça rigole, ça grouille, c’est très particulier (surtout car on a les pieds noirs de pollution chaque soir) !!!
On profite alors de ce que la ville seule offre. A Bamako, nous avons été surpris de chercher des « distractions ». A consommer de la musique, à consommer du musée, à consommer de la culture… Deux semaines plus tard, nous nous rendons compte combien la ville nous a absorbé (et combien on a claqué nos sous). Avec un peu de plaisir mais sans « réel » joie. On a tout de même bien du mal à en partir…
Quelle belle leçon, et quel apprentissage sur soi et sur nos vies Lyonnaises.


Jerem’ 8, Guillaume 6 ;)



Au passage on se targue d’être allées voir Tiken Jah en concert chez lui, le «Radio Libre », son studio d’enregistrement. Une centaine de personnes, limite en acoustique. La class’
Bon… au concert de Tiken, nous nous attendions plus à un squat de rastas enfumé, qu’à une boîte branchée-proprette avec la moitié des expatriés de Bamako, mais bon, quand la musique est bonne…
« mon pays va maaaaal »


La rencontre du mois !
Imrhan et Mickaella habitent avec Temba et Erich.
Ils sont venus depuis l’Angleterre en vélo (mais ont fait la moitié en camion), et ont comme projet ambitieux d’enregistrer avec les musiciens des pays traversés ! Elle chante divinement, il guitarise tout autant… La rencontre avec les artistes locaux est excellente ! C’est ainsi que grâce à Imrhan et Mikaella, nous nous familiarisons avec les meilleurs, comme Basseko Kouyate (joueur de goni star du pays) avec lesquels ils enregistrent des morceaux, Moussa Touré un des musicien du légendaire Toumani Diabate (Moussa a adoré nos accordéons et a guidé Jerem dans la ville une journée entière à la recherche d’un balafon et d’un djembé à ramener en France), Vieux Farka Touré dont nous avons entrevus la soirée d’anniversaire… Bref vous l’aurez compris, Bamako fut pour nous une ville haute en note et en musique.
Nous sommes restés 10 jours dans cette sympathique collocation internationale, à partager bœufs, concerts, papotages, cuisine… Des moments extra que nous nous promettons de renouveler en France ou en Angleterre !


Souleymane, un autre excellent musicien qui enregistre avec eux, et un extrait sur leur site :

http://musiccycles.wordpress.com/2011/03/23/1121/

Ici aussi, la propagande bat son plein.



Mélange de bases historiques et traditionnelles, métissée de cultures à tradition orale, la musique malienne est incontestablement une des plus féconde au monde. Et Bamako est devenue une capitale de référence.
Joueurs de balafon, de djembé, de kora, ils sont partout. Tous semblent être musiciens, tous jouent dans des groupes, tous connaissent tout le monde…
Ici, Moussa Traoré, un des musiciens de la légende de Kora Toumani Diabaté.
Nous découvrons un peu plus la musique Malienne à son contact.
Bien sûr, ils apprennent à jouer par tradition orale. « Boeufer » avec eux et improviser les uns sur les autres nous habitue à leurs « automatismes » et leur style de musique. Ils mémorisent nos mélodies comme personne, improvisent par-dessus nos airs occidentaux avec une facilité déconcertante (malgré quelques bugs rythmiques sur les trois temps auxquels ils ne sont pas habitués), leur utilisation de notre gamme « Do ré mi… » ne leur est utile que pour accorder leurs instruments à l’aide d’un outil électronique.


Petit extrait d’artisanat local. On se fera renvoyer en France un colis avec plein de jolies petites choses que nous redécouvrirons à notre retour.
On a dû passer au musée pour faire certifier que ces objets sont des copies car le douanier de la poste nous a pris la tête, d’ailleurs ce jours-là ils nous ont tous pris la tête, du taxi-man qui ne savait pas où était la Grande Poste de Bamako jusqu’à la comptable du musée qui voulait pas sortir du champ du ventilateur.
En tout cas, à tous ceux qui se plaignent de la lenteur du personnel des administrations françaises : vous n’avez rien vu !!!



