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Après un premier passage il y a quelques semaines, Claire et Jérémie reviennent dans « Le forum du Mouv », sur France Inter.

(Écrit un peu à Cotonou et fini à Windhoek – Namibie – le jeudi 7 juillet 2011)

Mawolé ! (Bienvenue ! en langue Moruba)

Tarzan et Jane au rapport –stop.

Un peu a la bourre, mais que voulez vous, on est pas en vacances J)))))

11 mois, 31 crevaisons et 10 500 km plus tard, l’Afrique de l’Ouest s’éclipse derrière nous –stop.

Fini les portions de riz sur le bord de la route, les tajines au feu de braises, les soirées interminables à boire du thé trop sucré, à se saluer des heures, à dialoguer sans rien comprendre… –stop.

Fini les enfants qui crient : « Toubabou donne moi cadeau », « Yovo-Yovo – bonsoir »… –stop.
Au revoir les échanges sereins avec les marchands, bergers, et autres pêcheurs qui en peuplent les rives –stop.

Haaaaa… le voyage, le voyage…
Une porte est en train de se refermer, pour en ouvrir une plus grande encore ! Ouaaaaaaais, le bac à sable est encore plus grand !!!
La terre australe, l’Afrika Incognita… la Namibie (j’en suis baba !)
Si vous avez suivi, entre saison des pluies, bateau fantômes, élections au Congo, visa d’Angola et du Cameroun inaccessibles … nous avons finalement sauté au sud de l’Afrique, pour remonter du côté est.

Mais en attendant, c’est le sud du Bénin que nous vous proposons d’explorer, pour clore ce chapitre Ouest-africain. Sans conteste un pays mal connu, et LARGEMENT sous estimé par nous-mêmes, du moins avant de fouler cette terre, berceau du vaudou. Habité majoritairement par le peuple Fon (à qui l’on doit ce magnifique jeu de mots pour le titre de notre reportage), son élément fut incontestablement l’eau. L’océan, les plages de sable fin et les cocotiers, la moiteur de l’air du Golf de Guinée, la « route des pêches », les marécages salins, les lagunes, les villages sur pilotis du lac Nokoué, la neige (non, on déconne)… et … la saison des pluies qui nous surprend.
Alors que le Bénin n’était pour nous qu’une “étape” par laquelle on espérait trouver ce fichu bateau et filer, voila que les embûches nous ont forcés à une mini-sédentarisation… Bloqués par la mer, ne pouvant aller plus loin, nous posons les valises à Cotonou et nous regardons autour de nous. Le temps ralentit, et la ville se révèle moins hostile, des liens se créent à notre insu, des amitiés naissent… On prend quelques habitudes dans son quartier, comme saluer “madame pain-chaud” tous les matins, retrouver sa vendeuse de légumes (celle qui n’arnaque pas), savoir par coeur le prix du moto-taxi pour aller quartier Ganhi et rester plusieurs jours en compagnie des mêmes personnes, voila une formule de voyage que nous n’avions pas encore essayé et qui nous a offert la possibilité d’apprécier autrement la vie a l’africaine.
Ce n’est pas sur les vélos que nous aurions pu vivre cela. Rester un peu sur place nous a permis de trouver des réponses a des interrogations que nous traînions depuis plusieurs mois, particulièrement en ce qui concerne la complexité des liens Europe-Afrique,
Vous remarquerez qu’en guise de bilan de ces mois d’expérience en Afrique de l’Ouest, ce reportage est teinté d’une forte critique de la « Françafrique », des politiques gouvernementales d’aide au développement, de l’effet pervers des politiciens qui manipulent les projets humanitaires, et d’un système de corruption exécrable, généralisé et largement entretenu par les responsables africains, par nos singes bureaucrates en occident et plus indirectement et bien malgré eux, par les volontaires ici.
Vous trouverez sans doute notre ton agressif, dégoûtés que nous sommes de cette machinerie dégueulasse et injuste, difficilement enrayable tant elle est installée dans chaque rouage du système.

Plus encore que dans les autres pays traversés, nous avons ressenti un sentiment profond de remonter l’histoire. Que ce soit en foulant la terre rouge de l’ancien royaume Dahomey, en se perdant dans les quartiers de tradition séculaire vaudou (on a creusé un peu cet aspect, mais pas trop pour ne pas déterrer les corps qui pourraient se mettre à marcher, héhé), ou en voyageant par la côte qui s’appelait jadis « la côte des esclaves », douloureusement célèbre pour la traite des hommes à la peau d’ébène… Bref, le Bénin est pour beaucoup un retour aux sources de la spiritualité, un fascinant héritage artistique, et culturel du royaume d’Abomey.

Malgré toutes les contrariétés rencontrées qui nous ont obliges à poursuivre le voyage en avion, le moral est pourtant au beau fixe, à croire que ce voyage nous nourrit et nous fait passer les épreuves avec une facilité déconcertante.
Reposés, ravitaillés, réveillés, réceptifs, curieux, calme, serein, en forme…
En forme de quoi ? On ne sait pas… mais en pleine forme quand même, et avec 1 ou 2 kilos en plus par manque de vélo ;)
« Nos somos immortal ! » comme dit notre compagnon de route en Mauritanie Perin.
Jamais au même endroit. Comme l’oiseau : on ne peut demeurer sur l’arbre, il nous faut tout le ciel…
On remercie Solène, Sophie et Pierre Alexandre, Clément, Sylvestre, Bienvenu, Yvan et Marion, Cara et Jérôme, pour le temps qu’ils ont passe avec nous, leur frigo, leur lit ou leur canap’, les échanges amicaux, riches et savoureux.

En espérant que notre reportage vous agite les papilles des yeux comme ce fut le cas pour nous !

Installez-vous confortablement sur notre porte bagage, entre l’igname pile et le jus d’ananas.
Merci divinement à Fred, Lili et David qui mettent en ligne nos articles ici: http://voyage.jeremiebt.com/
Pour savoir ou nous sommes, la carte d’ »Hubert Earth » est là: http://voyage.jeremiebt.com/carte.htm

On vous laisse, démarrez bien votre été alors que nous, nous venons de sauter dans l’hiver austral.
Cycloaventuexplorathnologue 1 et 2

PS 1 : Si vous ne voulez plus recevoir d’emails, écrivez nous. « Tu m’enivres » vaut mieux que « Tu m’énerves ;)
PS 2 : Pensez aussi à nous donner des nouvelles de vous… et n’oubliez pas que sur les pages vous pouvez laisser tout en bas des commentaires que nous lirons goulument !
PS 3 : Si le temps entre deux reportages vous semble décidément trop long, des nouvelles fraîches sont régulièrement postées ici : http://voyage.jeremiebt.com/01/nouvelles/
PS4 : Pas besoin de nous chercher sur Péquenot Express (la saison 2011 se déroule en Afrique)
PS5 : En effet Fred, pour avoir une connexion internet sans coupure, on a branché le générateur sur les vélos et on pédale à tour de rôle ;)
PS6 : Des peuples africains pensent que nous volons leur âme en faisant des photos. Et si c’était vrai ? Autant que faire se peut, on demande aux gens leur autorisation, mais on reconnait certaines prises de derrière des vêtements, de loin planqué dans un coin…
PS7 : Pour les lyonnais, allez faire du VeloV à la Guill’ c’est comme voyager avec nous ici ;)
PS 8 : A Cotonou ou cette ligne a été écrite, il pleut, les gouttes font TOC TOC sur le toit en taule du cyber qui va prendre l’eau, et on attend une éclaircie pour aller se baigner et dessiner des bateaux au port.
On sait, encore des bateaux ;)
Si vous n’aimez pas, n’hésitez pas à nous envoyer des courgettes, asperges, fromage à travers la figure.
On manque de ça ici.
PS 9 : On écrit cette ligne avec Mireille Mathieu à fond sur la plage à 50 m d’ici.
PS 10 : Pour la suite on promet de faire le bon choix, regarder Google, lire dans les noix de cola, aller consulter un marabout de ficelle…
PS 11: Jérémssssssssssssssssss est en manque d’acrylique ! Mais surprise, plus pour longtemps… Rendez vous en Namibie.
PS 12: Kikadikoi ? “Si personne ne comprend ton jeux de mots pour le titre de ce reportage, c’est de ta faute.”
PS 13 : Merci a Ivan pour certaines photos de la cérémonie Vaudou.

Chers lecteurs.

Tout d’abord on vous invite à vous mettre un peu dans l’ambiance en cliquant sur les petits pays ci-dessous. Il s’agit d’enregistrements glanés le long de nos rencontres au Bénin : la première ce sont les chants vaudous lors de la visite d’un temple (en photo dans le reportage). Ensuite, il s’agit de la voisine d’en face de la maison de Solène, notre hôte à Cotonou, qui fait des louanges a dieu et à Jésus Christ.
MONTEZ LE SON !


Le mois dernier, nous vous avions laissés quelque part par là…”Bonne arrivée” entend-t-on a chaque fois que nous croisons le regard d’un Béninois. C’est ainsi que l’on accueille, par ici. C’est chouette.
On s’apercevra par la suite qu’on Bénin on peut dire à peu près n’importe quoi après “bon”
“Bon travail !”
“Bonne assise !”
“Bonne digestion !”
“Bon touriste !”


Nous étions avec Mickaella et Imrhan depuis Lomé. Eux devant et nous ….


… derrière. On a quand même l’air moins propres, non ?
Voila pour planter le décor, sur fond de cabanes en feuille de cocotier tissées.
Ici nous sommes encore Aku et Kokku, nos prénoms liés à notre jour de naissance…


On se rend à Cotonou en suivant la côte: Grand Popo, Ouidah puis Cotonou.
Au programme : plage, cocotiers, villages de pêcheurs, activité marine, soleil, pluie…
Ici, les villageois s’entraident pour ramener un filet de pêche de quelques dizaines de mètres, sans le plier ni le charger de sable.
En termes d’entraide communautaire, la civilisation occidentale à beaucoup à (ré)apprendre des pays dit « pauvres ». Entraide grâce à laquelle ils peuvent survivre.
La « tontine » illustre bien ceci. C’est une sorte de caisse d’épargne autogérée au sein d’une famille, d’une communauté, d’un village… pour monter ou renflouer des projets d’intérêt collectif, ou jouer le rôle de sécurité sociale. Aucun papier, tout est fondé sur la confiance.


On a trouvé le coin sympa, on a glandé deux jours. Rigolez pas, vous en auriez fait autant.