Voici une table de cadavres d’animaux utilisés dans les rites animistes.
De la croyance animiste relativement présente ici, découle un profond respect pour les animaux et les plantes. On remarque une cohabitation pacifique entre islam et animisme, ainsi qu’une pratique moins rigoureuse que ce que nous avons constaté au Maghreb. La tolérance semble plus importante ici. Nous ne savons pas si c’est directement lié à la pratique religieuse ou non, mais la condition féminine a l’air bien plus agréable ici : libre accès au travail, relations hommes/femmes plus égalitaires, moins de « surveillance » de la part de la famille ou des hommes en général… Peut-être que la cohabitation et l’excellente entente avec les autres religions apporte un peu de souplesse dans les pratiques.


« Le mur de l’Enfant Martyr »


Tout ce qui était sur la remorque (qui rentre en France, si vous avez suivi) doit passer sur les vélos, donc on a fait fabriquer par un soudeur un porte bagage avant. Puis on le décore avec des câbles en plastoc coloré. Dans notre obsession de nous alléger, on continue à grappiller des grammes à chaque grosse étape.
Sans la remorque et avec moins de barda, nous affleurerons la moyenne de 75 km de moyenne journalière, contre 50 durant les 7 premiers mois de voyage. Youhou !


Allez, un délire dans une discussion, et nous voilà le lendemain à accrocher des fonds de bouteilles en plastique pour se monter un petit potager ambulant. Claire est plus « plate déco », Jérèm plus « herbes alimentaires ».
Ici, du basilique. Vous verrez dans le reportage du Burkina si nous avons la main verte.
Les vélos commencent à prendre un look clownesque.




Couchsurfing toujours, nous logerons avec Léo, président de l’association GAOC Jekabaara (main dans la main), un projet de soutien aux associations locales animé par des Maliens et des Togolais.


KIKADIKOI ??? « Tu veux pas reprendre ta température ? On n’a que ça à faire de toutes façons »
Après deux semaines dans Bamako, nous décidons de mettre les voiles pour un « premier » départ.
A la fin du petit dèj, Claire s’échoue dans le hamac et ne se relèvera plus que pour prendre un aspro et se mettre le thermomètre dans le…. On vous passe la suite et on reporte notre envolée vers le Burkina de quelques jours.
Le matin du «second » départ, il fait chaud. Très chaud. 30 kilomètres plus loin, nous ne sommes pas encore sortis de la ville qu’un événement inattendu survient :
Et voilà le moment que vous attendiez tous, mesdames et messieurs : l’Homme, terrassé par la maladie malgré le ventilateur qui souffle dans tous les sens et sa douce qui lui tamponne le front avec un linge humide. Après 7 mois et 12 jours, 7 083 kilomètres dans la vie quotidienne africaine, les intestins de Jérémie se rebellent contre les frites de la veille.
Il a lui-même supplié le ventilateur (c’est dire !) mais il a su résister à la tentation du coca déboucheur.
Elle fait la maligne l’autre, mais elle prendra sa diarrhée aussi.
Résultat : le départ de Bamako est repoussé de quelques jours, le temps de bien se remettre d’aplomb tous les deux.
Ah, Bamako, quand tu nous tiens…

La convalescence se fait avec des crayons et des pinceaux…
Presque deux mois que Jérém ne les avait pas sortis…







Ici aussi, un grand moment de convalescence :
« Bon, mi bémol Maj 7 en 6/8, si je transpose pour une trompette mixolydienne en Ré ça fait…
Hou je vais aller me faire un thé. »


Va falloir passer chez le tailleur !
On constate ici que la répartition des rôles entre hommes et femme est un peu différente de chez nous : en Afrique, la couture est un métier plutôt masculin.


On en profite pour faire comme les touaregs, coudre un tissus sur le bidon qui, une fois imbibé, permet de garder ton eau fraîche au moins 10 minutes de plus.


Le vélo, une affaire de famille.


On croise beaucoup, beaucoup, beaucoup… de collègues cyclistes.
Échanges de bonjours, de salutations, et parfois de discussions sur quelques kilomètres, les uns à côtés des autres comme ici.


Vous avez vu depuis quelques photos qu’on a réussi à quitter Bamako.
Voici l’état de certaines routes.


Sur le pont…


Sous le pont …
La vie est un long fleuve tranquille…


Comme nous, vous suivez l’actualité ici. Le sujet de la Côte d’Ivoire anime toutes les discussions. Tous ici ont un frère, un ami, un cousin qui habite là bas. Nous croisons régulièrement des cars de réfugiés qui gagnent Bamako ou Ouagadougou. La traversée c’est environ 100 000 CFA. 150 euros pour être en sécurité ailleurs….


Nuage de peuf et Claire Poirel


Petite anecdote que nous ne savions pas où mettre :
Au même titre que lorsqu’on séjourne dans le sud de la France on prend l’accent, du coin, ici on se surprend à parler à l’africaine.
On a entendu dans nos bouches des « Y’en a des papayes? », ou encore des « Hiiiiii, bon, y’en a en pagaille !».


Le tourisme au Mali. Incroyable.
Nous sommes un peu déçu de la manière dont sont parfois (in)organisée les choses… Des lieux importants à visiter pour les étrangers de passage mais aussi pour les locaux qui ne connaissent pas forcément l’histoire du coin, rien n’est indiqué, n’est aménagé…alors qu’un bête panneau au bord de la route ???
À Sikasso, nous avons longuement cherché la « Fosse commune », lieu où ont été enterrés Maliens et Français après s’être entre-tués pour la prise de la ville en 1898. Un brave homme nous y a conduits, un peu honteux de ne pas pouvoir nous en dire plus sur cet évènement (qui nous concernait tous les trois !!), et quelle surprise on a eu de découvrir ensemble un terrain rempli d’arbres et de broussailles avec un vague panneau. Juste à côté, un mec se fait construire sa maison.
Cette petite négligence témoigne en fait d’un désintérêt assez général qu’on a régulièrement constaté : la négligence de l’espace de vie quotidienne, que ce soit le lieu du travail, les abords de la maison, ou les espaces communs. Ordures, désordre, saletés ne semblent pas gêner la population locale, la vendeuse du bouiboui, ni même ses clients d’ailleurs ! Comme si l’environnement ou la manière dont on est assis ne pouvait pas changer le goût du riz, ou améliorer un quotidien déjà bien difficile.
Question de différence de culture ? Réel laisser-aller ? Manque de moyens (optimisme, argent, temps, énergie…) ?
C’est pas évident pour nous de parler de ça, on ne veut pas paraître porter un jugement hâtif, ou des critiques trop sévères envers un pays dans lequel on ne fait que « passer », pourtant certaines actions simples nous sembleraient apporter un gain de confort évident.
Cela dit, à cause de la situation politique relayée et sensationnalisée par les médias, la saison touristique au Mali est catastrophique.
Nous avons rencontré des touristes uniquement à Bamako, au compte-goutte. Les auberges ferment, seules deux pirogues sur 80 tournent actuellement sur le Niger au niveau de Tombouctou, c’est dire.


On est passé par là !

Elle, elle sortirait la nuit de derrière un arbre, tu hurlerais de peur !
Nous contemplons les femmes qui œuvrent à leurs taches quotidiennes en bord de route. Portent du bois, portent de l’eau, tirent des sacs, cassent des pierres sous le soleil à grands coups de marteau, pieds et mains nues, nourrissent les enfants, lavent le linge, font du feu après avoir ramassé du bois, préparent à manger pour tout le monde, puisent de l’eau du matin au soir avec de grandes cordes qui font crisser de vieilles poulies.
Comment semblent-elles heureuses d’accomplir un tel labeur dans ces conditions extrêmes?
Pourquoi aucune d’elle ne s’évanouit, ne se plaint, à manier ces masses de fruits, d’eau, de légumes, de vêtement sous cette chaleur ?
Peut être parce qu’elles croient qu’elles sont au monde pour accomplir cette tache, parce qu’elles n’ont jamais connu que ça, saisissantes de beauté dans leurs tenues de couleur avec leurs colliers et leurs bracelets.
Pendant ce temps, les hommes observent.


Et… doucement mais sûrement, nous repoussons notre horizon une fois de plus.
On entre au Burkina Faso… le Peuple des Hommes Intègres.
Kambé !

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