Quelques clichés du bivouac, et de la vue de cet hôtel naturel ;)
Cette vue sur la moustiquaire nous permet de vous causer du palu… On nous le demande par email, alors parlons-en.
A vrai dire, on ne prend aucun médicament. On se disait : Au Sénégal, près du fleuve, il fera humide, on commencera le traitement là-bas. Puis arrivés au Sénégal, pas de moustiques. Toujours pas de moustiques au Mali. Encore moins au Burkina. On se dit que ce sera au Togo, plus humide, que nous commencerons à manger les pilules. Puis rien. On arrive au bord de l’océan où le vent marin chasse les petites bêtes volantes (mouches, insectes…). Nous en prendrons quand ce sera la saison et la région la plus à risque. Peut être le Gabon ? On évoque la question avec tous les expats qu’on rencontre ici, la plupart ne prennent rien non plus. En fait nos observations confirment ce que nous pensions et que les médecins nous disent à demi mots : y a pas de règle. Il y a ceux qui prennent un préventif et qui n’ont rien, ceux qui chopent le palu malgré les pilules quotidiennes, et les autres qui ne prenne rien et qui ont l’air d’avoir autant de (mal)chance d’être malades. En attendant on a toujours une boite de curatif à portée de main au cas où.


Les discussions avec Mickaella et Imrhan nous confirment quelques stéréotypes auxquels nous avons étés confrontés ici.
Quelques exemples entendus en substance :
« Le vélo c’est pour les pauvres, pas pour les blancs ».
 » Le vélo ce n’est pas fait pour les femmes. Tu es un mauvais homme de l’obliger à faire ce voyage ».
« Regarde cette pauvre femme derrière toi, elle est fatiguée » (en parlant de Claire)
« Tu viens de France en vélo ? Mais, elle a pris l’avion ! »







Après une pluie qui nous a surpris au milieu de la nuit, on fait sécher au petit matin nos affaires… là où on peut, c’est a dire sur le vélo !
C’est à cet endroit que Mickaela et Imrhan nous ont quittés pour rejoindre leur Angleterre natale. Fin du voyage pour eux, ils rejoindront la capitale en taxi pour prendre leur avion.


Pour nous rendre à Cotonou, le long de la cote, on passera sur une lagune entre l’océan et le lac Nokoué. Aux endroits où la route s’éloigne de la côte, nous observons de loin la vie des pêcheurs et leurs gestes séculaires de pêche au filet.
Panorama idéal pour des photos et des aquarelles…


Contrairement à nos idées reçues, la magie blanche est à base de fétichisme (objets qui renferment un pouvoir). Ici le mythe imprègne de manière palpable la réalité, et sans être pratiquant, tous craignent ses pouvoirs pouvant être utilisés à des fins peu scrupuleuses. Le syncrétisme est très rependu. Et la pratique du Vaudoun partage volontiers les chaumières avec le christianisme et l’islam (ou autres encore) : culte TRES IMPORTANT des ancêtres, croyance en la magie noire, aux mauvais sorts…
Ainsi, les guérisseurs traditionnels sont nombreux. A la fois psychologues, herboristes, sages et ensorceleurs, ils jouent un rôle important de cohésion sociale au sein du groupe.
Jérémie regrette fortement de ne pas pouvoir s’imprégner plus longtemps et plus profondément de ces pratiques qui nécessitent une initiation, ou d’assister à des moments de communion forts entre individus et divinités (transes), à mieux comprendre le lien entre les hommes et cette nature ancestrale…


Ouidah ville propre ? Attendez qu’on vous raconte son histoire…
A elle seule centre historique, berceau du Vaudoun, témoignage du passé colonial Portugais et Français, ville musée sur la traite négrière, enrichie grâce à son marchandage des hommes à peau d’ébène…
Un lieu d’histoire, de mémoire et de souffrance sur la trace du commerce du « bois d’ébène », commerce qui a pris des proportions considérables à partir du XVIIème siècle, fortement encouragée par les rois d’Abomey qui vendaient leurs frères et autres prisonniers de guerre contre des objets de pacotille venus d’Europe : dépeuplement, conflits, guerre, détournement des conflits… et bien-sûr maltraitance.
Ouidah ville propre.




Voici « l’arbre de l’histoire », qui simplifie les moments forts du pays.
Les rois d’Abomey, les guerres anciennes, l’arrivée des blancs, la traite négrière, la colonisation portuguaise et française…


A Ouidah, on en profite pour se cultiver un peu, on visite le musée, puis on fait ce qu’ils appellent ici la route des esclaves : quatre kilomètres de chemin vers la mer, que les esclaves suivaient pour monter sur les navires marchands
Le chemin passe par plusieurs étapes symboliques précédant l’embarquement des esclaves.
Voici « l’arbre aux enchères », tricentenaire et témoin de l’époque, qui a vu sur cette place la vente des esclaves, situé en face de la demeure du négrier Don Francisco de Souza.
Ce vendeur d’esclave a fortement marqué l’histoire du pays. Emprisonné presque 20 ans par le roi Abomey, il s’échappe et fait la révolution. Avec une cinquantaine d’épouses et de nombreux enfants, il fonde une petite dynastie qui continue à perpétrer sa mémoire et entretenir la maison en arrière plan.


On arrive 1 km plus loin à  » l’arbre de l’oubli », autour duquel les esclaves devaient tourner trois fois avant d’embarquer, pour oublier leur vie africaine (et ainsi empêcher leurs âmes de se venger), et faire oublier aux esclaves leur passé, gommer toute idée de révolte.
Suit une période d’isolement et de “conditionnement” dans un grand bâtiment à l’écart dans la foret. Ne monteront à bord des navires que les moins téméraires et les plus endurants. Pour les autres, c’est direction la fosse commune.
Aujourd’hui, ces vestiges bien préservés sont complètement inclus dans les petits villages qui ont pousse entre Ouidah et la plage. Les villageois ne savent pourtant quasiment rien de cette part de leur histoire, si ce n’est dans les très grandes lignes, ils vivent leur quotidien, les gamins jouent sous l’arbre de l’oubli et voient passer plein de blancs .


Tout est vert avec des langues de terre rouge sur la « route des esclaves ». Parcourue par des dizaines de milliers d’hommes durant la triste période de la traite négrière, cette route de 4 km relie la ville jusqu’à la plage, jusqu’au mémorial (récent) appelé la « Porte du non retour ».


Une fois arrivés au « point de non retour » symbolisé par cette porte moderne, les captifs quittent définitivement le sol africain pour le Brésil ou les Caraïbes. Les navires négriers sont visibles au loin, ils ne peuvent pas s’approcher de la côte à cause de la plage. C’est donc à bord de petites embarcations que les prisonniers les rejoignent.


A 200 m de là à droite, un édifice monstrueux en l’honneur du Jubilé de l’an 2000.
Et ça continue…


Jérèm’ en profite pour glisser un lien vers une figurine qu’il a sculpté il y a quelques années, au sujet de la traite négrière, et de l’article 4 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme sur l’esclavage.
L’article complet est ici:
http://www.jeremiebt.com/pages/page.php?page=ptr_hist_dudh4


Le « banco » dont on parle dans ce poème est le mélange terre/paille des constructions traditionnelles.
Le « tout-béton » est roi. Certes résistant aux intempéries, il reste très uniforme, inutilement cher, et surtout inadapté aux contraintes climatiques thermiques car copié sur les modes occidentales.

Une occasion pour nous de parler du problème des villes africaines qui connaissent une importante crise d’aménagement. Sous les coups de butoir du modernisme, les Béninois se sédentarisent, et en quelques années les villes ont connu les croissances que nous avons vécues chez nous en deux siècles. Des « secondes » villes éclosent en périphérie, sans véritable politique d’aménagement, sans concertation entre les ministères… Il y a donc des incohérences importantes, comme des écoles et universités dans des zones difficiles d’accès, des quartiers résidentiels sans eau, sans système de tri des déchets… qui accueillent des populations perdues, hier encore paysannes. Les centres administratifs et commerciaux naissent calqués sur la mode occidentale, créant un schéma de ségrégation important entre centre et périphérie. Une grosse économie informelle voit le jour dans un milieu urbain difficile, ou la solidarité traditionnelle des villages et des familles à du mal à solidifier les populations urbaines.


Nous quittons Ouidah, prochaine destination : Cotonou dans 40 kilomètres. Nous voici sur la fameuse « route des pêches », cordon de sable fin paradisiaque entre Ouidah et Cotonou. La mer y est tumultueuse, les cocotiers défient les nuages, et de l’autre coté les villages de pêche sont en effervescence. Tôt le matin ils partent à l’assaut des barres sur des petites embarcations, avec des filets de pêches et des fétiches, car les accidents sont TRES nombreux.


Dès qu’un bateau de pêche regagne le village, un marché improvisé s’organise pour acheter le fruit de la pêche.




Ça pleut, ça mouille (non, nous ne ferons pas de rimes…)
La saison des pluies est bien entamée, et des averses fréquentes nous forcent à trouver des abris de fortune, car la piste sableuse devient totalement impraticable. Nous resterons bloqués ici deux bonnes heures à discuter avec un béninois, le ventre… vide.


En mode « Tahiti douche », on s’occupe comme on peut ;) C’est comme dans la pub, avec du vent en plus et du sable qui fouette. Ça tonifie.


Et qui voila ? Prosper ! Le vendeur de gâteau. On peut dire qu’il tombe au bon moment !
Prosper c’est le “boulanger” ici, il fait reguli7rement la route des pêches pour approvisionner les villages. Dans son camion, il a des sablés salés (en vrac au fond) et des sablés sucrés (dans le panier). Un sablé coûte 25 FCFA soit environ 0.04 euro. On lui en prendra un sac pour 1 000 FCFA.


On entre en terre Vaudou… la route est parsemée de petits temples. Nous vous en reparlerons plus loin.

Arrivé à Cotonou, on vérifie que les sacoches n’ont pas pris l’eau, et Jérèm en profite pour « sauvegarder » les derniers dessins :




L’arrivée à Cotonou nous ramène sans douceur dans le monde urbain, la « fausse » capitale du Bénin est célèbre pour son effroyable pollution d’essence frelatée.
Zems quand tu nous tiens !
D’ailleurs parlons-en de ces “zems”! Transport économique, rapide mais en rien écologique! Une balade enfourchée sur ces bolides permet de prendre le pouls de la ville…
Au feu vert, c’est une véritable meute de ces motos/taxi en première position qui se lance dans le carrefour. De “zemigden” : « emmène moi vite » en langue fon, ils se développent à une vitesse folle car il n’y a aucune politique de transport en commun.
Avec leurs chemises jaunes numérotées, ils circulent nuit et jour dans tous les sens on confondant trottoir et chaussée… Faut dire que la course ne coûte pas chère : tu traverses la ville pour 400 FCFA ( 0.60 euros), et puis en empruntant les trottoirs et en grillant deux trois feux tu arrives rapidement… pas question de traîner.
Mais attention, il faut savoir choisir son zem (merci à Solène pour les conseils)

  1. Évaluer l’age du conducteur. Trop jeune il est intrépide. Trop vieux il va manquer de réflexe…
  2. Choisir le type de moto, le confort de la place arrière… et gare aux motos trop puissantes`!
  3. Savoir expliquer notre destination, sachant que les numéros et les noms de rue sont rares, et que personne ne les connaît.
  4. Négocier le tarif. Tooooout un art dans lequel Solène excelle! (Mais qui est cette Solene? Patience…)
  5. Descendre à gauche pour ne pas se brûler le mollet. Solène et Jérémie ont échangé un pot de crème à cause d’un pot d’échappement trop chaud. Argh l’erreur tu ne la fais qu’une fois !

L’essence trafiquée venue du Nigeria, frelatée, rend impropre à la respiration l’air, plus que partout ailleurs en Afrique de l’Ouest. Le litre coûte moins de 300 FCFA, c’est a dire environ 50 centimes d’euros…

Hop, le port de pêche de Cotonou !
Des bateaux, encore. Oui, on sait. Si vous n’aimez pas, allez regarder TF1 ;)




Celle la, c’est spéciale dédicace à Mathias Tifen et Simon.
Vite ! Ma brosse a dent et mon produit vaisselle !…


Mais c’est l’heure de votre feuilleton favori «Les folles aventures rocambolesques de la roue arrière de Jérémie » : EPILOGUE !!
Voila l’axe arrière neuf expédié depuis Lyon (merci Vélonaute) !
Allons nous enfin pouvoir nous détendre ??? Suspense …


Et bienvenu dans votre nouvelle saga de l’été « Claire et Jérémie cherchent un bateau pour sauter le Nigéria »,
Épisode 12 « Le traquenard du vaisseau fantôme et mystérieux ».
Ils ont essayé de nous faire manger l’hameçon, la ligne, le bouchon, et même la canne, le pêcheur et le bateau derrière !
Tous les éléments sont réunis : rendez vous nocturne dans Cotonou, coup de téléphone anonyme, une enveloppe avec l’argent a remettre, des agents mystérieux au téléphone masqué… et deux pigeons dans le rôle principal, en l’occurrence, nous.
D’abord on se rend à la SOBEMAP (Sociéte Béninoise de Transport Maritime). Le gars de la société nous faire savoir qu’à cause d’une loi récente censée prévenir le trafic d’enfants vers le Gabon, il n’y a plus de transport de voyageurs par bateau. Ça semble plausible et ça nous a été confirmé plus tard.
Mais comme on est des cons de yovos, il s’est dit qu’il pourrait bien se faire un peu de pognon. Il nous rappelle dans l’après midi car un bateau chinois part au Gabon dans deux jours avec de la place pour nous. Mais il faut payer vite.
Il propose un RV avec un de leurs “agent” et nous demande de lui remettre une enveloppe contenant l’argent (230 000 FCFA, soit 450 euros tout de même), pour que deux jours plus tard on nous emmène sur le bateau.
Comme on est trop intelligents, on ne se laisse pas embobiner. On montre qu’on résiste un peu, on pose des questions chiantes, genre “c’est qui au téléphone ?”… Le patron sentant qu’il a du mal a ferrer le poisson, il nous envoie un petit gars pour nous rassurer : Il s’agit d’une organisation parallèle bien rodée, on va juste sauter la case “douane” en lâchant un petit billet de 20 000… Vous avez l’argent ? Tout va bien se passer, le bateau chinois ? Heu quoi ? Non mais en fait c’est un autre bateau… ne vous inquiétez pas… vous avez l’argent ?…
Bon pas de chance pour le patron de la société, on n’est pas cons mais en revanche on peut agir comme des connards. On le lui prouve le lendemain, en se rendant a la societe arme d’un ami béninois qui vient leur souffler dans les bronches. L’affaire se regle en langue locale, notre arnaqueur présumé est “dénoncé” à son chef, qui doit aussi être trempé de toute façon, comme toute la société.
La corruption et l’arnaque sont monnaie courante ici, et on nous fait comprendre qu’il ne faut pas trop qu’on brasse non plus. Du coup on s’est barrés assez vite.

Pour revenir au trafic d’enfants : le phénomène « vidomegon » consiste à confier son enfant à une autre famille ou à des membres de la famille qui habitent en ville, pour prendre en charge l’éducation des enfants, leur apprentissage artisanal auprès d’un maître… mais cette pratique flirt souvent avec de l’exploitation pure et simple dans les tâches domestiques, voir dans les grandes exploitations de coton, de cacao, de canne à sucre… Un réseau organisé qui s’étend jusqu’au Cameroun, au Gabon, en côte d’Ivoire…)


Voici une banane pygmée.
Ha oui, Jérèm a croisé aussi un pygmée en ville, sûrement Guinéen. On n’a pas voulu jouer au zoo et prendre une photo.

Annonce :
Estelle, si tu nous lis, sache que les graines de fruit de la passion que j’ai planté chez toi avec la bonne terre de chez toi ont décidé de se réveiller toutes ensembles après un mois de grand « rien ». Effectivement, la vitesse de croissance est impressionnante…
Démonstration :


J-1 Le matin


J-2 Le matin


Le midi, ça s’emballe !!


Le soir !!! ça va être l’enfer ce truc !


Voici le Temple Morija, une église sectaire évangélique qui a mystérieusement poussé et renfloué son compte en banque après l’élection du président.
Ha oui, c’est sa confession, Morija, on a oublié de préciser.
On peut le dire, on s’en fou, on n’est plus au Bénin ;)

En attendant des solutions de sortie du pays, Jérèm’ dessine.






Parmi la demi douzaine de plats du pays, celui qui a remporté le prix du cœur ( ou de l’estomac, au choix) c’est l’igname pilé sauce fromage.

Deux dessins entamés en Mauritanie, terminés ici.


Rhaaaaaaaaaaaaaa les guides touristiques !
Après avoir tapé sur les médias, on en va de notre coup de latte contre les guides, celui du roublard en tête de file des incompétents.
Peu éducatifs, ironiques, véhiculant préjugés, stéréotypes, et croyances souvent déprécientes sur les africains (non volontairement certes, mais bel et bien existante).
Proposant l’Afrique comme un parc de loisirs à consommer, la présentant (du moins à l’ouest) comme « un seul » pays, on trouve (malgré des infos utiles tout de même) qu’ils sont fait pour des français qui veulent se conforter dans leurs clichés et leurs croyances stéréotypées de carte postale.
Combien nous regrettons que des projets locaux, solidaires au vrai sens du terme, ne soient pas présentés malgré la sollicitation de la rédaction par des autochtones édition après édition?
Rares sont ceux qui veulent découvrir un pays. Inconsciemment, chacun cherche plutôt à trouver ce qu’il croit déjà connaître, et ces livres remplissent alors parfaitement leur mission.
Voyagez avec, mais prenez garde, c’est comme Wikipédia, truffé d’erreurs historiques et culturelles, d’incohérences et de préjugés.

Remarque, notre site ça doit être pareil !


Nous vous parlions plus haut de l’essence de contrebande venue du Nigeria. A quelques kilomètres du Nigeria, les stands pirates se montent sur le bord de la voix. Personne ne dit rien, car aux contrôles de police un billet est glissé.


Chargés de bidons, ils passent la frontière et les barrages de police « incognito ».


Haaa… les fameuses « Vespa cargo ». Bricolées à partir de mobylettes, elles peuvent porter jusqu’à 300 litres d’essence.
La police voit que dalle. Y z’ivoiriens ;)


Comme trop souvent, les aménagements environnementaux ne sont pas concertés et amènent à des incohérences nuisibles pour les autochtones. Par exemple, le chenal qui relie l’Océan au Lac Nokoué près de Cotonou fait monter le degré de salinité rendant impropre à la culture certaines zones du lac. Une partie de la population du village a donc perdu ses emplois : L »agriculture intensive et la mono diversité ont grandement affaiblit les sols, la qualité et la variété des produits. Le déboisement, le littoral endommagé par des extensions du port non réfléchies, la chasse alimentaire et le braconnage sont autant de phénomènes récents que les autorités ont du mal à contrôler. Comme partout, les défenseurs environnementaux ne sont pas pris au sérieux.


Au Bénin, l’homme veille pourtant sur son environnement nourricier.
Ici il entretient un barrage à poisson pour que les nouveaux nés puissent grandir sans être mangés par les carnassiers adultes.

La canne à sucre, ici ça se mange ainsi. Et c’est boooooon !!!

On s’aperçoit qu’on a surtout parlé des campagnes dans nos reportages, mais peu des villes. Voici donc quelques clichés de Porto Novo, la capitale administrative du pays, à la frontière Nigériane, avec les explications qui vont bien, comme l’origine du surnom de « la ville rouge » à cause de la concentration en latérite des sols.



Nous sommes ici dans la ville de Porto Novo, mais AUSSI dans le royaume de Porto Novo. Le pays est en effet une démocratie administrative, dans lequel demeurent des royaumes, avec des rois, des princes, des peuples… On vous explique.
La révolution entre 1972 et 2000 a aboli les privilèges et instauré une république. Mais les royaumes subsistent, et différentes organisations du pouvoir se superposent.
Dans les villes, ça marche globalement comme en France (encore que…).
Dans les campagnes, il y a des autorités spirituelles, commerciales, des princes, et les pouvoirs des uns mordent sur les autres, sans parler des chefs de famille etc…
Pas simple pour gérer un conflit, construire une école…
… ou savoir ce qu’on va faire de deux blancs en vélo qui demandent asile une nuit.


A Porto-Novo, nous sommes héberges chez Sophie et Pierre-Alexandre , des amis de Solène (mais qui est cette Solène bon sang ?) chez qui nous squatterons plusieurs nuits. Le courant passe d’emblée, et échangerons de looooongue discussions jusque tard dans la nuit. Voila encore des personnes qu’on se promet de revoir de retour en France…


« Tchek », un gars de la bande de joyeux drille de Porto Novo avec qui nous avons passe quelques jours…


Baba Yabo, figurine emblématique du théâtre Africain populaire. Jérémie ne savait pas qu’il était Béninois, encore moins de Porto Novo, et ne s’attendait pas à en voir une statue érigée en son honneur (et celle de sa troupe) à l’entrée du grand marché.


Le marché de Porto Novo, en commençant par la « pharmacie », un stand de vente de plantes pour la médecine traditionnelle.


Ce bâtiment multicolore est la grande mosquée de Porto Novo, datant de la fin du XIXème siècle.
En revenant en Afrique, les anciens esclaves affranchis on reproduit un certain type d’habitat inspiré des maisons coloniales portugaises au Brésil au début du XIXème siècle.
Entre temps, des éléments de culture Africaine ont étés exports à Haïti, au Brésil, à Cuba… y compris des pratiques vaudou encore vives à nos jours.




Les zangbetos sont des gardiens de nuit.
Par sa danse traditionnelle Vodou, il protège le village des esprits, des vols…
Comme notre père noël, les enfants sont persuadés qu’il n’est pas animé par un homme caché dessous.


Cette jeune fille contemple un plan qui vient de la guinée (haaaaaaaaaaa contrepèterie quand tu nous tiens)


Certains regards te remplissent de joie, d’autres te font peur comme des masques, d’autres encore te touchent jusqu’au plus profond de ton cœur.


(Photo de Cyril)


Les bâtiments publics et administratifs, eux, sont dans un style colonial Français. Simple, économiques, hygiéniques, ils sont implantés dans des concessions entourées de murs avec jardins, fenêtres, garage pour les 4×4…
Causons donc un peu de l’histoire du pays.
Après une période de dictature de type Marxiste-léniniste (!!!) des années 70 à 90, le pays jouit en outre d’une grande stabilité politique, avec une démocratie à l’Africaine (corruption, manipulation, élections truquées…), mais avec une liberté de la presse assez exemplaire.
Niveau des mœurs, nous apprenons que la polygamie est interdite depuis une dizaine d’années, et que le Lévirat est une pratique courante. Cela consiste, après un décès, de confier une veuve à un frère ou un cousin, entre autre pour éviter les enfants qui naîtraient hors de la famille.


Bœuf lagunaire avec les excellentissime Sergio et Clément.
Ce dernier est Camerounais. Nos discussions nous permettent de mesurer la différence d’accueil des étrangers ici, que tu viennes d’occident ou d’un autre pays d’Afrique.
Clément nous confie sa difficulté à nouer des amitiés sincère. Le Cameroun est un pays plutôt riche, et il est aussi considéré comme un Yovo, et donc un porte monnaie sur pattes.
Pour l’anecdote, Clément est le seul africain qui a été en avance à un RdV avec nous au Bénin ;)
Au Benin, ils disent « heure de blanc » pour préciser que le rendez vous est a heure pétante, c’est dire ;)
Ici, si tu ne rappelles pas régulièrement dans la semaine, tout le monde pense que le RdV est annulé.
Si tu as rendez vous a 15h, tu appelles (a 15h) pour confirmer que tu vas bientôt partir. Dans ces cas-la, tu dis “Je suis déjà en route”
Si on t’appelle pour te demander ce que tu fous et que t’as a peine enfourche ta moto, il convient de répondre “j’arrive déjà”.
Tu as alors une à deux heures devant toi pour arriver. ;)
Il y a véritablement des choses irracontables, qu’il faut vivre ici.


Merci Sergio ;)


Dans l’imaginaire des occidentaux, et donc dans le notre avant de venir ici, l’Afrique est restée figée à ce qu’elle était il y a un siècle.
Or quand on voyage ici, quand on rencontre les gens, on se rend bien compte que c’est différent, surtout en ville. Mais ça, on ne le réalise pas avant d’être venu ici.


Le Bénin c’est aussi ET SURTOUT le berceau du culte Vaudou (ou « Vaudoun » comme on dit ici).
Par chance (existe-t-elle en ces circonstances) nous avons rencontré Sylvestre lors d’une soirée bière, pétard, musique.
Après une discussion qui se prolonge jusque très tard dans la nuit, voyant l’intérêt de Jérémie devant tout ce qui a attrait à la spiritualité du pays, Sylvestre dit :
« Pourquoi ne pas participer à un cérémonial vaudou demain avec moi » ?
« Ha bon? Chouette ! Tu es initié ? »
« Je suis un des prêtres d’une divinité dans le royaume de Porto Novo »…
Nous ne pouvions pas mieux tomber.
Voila que deux jours plus tard, avec des amis d’amis, nous arpentons un quartier de Porto Novo guides par Sylvestre à la rencontre de traditions ancestrales. (deux jours plus tard, oui, Sylvestre nous ayant fait une magnifique démonstration de prise de rendez vous, voir plus haut)


Voici la « première maison », gardienne spirituelle du quartier Lokosa, « sous l’arbre fétiche ».


C’est dans ce temple que nous vivrons notre première expérience, une « cérémonie » pour notre voyage… Une journée magique, vibrante, forte, méditative, spirituelle… et sans sacrifice (on a du insister ;) .
Ils devaient vouloir manger du poulet le soir ;)
Simple, sans atours.
« Chaque caïman a son marigot » nous dit Sylvestre, lorsqu’on lui demande pourquoi tant de Béninois colonisé par le christianisme craignent encore le vaudou…


En matière de spiritualité, chacun à ses croyances et sa vérité. Nous ne prétendons pas ici parler de manière exhaustive du vaudou, mais vous faire partager notre expérience suite à nos lectures, rencontres, visites de temples, et cérémonies.
Voici donc une petite précision concernant NOTRE EXPERIENCE du vaudou.
Nous n’en connaissions que la caricature diabolisée des films comme Indiana Jones, Les papiers de marabouts dans nos boites aux lettres, le cannibalisme, les poupées de torture, les zombies.
Jérémie avait été touché par le chamanisme d’Amérique central lors d’un précédent voyage au Mexique, et était décidé à condamner ces clichés et fantasmes, et vivre le vaudou comme une culture, une philosophie, un mode de vie harmonieux, un héritage spirituel, un art (danse, musique, médecine…). En effet, la musique et la danse font partie intégrante des rites vaudous car ils facilitent l’entrée en transe, condition pour tailler la bavette avec les esprits.
Voici les informations que nous avons glanées lors de notre séjour :
Pour simplifier, l’animisme est la croyance en une âme, force vitale reliant les êtres vivants, mais aussi les éléments naturels (comme les pierres, le vent…), et les esprits (protecteurs… ou pas).
Ces derniers ayant une influence sur « notre » monde, il est préférable de leur vouer un culte.
La recherche spirituelle et la rencontre de cette énergie vitale sont les objectifs des rites et des réflexions des croyants.
Des sacrifices d’animaux ont lieu (le sang est un fluide énergétique qui relie les êtres vivants) pour être mangés ensuite, il ne faut pas gaspiller. Les divinités sont consultées pour générer la force, la richesse, la fécondité… mais aussi la protection contre le mauvais sort, la magie noire, la maladie, la sécheresse… Ces dernières sont aussi souvent vécues comme les conséquences d’une faute.
Etendue sur toute l’Afrique, le vaudou (ou vodou, ou vaudoun) est une des versions de l’animisme dont le berceau est le Bénin.
Ça tombe bien, on y est.
Mais on le trouve jusqu’aux Brésil, aux Caraïbes… suite à la traite des esclaves, même si le temps et leur interdiction de culte et de communication en langue natale a fait évoluer cette religion.
Il y en a aussi à la Guillotière à Lyon, ou autour de la gare du nord de Paris.
Autre précision de terminologie : le fétichisme, souvent confondu avec l’animisme et le Voudou.
De ce que nous avons compris, le fétichisme n’est qu’une version idolâtrée de ces dernières, à l’aide d’objets et autres icônes, symbolisant le lien entre sacré et nature.


Il existe de nombreuses divinités plus ou moins importantes et puissantes. Dans le temple ou nous avons été invités, est célébré essentiellement Dan (serpent en langue fon), serpent symbole de l’union et la fertilité. Mais on vénère aussi Sakapa (on croit…), dieu de la terre, et Loko, arbre fétiche et arc en ciel.
Le serpent, python, est ici un animal sacré qu’il ne faut pas tuer.
Dan rentre donc en communication avec les humains en se matérialisant dans des objets inanimés de la nature, comme ici des amas de pierre et de terre.
Voila pourquoi le Vaudou est une tradition animiste.


Ça, en langage de prêtre Vaudou parlant la noix de cola couramment, ca veut dire que tout va bien pour nous. Nous voilâmes rassurés.
Nous aurions du lui demander d’être plus de précisions sur ce satané bateau susceptible de nous faire sauter le Nigeria.


Chose appréciable, il n’y a pas de dogme, et pas d’institution qui gère la religion.
Beaucoup de personnes séduites par notre société de consommation font l’amalgame avec le christianisme, qui LUI à une stratégie commerciale agressive à coups de T-shirt, de soirées concert sur la plage, de parade dans les rues !
On a entendu plusieurs fois des personnes âgées dire « Haaa, les jeunes c’est plus comme avant, ils ne respectent plus rien. »



Il ne faut pas confondre féticheur et fétichiste.
Le prêtre vodoun ouvre les portes de communication avec le monde surnaturel (ancêtres, divinités…)
Il est l’autorité spirituelle d’une famille, d’un village, d’une communauté… Jugé plus intègre, initié et sage que ses pairs aux traditions, au respect et aux valeurs, il fait aussi souvent office de juge, d’avocat, de médiateur.


Le gros tas monstrueux, là, c’est une représentation de la divinité sur laquelle on verse les offrande.
Lorsque Sylvestre, en entrant dans le temple, nous demande une participation financière pour acheter de l’huile de palme (!!), du sodabi (alcool local), et des sodas, nous pensons à une blague, destiné à couper la soif du prêtre, une manière de le remercier.
Et bien non ! Tout a été versé sur la représentation des divinités! Ce qui explique leur allure années après années d’offrandes, c’est vrai que ça vit ce machin.
Le sodabi « saoule » les ennemis, et les sucreries et autres sodas confortent les bons esprits.


Pour répondre à Allan et illustrer ces crânes d’animaux: une différence avec le chamanisme, nous dit Sylvestre, est qu’avec le Vaudou, c’est la divinité elle-même qui prend possession des individus. Alors que dans le chamanisme, seul quelques personnes initiées contactent les divinités en entrant en transe.
Encore une fois (de trop ?), on constate aussi que le culte traditionnel Vaudou est TOTALEMENT centré sur l’homme qu’il considère comme supérieur (moi, ma vie, ma richesse, ma santé, ma réussite, mes récoltes, …), alors que le chamanisme se veut, il me semble, plus « universel »
Rhaaa ces hommes alors, ils comprennent rien aux signes de maman nature ;)

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Ça, c’est une sépulture. Les aïeux demandent souvent à être enterrés dans la demeure, pour éviter que les fils ne vendent la propriété.. Personne n’a envie d’acheter une maison avec la tombe de la vieille.
En ville, ça empiète donc dans la rue quand il n’y a plus de place à l’intérieur.


Parfois, les fétiches, représentations des divinités et des ancêtres peuvent être sur le seuil, le long d’un mur, voire dans un coin, faut faire gaffe où on met les pieds.


Une demeure de zangbeto, en attendant la sortie nocturne.


« Yovo yovo – bonsoir – ça va bien – merci ».
Comptine que lancent les enfants pour nous saluer 50 fois par jour.
Le yovo c’est le Blanc. Hé oui bizarrement un blanc marchant dans les rues de Cotonou ça se repère! Les enfants ne manquent pas de le rappeler en chantant le fameux refrain « Yovo, yovo bonsoir…! » C’est mignon et ca change du “Yovo-Cado !” Des fois pour se marrer un peu, on leur renvoie la comptine en disant “noir” a la place de “blanc” : “Meoui Meoui-bonsoir-ca va bien…” les adultes sont morts de rire et les enfants ne comprennent pas toujours…
Par extension « yovotomè » est le pays des yovos et cela que l’on soit Européens, Américains ou même Asiatiques!


Nous sommes allés consultés le FA.
Au Bénin, cela ne veut pas dire aller à une réunion de la Fédération Anarchiste, mais solliciter la « géomancie », technique de divination basée sur la lecture de figures.
Rependue dans toute l’Afrique, sa version dans la culture « vaudou » s’exprime à travers le dieu LFA. Le FA est donc par abus de langage le titre du divinateur (bogonan), mais aussi le nom de la science de l’interprétation de ces combinaisons : « Là où les esprits viennent parler ».
Nous sommes donc allés « consulter le FA »
A l’aide d’une question formulée à voix basse ou haute, le FA apporte une ou plusieurs réponses en décodant la position des pierres lancées sur le sol.


Sylvestre fait plein de choses dans la vie, et entre autre, il joue et enseigne la musique dans un centre culturel à Cotonou. Alors que nous nous retrouvons un soir pour un petit « échange musical » informel et sympathique autour d’un repas, il nous joue une de ses compositions, puis nous propose de le rejoindre le lendemain au centre musical pour enregistrer sa mélodie, avec nous et nos accordéons en « guest », dans leur studio. Cool, ça nous fait super plaisir, lui aussi.
Après plusieurs mois passés au contact des africains de l’ouest, nous étions relativement préparés à ce qui nous attendait pour cette séance d’enregistrement, mais quand même… quand même…
Un grand moment d’organisation à l’africaine, récit par Claire :
16h : On arrive.
16h30 : On s’y met déjà.
Ils disposent quand même de pas mal de matériel, c’est cool, on me propose même une clarinette !! J’accepte !
16h45 : Ah non, on me reprend la clarinette, y a une répète dans une autre salle.
16h50 : “Allez, on enregistre ?” Oula… ça devient sérieux. (Alors que tout le monde envisage de sortir les micros, les tables de mixages… j’insiste un peu pour qu’on ne sorte pas tout ce tralala dont personne ne sait se servir, et finalement on utilisera mon petit enregistreur numérique, moins pro, mais bien plus simple !)
17h10 : Après plusieurs prises : « Et si on s’accordait ? »
17h20 : Sylvestre pose sa guitare sèche et décide de prendre plutôt une guitare électrique.
Au même moment, dix personnes rentrent dans le studio, comme ça. Rooo bah ça tombe bien, ça manquait pas un peu de percussions ce morceau ?
17h35 : Ah ! C’est le moment de clarifier la grille : non Serge, les accords à cet endroit ça fait bien Sol Maj – La min.
“Rooo mais fallait le dire !”
17h45 : Oulà !! Faut se ré accorder, hein ? (il reste dix minutes, je craque et je les accorde un par un. Et l’autre qui me sort : « ben fallait le dire que tu savais faire ! »)
17h50 La dernière prise, sans doute la moins bonne : trop de monde dans la pièce, les guitares se désaccordent, les esprits s’énervent, le morceau qui se (dé)compose presque en temps réel…
Tout le monde est un peu déçu, mais sentant que la situation pourrait se prolonger qu’au matin, nous restons fermes quant à notre horaire et nous quittons le centre, après plein de remerciements et de félicitations.

Bref, une expérience béninoise qui traduit un sentiment que nous avons ici : un manque de réalisme, d’estimation du temps nécessaire à accomplir une tâche, ainsi qu’une manière de considérer des compétences différente de la notre… Nous sommes définitivement plus stressés par le temps qui passe, et avons une forte exigence immédiate due à notre volonté de rentabilité et d’optimisation des forces en présence…
Des histoires comme celle la, les expats qui travaillent ici peuvent vous en raconter des tonnes. Dans le travail, c’est souvent source d’incompréhension voire d’énervement, mais à raconter, c’est fou rire garanti…

A méditer.


Voici l’un des trois Centre Songhai du pays. Ferme modèle emblématique de l’agriculture, pisciculture et de l’élevage en Afrique de l’ouest, c’est un lieu de production, de recherche et de développement en agriculture dite “durable”.
Il y est propose bien sûr des visites, mais surtout de la formation (le centre accueille et forme une soixantaine d’étudiants, sur une durée de deux ans et demi). La vision d’une production “modèle” est assez impressionnante par sa globalité, il s’agit avant tout d’un lieu de vie, la manière de produire doit donc être totalement respectueuse de l’environnement.


Le maître mot ici est « valorisation ». Tout est utilisé, de l’ombre du palmier pour garder les escargots à l’abri du vent, jusqu’à la moindre fiente, intégré dans un circuit écologique qui associe aussi l’homme et ses habitations, ses besoins, ses déchets…
Au cœur, près des résidences, se situe un « village » reconstitué, avec le puits, les habitations, les cultures, un système de traitement des eaux usées, le potager… afin que les étudiants comprennent comment intégrer ce schéma dans leur village, à leur sortie du centre.
Trente hectares pour apprendre à vivre écologiquement, en parfaite harmonie avec son environnement : Pisciculture, potager, agriculture, élevage, pâtisserie, cuisine, restaurant, magasin, espaces de vie, résidences étudiantes, cybercafé…
Outillage et machines agricoles à vendre.


Le coin de la pisciculture. Les poissons sont nourris par des granulés faits à partir de ce qu’on produit dans le centre, l’eau des bassins est aussi utilisée pour l’arrosage. On n’a pas encore trouvé comment récupérer la fiente des poissons mais si c’était possible, le centre nourrirait le potager avec, c’est sûr.


Un bout du potager justement : cultures sans OGM, arrosées avec de l’eau de récup’, fertilisées par du bon compost local…


Du riz ramassé et séché, puis décortiqué à la main. C’est du riz complet !


Le soja, dont ils font de la farine, de l’huile, des gâteaux… (il y a une pâtisserie dans le centre, oui oui)


L’usine de traitement des eaux usées : dans ce bassin sont recueillies les eaux des toilettes de la résidence des étudiants grâce à un système d’évacuation qui court à travers tout le centre. Ce sont les jacinthes d’eau qui font tout le boulot, et l’eau ainsi purifiée peut être réutilisée pour l’arrosage par exemple. Elle peut être filtrée une seconde fois à l’aide de pot en terre poreux, au point de la rendre potable !!!!
Un litre par heure par pot environ. Dingue.


Ici on fabrique du savon à partir des plantes cultivées dans le centre (on a oubliés lesquelles) : Aloès, carotte, concombre…
Il y a aussi des yoghourts, des plantes médicinales et 10000 autres choses exquises.


Oui, ce sont bien des batteries pleines de poules que nous voyons ici… 5 par boite de 40 cm 3, ça fait un peu moche dans le centre, mais bon on passe vite… Ces poules pondeuses sont dans ces cages pour qu’on puisse recueillir leurs œufs d’un côté et leurs fientes dessous.
La fiente est utilisée pour les poissons, pour son acide, pour les engrais naturels….


Le coin des agriculteurs, où le pesticide naturel est fabriqué à partir de feuilles de tabac.


Ici on cultive… les asticots ! ben oui pour nourrir les poissons, fertiliser les engrais…


Le méthane, obtenu par la décomposition des matières organiques. Fabriqué en divers endroits du site, il assure une partie des dépenses en électricité de l’exploitation..


Des pleurotes, cultivées sur des « bases » particulières : le bois sur lequel s’accrochent les noix du palmier. Tout est réutilisé on vous dit !

BILAN : ça fait rêver, une pareille visite ! Mais ne nous y trompons pas, Songhai reste une entreprise avec ses incohérences:
L’une des contradiction du centre, est que c’est un gouffre a finances, qui développe une certaine logique productiviste pour financer ce projet. D’ailleurs, pour attirer les financiers, riches, un hôtel climatise avec TV satellite est mis a disposition sur le site, et çi pour le coup, ça fait vraiment tache dans le décor utopique du centre.
Les élèves ont aussi du mal, en sortant de l’école, a construire des projets sur le modèle du centre car l’argent reste la cheville ouvrière de la méthode Songhai : l’investissement de départ est tout simplement trop élevé, et il y a une accommodation aux outils et moyens mis a disposition des élèves.
Seul les Béninois peuvent s’inscrire dans l’école… dommage pour les occidentaux qui aiment le woofing.

Cela est proche (mais en même temps loin géographiquement) d’un autre projet dont ou vous parlera plus loin : “credi ONG”.

Les Béninois du café d’en face ont du être mort de rire de voir Jérèm jouer trois quart d’heure avec les singes, qui finissent par se laisser approcher pour quelques photos et autres dessins que vous verrez bientôt.
Nous imaginions chez nous un japonais avec des pigeons et son appareil photo…


La pâte rouge, variante de la pâte noire ou blanche, mais avec de la tomate. C’est que ça innove ici niveau culinaire !


Ça c’est fort !
Croquis d’un axe important à Porto Novo. Flambant neuf, avec terre-plein verdoyant, trottoir… le must de la modernité ici. Commencé en deux endroits différents pour aller plus vite, voila qu’au milieu les deux chantiers ne tombent pas au même endroit.
Pas grave, tout le monde fait la chicane et dans vingt ans on la fera encore.


Sous les tropiques, l’humidité ambiante est incroyable et ne facilite pas la cicatrisation des petites blessures. On vous rassure, elles sont bénines (attention jeu de mots pourri oui, oui ).
Hé oui, on vous raconte tout ici !



Le service public de récolte des poubelles, une fois par semaine ! Il les emmène dans un terrain vague du quartier où elles seront brûlées.
On croise beaucoup d’expatriés, et quelques touristes dans la ville. Au même titre que les immigrés s’intègrent difficilement en France, on constate que beaucoup de « yovos » (blanc en langue fon) restent entre eux, presque’ un peu comme dans une diaspora.
« Sisisi, je côtoie des africains ! A mon travail, et j’ai ma cuisinière, mon gardien… »
Nous avons rencontré de nombreuses familles françaises vivant en Afrique de l’Ouest qui allègent leur vie quotidienne avec des aides à domicile. Avoir deux gardiens en rotation, et deux aides à la maison (cuisine/course et nettoyage/lessive) est monnaie courante.
On se sent toujours un peu bizarre dans ces situations, de voir des noirs travailler dans les maisons des blancs, voire d’en profiter parce que nous sommes hébergés chez quelqu’un (pour la lessive, la vaisselle…).
D’ailleurs on peut avancer plein d’arguments dans les deux sens :
- C’est un travail tout aussi respectable qu’un autre / C’est jamais très valorisant de nettoyer le linge des autres.
- C’est contribuer à l’économie locale, je crée un salaire / ça entretient l’image du blanc riche.
- C’est une façon de gagner sa vie, des blancs le font aussi / En l’occurrence là c’est que des noirs qui font ça
- Les Africains sont cool, ils adorent dépanner les autres / C’est abuser de leur sens de l’entraide
- T’es mal vu par les africain du quartier si t’emploie pas quelqu’un chez toi, espèce de gros radin / …
Des femmes de ménage il y en a plein en France et ça ne nous choque pas. Mais la clairement ce qui dérange, c’est le fait qu’elle soit “noire”…ça réveille un vieux sentiment de culpabilité mal place, n’est-ce pas ?

Et nous, si nous étions amenés à vivre au Bénin, que ferions nous ? …


On a complètement l’impression que l’histoire du pays (que ce soit la traite négrière ou plus généralement tous les faits historiques qui ont fait le Bénin actuel) n’a que bien peu d’intérêt pour les africains de l’Ouest.
La mémoire du passé ou la projection dans l’avenir semble être des comportements quasiment inexistants.
Seul compte le présent. A l’évocation de notre passé de marchands d’hommes, plusieurs nous ont répondu : “laissons ça, ce sont nos ancêtres, c’est pas nous”
Nous n’accordons qu’un petit paragraphe à cette impression générale, mais il faut dire que ça s’applique à beaucoup plus de choses de la vie de tous les jours, et ceci poussé à l’extrême.
La vendeuse de légumes peut t’enfler d’une somme dérisoire un jour, sans se préoccuper de la fidélité du client. Elle va préférer gagner 100 FCFA sur le coup (15 ct d’euros, le prix de deux bananes), malgré ta surprise, ton mécontentement et ton avertissement que tu ne reviendras plus, mais ça ne fait rien. Demain est un autre jour. Et aujourd’hui, elle a 100Frs CFA.
Si la personne a une petite somme d’argent, elle va commencer un projet de construction (gigantesque), épuiser ses ressources à faire 4 murs, et laisser en plan le bâtiment pendant 20 ans par manque de prévisionnel.
Les hôtels et les maisons en chantiers sont foison, et nous sommes atterrés devant le manque de réalisme de nos interlocuteurs.
Certain salaires sont même donnés par semaine, car tout est littéralement bouffé sur place.
L’avenir n’a pas véritablement sa place dans les choix de la vie. C’est complètement bouleversant par moment pour nous de constater des comportements incohérent aux retombées désastreuses pour une famille, mais l’inexistence de la projection dans l’avenir doit avoir comme effet bénéfice de diminuer le stress des gens d’ici.


Voici ce que nous mangeons le plus souvent en bord de route. Pour 300 CFA (45 cts d’euros), on a un plat de riz avec sauce piment (beaucoup de piment), un œuf (très cuit ;) et une sauce légume avec de l’oseille (qui t’arrache la peau de la bouche et te fait pleurer les yeux).
Mais ça Jérèm en réclame, car l’oseille, sorte d’épinard, fixe le fer dans le sang, et c’est bon pour les végétariens.


La circulation incessante et bruyante de Cotonou t’incite à trouver un coin calme à la terrasse d’un « maquis », les bars-restos débordant dans la rue. Souvent animés de discussions sur le cours du monde (discussions auxquelles nous sommes parfois conviés), c’est l’occasion d’en apprendre un max tout en rigolant et en buvant un peu. Des endroits par exemple où nous avons senti les Béninois plus discrets et réfléchis que les peuples rencontrés plus au nord.
Ici il s’agit d’un maquis près de chez Solène qui nous a hébergés à Cotonou, sur la plage. Le chef de famille s’appelle Bonaventure, belle augure!
On ne repart pas sans la photo de famille, que nous promettons de mettre sur le site, c’est chose faite!


Je me demande bien pourquoi on paie une assurance qui nous coûte les yeux de la tête ?


Dans la série « Jérèm soude ce qu’il veut », voici un joli protège-dérailleur à l’africaine.
« Bientôt, j’irai sur la lune avec mon biclou! »


On n’en avait jamais pris en photo, mais on croise ENORMEMENT en Afrique de l’Ouest des t-shirts qui cassent la baraque (Obama), persuadés qu’étant noir, il agit en leur faveur.
S’ils savaient…



Plus rares, les t-shirts à l’effigie de Mouamar Khadafi. Lorsque je demande à cette dame si je peux prendre une photo (qu’elle accorde fièrement en levant le poing en l’air), elle se fait insulter par un passant. Une discussion animée commence. En effet, de nombreux africains sont fascinés par sa politique indépendantiste vis-à-vis de l’occident… On peut, d’une certaine manière, comprendre cet argument. Le souci est qu’il éclipse totalement le reste. Leur parler de dictature, de tirs ordonnés sur ses propres civils…ce sont des arguments vains.


« Coto-trou » comme disent les Béninois ici (illustration d’un trait local sur la faculté des Béninois à se moquer de tout)
Particularité notable, Cotonou est au bord de l’Océan, et du Lac Nokoué. C’est d’ailleurs vers la lagune qu’elle est le plus tournée.
Comme le lac a une tendance fâcheuse à déborder en saison des pluies, des quartiers entiers de Cotonou sont régulièrement inondés et impraticables. De plus, Cotonou est sous le niveau de la mer. La géographie est ainsi faite, rendant la traversée de Cotonou sportive. (Moi ca me rappelle le cross des écoles, au mois d’octobre)
Les égouts, les ruisseaux.. tout se mélange, avec les gens qui sont bien obliges de se déplacer. C’est un merdier sans nom.


Constant !!! Voici le seul africain cyclo-voyageur que nous ayons croisé !
Il entreprend différents voyages à biclou qu’il raconte ici :
www.lebeninavelo.com
Il nous a invité à une émission radio ou il parle de son futur périple cet été. D’ailleurs Constant cherche des compagnons-cyclistes, n’hésitez pas a le contacter si vous voulez pédaler au Bénin, il est super !!!


Lors de l’entretien, on se rend compte que nous partageons avec Constant les mêmes heurts face à l’incompréhension des gens concernant notre voyage EN VELO. Le tourisme est un loisir pour nous, une notion souvent étrangère pour nos interlocuteurs qui ne voient vraiment pas en quoi leur pays et leur culture peuvent avoir un quelconque intérêt…
Un truc incroyable : les enfants lui courent après en l’appelant “Yovo ! Yovo !“ et lui : “Mais je suis pas un Yovo !!!”
C’est un comportement de blanc, donc on l’appelle comme les blancs !


Partout on trouve des établissements de brochette avec du pain, un brasero, des boites de sardines, de la salade, du riz, des pâtes.
Voici le genre d’étalage que porte à bout de bras des milliers de familles dans les grandes villes. Mais le rôle social va bien au delà du rôle économique. Lieu de rencontre ou naissent des minis-forums politiques, des cabinets de psychanalyse, et pour peut qu’il y ait une télé, un lieu d’apprentissage.
Ici il s’agit d’une famille de Côte d’Ivoire.
Dans l’ordre de gauche a droite :
 elle nettoie
 elle épluche des morceaux d’igname
 elle, elle fout rien ;)
 debout elle cuit de la sauce pour aller avec l’igname
 derrière, ça papote, et la dernière femme au fond à droite en jaune pile les morceaux d’ignames avec un peu d’eau. Ça donne un plat délicieux, l’igname pile, ou “foufou” ou “foutou” selon le pays, qu’on mange avec une sauce (pimentee bien sur) dans laquelle baignent des morceaux de fromages peuls. Mmmmmm mama miaaaa !!!


Elle est belle la France, avec son “Aide au développement”.
Nous avons envie de dénoncer à travers ce reportage un constat sur ce que certains appellent le « mal-développement ».
La situation en Afrique et les actions des ONG relèvent de l’urgence. Hors l’urgence est par essence une logique libérale : les actions agissent sur la souffrance humaine brute, mais pas du tout sur le mal socio-économique en lui-même, car il faut des résultats rapides pour continuer à émouvoir le public, montrer des faits récents, et continuer à avoir des fonds.
Devant ce constat, les ONG et autres mouvements dits « humanitaires » ont du mal à corriger leurs actions, car ouvrir les yeux sur ce paradoxe reviendrait à reconnaître 50 ans d’erreurs.

Le problème du développement “véritable” est freiné par l’urgence libérale des interventions immédiates. Car l’urgence ne peut faire bon ménage avec le “Développement”… Le “Développement” c’est un gros business. Il y a d’ailleurs des études pour ça, des écoles de “Développement”, des masters de “Développement” … c’est une entreprise qui roule, le “Développement”. Pas rond, certes, mais suffisamment pour rapporter des sous à qui maîtrise bien le concept.

Et puis, il y a la corruption, quasiment inévitable. Les politiques sont un immense obstacle à l’égalité entre les citoyens du monde. Les effets pervers des actions humanitaires et les manipulations de ces projets ont entraîné une système de corruption généralisé à tel point qu’il est considéré comme normal. Les exemples suivent.
L’égoïsme des états, l’intérêt des politiciens n’est évidemment pas partagé par les bénévoles de base des associations humanitaires qui sont pétris de bonne volonté, mais entretenus par eux à leurs dépends. Les ONG qui veulent rester intègres ici sont hors la loi, sinon elles participent au profit des élus en espérant des retombées sur les populations qu’elles aident.

Voici pour étayer notre critique quelques exemples concrets recueillis auprès de bénévoles que nous avons croises sur notre chemin.
Il existe un phénomène dans les ministères appelles “les missions”.
Solène et Sophie vous en écriraient un livre. Une mission est un travail réalisé en dehors de la capitale. Il est rémunéré 45 000 CFA (70 euros ) par jour de mission pour un fonctionnaire normal (moins pour un chauffeur, plus pour un responsable), alors que le SMIC est a 30 000 CFA PAR MOIS !!! Quelle indécence !
Le sport national consiste donc a s’arranger et s’inventer des missions. Au passage, tu donnes 10 000 CFA a celui qui signe les ordres, et tout le monde a sa part.
Une mission est considérée comme telle lorsqu’elle se situe a plus de 40 km de la capitale. Ainsi, les hôtels/conférence sont étrangement a 42 ou 43 km de la capitale. Et comme c’est loin (43 km, faut dire…) faut bien compter 3 jours de mission et dormir sur place !
C’est ainsi que des sommes gigantesques pour des projets sont volatilisées aux dépends de la population.
Comme les frais doivent être signes par les autorités de la ville hôte qui confirme la distance avec la capitale, ce sont parfois des voitures VIDES qui font le trajet, juste pour ramener la signature. Un petit billet au passage, la voiture revient avec la signature, les sous tombent dans la poche.

Mais d’ou viennent ces sous ?????
Il faut aussi savoir qu’au Bénin, les projets ne se font que si 70% sont des investisseurs sont étrangers. De toute manière, les 30 % restant sont soit payes par les investisseurs du précèdent projet dont le crédit n’a pas été épuisé, soit ils retombent avec le système de “mission” dans la poche des responsables.

Vous en voulez encore ? Les réunions ici sont payées. Alors si une ONG veut avoir un bon bilan auprès de ses financeurs, ou dans son pays d’origine, il faut qu’elle rémunère les participants, sinon elle a personne à ses réunions ou conférences.
C’est ainsi que les Unicef, Handicap International, USAID et de manière générale “toutes” les ONG ont une grosse partie de leurs projets qui servent à graisser les fonctionnaires. Comme en fin de réunion ça fait toujours un peu moche de réclamer ses sous, on parle pudiquement de “modalités de départ”, ou de la nécessite “d’intéresser les participants”, de “motiver ceux qui se sont déplaces”…
Nombreuses sont les personnes bien placées pour accorder des signatures, qui ne font que des réunions préparatoires, encaissent leurs 50 000 cfa pour leur présence, et déclarent ensuite ne pas être intéresses par le projet. Mais les ONG s’en moquent un peu, car elles ont eu 20, 30, 50 personnes importantes qui montrent leur “intérêt” pour le projet.
C’est bon pour les stats.

Tu veux un droit de construire une école, un puits ? Tu corromps.
Un hôpital, une maternité ? Tu corromps.
Pour chaque construction, il faut la signature des élus, tu paies.
Plusieurs bureaux d’architectes qui valident, tu paies.
Et ainsi de suite …

Tu veux être enseignant ou instit ? Pas de concours (ou à peine), tu paies ton diplôme. Plus tu paies cher, plus tu arrives dans un poste ou à ton tour, comme spécialiste, tu exigeras d’être payé pour rentabiliser la somme investie dans ton diplôme.

Vous l’aurez compris, tous sont acteurs d’un système vicié par la corruption.
Et les bénévoles d’associations, les salaries locaux ou occidentaux, par un projet pourtant louable, participent malgré eux à ce cercle auto-entretenu.
“On déchante en venant découvrir la réalité ici” nous confie-t-on. “ On véhicule des valeurs qui ne sont pas les nôtres”
Évidemment à la fin il y a un puits dans un village. Mais a quel prix ?
Vu la main d’oeuvre locale, ça coûte pas grand chose, la construction d’un puits… Par contre combien se sont sucrés au passage ?

Et que dire de tous ces “chantiers” de jeunes occidentaux qui viennent pour des vacances solidaires ? Au mieux on soulage sa conscience, au pire on entretient cette image du Français qui vient véhiculer malgré lui ce qui fait la “Francafrique”, et provoquant au passage un réflexe de main tendu vers les fonds étrangers, une plaie dont beaucoup de projets en coopération avec les populations locales se passeraient bien.…
Un véritable engagement nécessite temps, réflexion, et vie sur place AVANT de s’engager.
Il faut bien comprendre les besoins, les difficultés d’ici, mais SURTOUT les rouages de cette machinerie bien huilée qui pervertie les projets.
Et puis, la première question a se poser est peut-être : ont-ils réellement besoin de nous ? Nous on n’a jamais été autant persuades du contraire. Et vous savez pourquoi ? Et bien parce que les gens que nous rencontrons ici sont heureux. C’est aussi bête que ça. Ils sont heureux, et qui plus est, ils sont capables de l’être sans nous. Quand bien même la vie en Afrique de l’Ouest peut nous paraître difficile, acceptons que notre intervention n’est pas forcement pertinente.
Bien sur, la construction d’équipements sanitaires ou éducatifs, la formation, peuvent permettre aux populations de vivre plus confortablement, il n’est pas question dans nos propos de laisser des populations dans la souffrance, mais il faut être bien conscient que des projets de développement sont souvent des projections de notre société, que les africains rêvent de notre société, et que le fait que ce soit le blanc (le blanc qui a l’argent) qui incite à ces projets fausse complètement la donne. L’aide au développement, avec un peu de lucidité, c’est aussi un prétexte bien pratique qui permet de façonner en douce l’Afrique à notre manière de “faire” le monde.

Il existe en parallèle à ces missions post-colonialistes des projets intéressants de rencontre de population, de sauvegarde d’espèces (non, l’africain, n’est pas une espèce ;) etc… On en a rencontre TRES PEU, et avec des budgets ridicules. C’est le cas de Credi ONG dont on reparle plus tard.
Ils ont rencontré beaucoup de problèmes pour avoir des droits de construction, de développement, car… ils ne graissent pas les pattes. Ils n’ont donc pas de signatures…

Allez, on en met une dernière couche.
Les blancs qui gèrent les ONG sont carrément surpayés, sur assurés, sur-arbitrés. Les parcs de 4×4 sont impressionnants, tout est payé par l’AFD, l’Aide Française au développement (développement mon c…), l’USAID et autres profiteurs de la générosité de payeurs. Les gouvernements des pays riches concèdent des sommes COLOSSALES à ces ONGs, sachant pertinemment dans quelles poches tombent les sous, pour se refaire une santé géopolitique.
Évidemment il faut épuiser des budgets avant échéance pour être sur qu’ils soient renouvelés, et payer des bureaux d’analyse à “vérifier” la fin d’un projet pour satisfaire les bailleurs.

Beuuurk… nous, ça nous reste encore sur le bide…


Prenons un peu de hauteur, après toutes ces choses “graves”.
Voila le trajet réalisé en 10 mois, entre les deux capsules rouges.
On ne le croit pas nous même ;) Maman, tu regardes, hein ?


Petite intrusion “vue du toit” dans une concession traditionnelle. Voila comment la majorité des familles vivent dans les quartiers populaires de Cotonou.


Pour en revenir aux zems et autres motos, ils arrivent en pièces détachées d’Asie, et c’est dans un bout de garage qu’ils se montent, comme un gros legos, avant d’être vendus tout beaux tout neufs dans le magasin.
C’est bien les legos, même les enfants jouent…


Une fois ce gros jouet monte, on peut y jouer en famille !


Le records (mais j’avais pas mon appareil photooooo !) c’est 6 personnes sur la 125, une famille au retour de la plage.
Morts de rire, dans l’ordre en commencent par l’avant :
- Un bébé assis sur le guidon
- Son grand frère collé à lui (en même temps ils sont tous tout collés)
- Le père qui conduit avec les deux gamins entre les bras
- La grande fille compressée
- La mère …
…comme il se doit avec un bébé dans le dos !

Rajoutez la glacière de 20 litres que tient la maman et le tableau est complet.


Voici Prosper, zem d’un jour, qui a promis d’apprendre à se servir du net pour se voir sur notre site. Prosper si tu nous lis…

Hop voici une photo qui n’a rien à faire la car elle a été prise au Burkina, mais on avait oublie de la mettre et elle est rigolote.
Voici quelques folies animalières qui font le folklore des routes d’Afrique de l’Ouest: bikers en armure à plumes (elles sont toutes vivantes, et lui ne craint pas de s’envoler.), charrette tractée par un âne qui suit la ligne blanche du milieu de la route, troupeau de chèvres poil au vent ficelé sur le toit d’un bus de voyageurs au milieu des caisses de farine, des vélos et des meubles…
Parce que tout est permis ici, sauf le stress.


Les sandales font des siennes. Après avoir marche de nuit dans quelques flaques d’eau, Jérèm trouve un petit bricoleur ouvert.

KIKADIKOI ? (Monique, c’est pour toi)
 » Ton problème en fait, c’est que t’arrives pas à faire coïncider le moment où tu es propre avec tes fringues propres. »


Alors la, mention “excellent” avec félicitation du jury Claire et Jérémie.
CREDI-ONG est sans doute le meilleur projet humanito-communautario-écolo-fantastique que nous ayons rencontre dans toute l’Afrique de l’Ouest.
Cette visite envoie un bon péte dans le vernis du Centre Songhai dont on parle plus haut. Alors que le Centre Songhai est une entreprise, la ferme de CREDI-ONG est un outil de recherche sur la biodiversité.
En gros, ce projet est une ferme-école qui essaye de remplir trois missions :

  • L’aquaculture entretenir la faune saccagée par l’expansion de Cotonou, et l’agriculture pour se réapproprier les connaissances, les terres, les semences…
  • La formation et l’éducation pour les agriculteurs du coin, mais aussi les chasseurs, les habitants du village d’à côté…
  • La protection de l’environnement de manière générale en intégrant le projet dans une vision globale de tout plein de paramètres.

Le “peuple Tofin” ( maîtres de l’eau) connaissent de grandes difficultés a cause de la pollution, le matériel plus performant qui entraîne la surpêche… Les familles n’arrivent plus à vivre de la pêche et les jeunes préfèrent faire “zem” à Cotonou, les ressources disparaissent, les savoirs traditionnels aussi…
Partant de ce constat, l’association essaie de maintenir un certain equilibre dans cet écosystème, fait de l’enseignement pour l’élevage de poissons dans cette réserve naturelle très fragile de part sa proximité avec la capitale.

Il n’existe aucune filière d’étude pour ce genre d’activité, les embûches sont donc nombreuses : aspect foncier, recrutement de personnel qualifie, peu de pisciculteurs pour les échanges, problèmes d’approvisionnement en alevins et autres poissons, problème d’écoulement des produits… C’est suite à ce questionnement récurrent que Martial, Méryas et Damien décidèrent de changer de cap. Ils laissèrent ainsi tomber leur volonté d’entreprenariat pour s’orienter vers la vie associative donnant du même coup naissance à CREDI-ONG, de manière plus indépendante et autosuffisante.
Une des principales différences avec le Centre Songhai dont on parle plus haut est qu’ici pas de gros moyens, rien que de la bonne volonté ! Les étangs ont été creuses a la force des bras, la ferme utilise beaucoup de matériel de récupération, sans eau courante ni électricité, ils sont volontairement dans les mêmes conditions que les paysans indépendant. Ça les rend d’autant plus crédibles auprès de ces derniers qui voient dans la ferme un vrai soutien.
Ça ressemble au jeu vidéo Sim City, si vous voyez.

Sans eau, sans électricité, mais avec beaucoup d’huile de coude: http://www.credi-ong.org/
C’est bon, mangez-en.


Durant nos 3 jours passés là bas, il a plu pas mal. Mais ce n’était pas désagréable, au contraire. Cela amplifiait une sorte de communion avec la nature…


C’est quoi ces boules dans les arbres ?


La demeure du tisserin chasseur, en dessin plus bas.


Voici une partie des bassins pour la pisciculture. La ou d’autres creusent au tractopelle, ici tout a été fait à la main de l’homme!


On apprend que sur le plan de l’incohérence, l’état est capable du pire. Comme par exemple recréer des parcs et des réserves dans des zones ou les habitants avaient été chasses, alors qu’ils incarnaient la parfaite harmonie de vie avec leur environnement.


Vue aérienne depuis l’observatoire.
2000 espèces vivent sur la surface du projet , et on trouve aussi pleins de plantes médicinales, pleins d’animaux.


Bienvenu, de son prénom, nous apprend mille et une choses sur ce petit paradis qu’ils ont construit.
Quel homme ce Bienvenu ! Quelle science, quelle culture, quelle sagesse… Un passionne !


Bienvenu a renoncé à la tradition vaudou, nous explique-t-il. En partie à cause des esprits mauvais et des sacrifices exiges pour les calmer (en résumant un max quand même). Du coup il s’est tourne d’un bloc vers le christianisme…
Comme plusieurs nous l’ont dit, ils “aiment le message de Jésus, l’amour de son prochain”. Un message relativement absent de leurs religions traditionnelles.
Si seulement…


Les soirées, sans électricité, se poursuivent jusque tard avec les bénévoles, les permanents, les curieux de passage comme nous.
Un des délices que l’on réapprend lorsqu’il n’y a pas l’électricité. La lueur de la bougie calme les esprits, favorise l’écoute, on chuchote, on chuchote.



Petite balade nocturne à la recherche des petits bruits, et des grenouilles.


Un des crocos de la ferme, qui sera bientôt remis en liberté. Les chasseurs sont mis a contribution dans le projet de musée à l’entrée du site : alors que ces derniers ont toujours chasse pour manger, ils sont maintenant payes en échange du bestiau qu’ils ont capturé. Le musée garde l’animal quelques temps pour les touristes, puis le relâche en échange d’un autre, etc…


Ce python, c’est la peluche locale…


La pluie s’arrête, en route avec la troupe pour se balader a 10 km de la, dans un des villages semi lacustre.

Il existe plusieurs villages lacustres. Le plus célèbre, Gan vie, sorte de Venise de l’Afrique, que nous avons n’avons pas eu envie de visiter : pollution, corruption, certes involontaire mais existante, et surtout déculturation…pour les peuples indigènes, le tourisme est aussi dévastateur qu’il parait inoffensif. Depuis la création d’un chenal vers l’océan, entre autre pour attirer les touristes, l’équilibre de l’écosystème est menacé car l’eau douce se mêle à l’eau salée. Le développement du village a augmente la qualité du matériel de pêche entraînant une surpêche qui déséquilibre l’éco-systeme. Les « habitants de l’eau » abandonnent les fabrications traditionnelles en bambous et lianes tressées pour du béton plus durable… mais ô combien inesthétique.
Mais ces villages sont tellement atypiques et beaux, qu’ils attirent le touriste, parfois en masse.
Entièrement construit sur pilotis, tout se passe comme sur la terre ferme : le village est quadrillé en « rues », quartiers et marchés auxquels on accède en pirogue. Le taxi est aussi en pirogue. Le jours de marche, tu circules de pirogue en pirogue, toi même en pirogue.
Hélas, le système de tri des déchets est rudimentaire, un système de collecte des ordure en barque pas super efficace…


Nous sommes au village de Kinto. Les premières familles sont arrivées en fuyant la guerre de succession du Nigeria, il y a 3 siècles. Ici, ils étaient cachés et protégés par la nature, et proches d’une source d’eau. Plus exactement c’est Kinto Agué – “Rivière du poisson terre ferme” en langue aiso.

La c’est un peu la fin du docu-reportage. On commence a avoir la flemme de tout raconter, alors regardez les images et essayez de comprendre à quoi tout ça peut servir dans ce village.





Allez on vous aide un peu. Dans ce village en bord de rivière, les crues sont nombreuses. Alors les maisons sont sur des pilotis.


(Photo de Romain)

Cette construction est en fait un grenier.



(Photo de Romain)


On voit le niveau d’eau de l’année précédente.

Les divinités veillent…


(Photo de Romain)




(Photo de Romain)



Un cochon et une chèvre naine. Il y en a plein ici, sur leurs petites papattes, et elles sont toutes aussi débiles que leurs cousines françaises ou marocaines.

Bienvenu continue de nous expliquer pleins de trucs, notamment en traversant un bout de foret primaire. La classe. Y a des feuilles partout, des bruits mouilles, des bêtes qui rampent et de l’obscurité. Bienvenu nous expliquons que normalement, dans une foret primaire, tu ne peux pas voir le ciel.




Voila comment poussent les ananas. C’est bizarre, hein ? Par contre on les a goûtés, c’est de la tuerie.


En reprenant les vélos pour rentrer sur Cotonou, voila qu’une voyageuse veut faire un bout de chemin…
Gloups.


La saison des pluies on vous a dit.


Alors on fait les derniers kilomètres en taxi. Courageux un peu, téméraire un peu moins, on se met au sec. En même temps la route qui ramène a Cotonou est une horreur de circulation, d’asphalte, de trous et d’égouts débordants.


« Il est 18h Temps Universel 20h à Paris, 19h à Cotonou c’est le rappel des titres sur RFI »
Dans toute l’Afrique de l’Ouest, RFI remplace France Inter, et la moitie des oreilles de la ville sont rivées sur les actualités (tiens, on aurait pu aussi écrire : “la moitie des postes radios de la ville gueulent RFI dans tous les coins”). Dans la rue, dans les restaurants, dans la poche du gardien … partout on se tient au courant des résultats du foot, de la situation en cote d’Ivoire, des politiciens français…
C’est aussi autour de ces postes en pleine rue que débutent des discussions plus qu’animées, sur la politique du
président Yayi Boni par exemple, pour faire local.
Là où ça fait du bien, c’est qu’on se rend compte que l’actualité ce n’est pas seulement ce qui se passe en Europe et aux USA!


Jérémie avait entendu que le boss de coca voulait que n’importe où sur terre où se porte le regard d’un homme, l’enseigne Coca soit visible. On n’en est pas loin.


Après la consommation de masse, le dogme religieux :
Les « chrétiens célestes » est l’une des nombreuses sectes qui rivalisent avec les croyances traditionnelles. Sa mission est simple : combattre le « mal vaudou ».
Elles sont très nombreuses ici, avec leurs stratégies offensives, leurs meetings sur la plage, leurs distributions de t-shirts.. et surtout la promesse rapide de résoudre les problèmes socio-économiques des gens.
Témoins de Jéhovah, Baptistes, Assemblée de Dieu, Pentecôtistes, Christianisme céleste… à coups de fêtes, de concerts, de déambulations de gens heureux chantant dans la rue… Faut dire qu’au Togo et au Bénin, ils sont assez décomplexés sur ce plan la. Tu affiches ouvertement et de la manière la plus criante ta foi, et si au passage tu peux prouver à ton prochain qu’il devrait rejoindre ton groupe, t’as tout gagné !
On a assisté à un mini-show sur la plage de Cotonou… des jeunes de vingt ans faisaient une démonstration avec un ampli plante dans le sable et un micro pour cinq :
D’abord on parle avec force de sa foi, le micro passe dans les mains et quelques un témoignent de leur chemin vers dieu. Ensuite vient le moment du “show”: un des garçons explique qu’ils vont jouer une pièce de théâtre, avec un en blanc qui fait Jésus, un autre en noir qui fait le diable, et les filles qui font les “gens normaux”.
Musique ! (Les filles se mettent place et commencent une chorégraphie.)
On voit le jésus et le diable s’approcher, Jésus se fait refouler à trois reprises par les filles qui une a une se laissent tenter par le diable, les sottes. (Le petit groupe de promeneurs suit attentivement, faut dire que nous aussi on était assez fascinés). Les filles finissent bien sur par avoir des ennuis avec le diable qui les maltraite (là, la musique s’arrête par ce que un type s’est assis sur l’ampli), une des trois fille finit par chercher Jésus qui est en fait toujours resté près d’elle et ne l’a jamais abandonnée, (la musique est réparée) les deux autres suivent et Jésus leur pardonne. On est partis à ce moment la. On ne sait pas la fin.


Allez, Jerem’ endosse sa tenue d’afriquaquarelliste.




Allez, il est temps de vous présenter Solène, car on squatte chez elle a Cotonou depuis le départ, ça fait 3 semaines tout de même (on lui a dit au départ que ce ne serait que pour quelques jours, Pfff elle a tout gobé ! ;) et faut dire qu’on est du genre “encombrants” lorsqu’on déballe… (bon mais là sur la photo on est sur le départ… c’est normal). Elle nous a supportés sans broncher, nous a guidés à travers Cotonou en nous apprenant une foule de choses qu’on ignorait totalement (comme le prix du zem pour aller quartier Ganhi, c’est elle !) et juste pour nous faire plaisir elle s’est tapé des épisodes de séries américaines débiles qu’elle avait déjà vu en plus, ainsi que toutes les bouteilles de cacahuètes grillées-sucrées qu’on avait achetées. Ah !


Comme on a explique, par mail, par mise à jour du site, par téléphone à maman, et même sur Radio France, nous prenons finalement l’avion pour aller en Namibie. Voila, les embûches administratives auront eu raison de nous, on va au plus simple après s’être pris la tête 2 mois a chercher comment concilier : choix du pays / demande du visa / possibilité de transport / coût financier.
Tu ne peut pas trouver un bateau pour t’emmener deux pays plus loin, par contre tu trouves sans problèmes 10 avions qui feront trois fois le tour de la terre pour t’y poser. Bref…

Les joies de l’avion, c’est avant tout la pesée de tes affaires, ou comment faire passer tout ton bordel sachant que ton vélo prend a lui seul la moitie du poids autorise et que le reste explose complètement le score. C’est donc un grand moment de tri qui se déroule chez Solène, avec pesée obligatoire de chaque bidule.
Finalement, dans cette bassine, voila à peu près 12 kilos qui ne feront pas le trajet, et que nous retrouverons, en partie a notre retour en France, merci Solène. Malgré ça, nous calculons tout de même un excédent de poids d’au moins 30kg… On n’a pas le choix, on empaquette quand même et on verra bien à l’aéroport….
Hou hou commence à monter un léger stress , et c’est que le début… Notre vol partant du Ghana, il nous faut revenir “en arrière” par le Togo (route que nous avons déjà faite en vélo), puis poursuivre le long de la cote et entrer au Ghana. Ça représente une trotte de 500km que nous décidons de faire en taxi.


Sur la route qui nous emmène…


Et ben, le réveil des peuples c’est pas pour tout de suite… dans deux heures peut-être…

La encore, les choses n’ont pas été de tout repos puisqu’il a fallu négocier plusieurs taxis.
Mais ouiiiii, on ne nous la fait plus maintenant, confier notre emploi du temps a un béninois alors que nous avons des contraintes horaires relève de la folie pure et simple. Pour faire ces 500km jusqu’à l’aéroport, nous prenons deux jours, en prévoyant une petite étape à Lomé chez des amis. Le premier voyage jusqu’à Lomé se passe sans encombres, mais pour la suite, il nous est impossible de trouver un taxi qui passe la frontière Togo/Ghana. Il en faudra donc deux, s’ajoute à cela l’espèce de zone franche entre les deux frontières où se côtoient des ananas, de la bouffe en pagaille, des gens qui traînent, de animaux, des policiers, des bâtiments pleins de tampons et de billets et de la viande grillée, un dédale plein de monde dans lequel il est absolument impossible pour nous de
- remplir les formalités comme il se doit
- monter la garde près des affaires
- porter les affaires : un carton de 40 kg contenant les vélos et deux gros sacs de 20 kg chacun avec le reste des affaires, plus le sac à dos, les accordéons…

Et c’est dans ces moments de désespoir que la magie africaine opère (et que tu ravales toutes les sales paroles que tu a dites envers les africains et leur sens de l’organisation). C’est le jardinier de nos amis à Lomé qui nous prend en charge (c’est peu de le dire) en courant dans la rue nous trouver un taxi qui emmène Claire et toutes les affaires, pendant que lui et Jérémie suivent en zem. Rendez-vous à la frontière. La, après un peu d’attente et de sueur parce que les colis pèsent super lourd, trois ami du jardinier arrivent pour nous aider à passer cette frontière. Essayez d’imaginer l’air quiche qu’on a du avoir lorsque l’un des gars s’est pose les 40 kg de carton de vélo sur la tête et qu’il est passe devant nous ouvrir la route. Ils ne nous ont pas “lâchés” d’une semelle et se sont charges de nos bagages jusqu’au bout, jusqu’au dernier taxi, celui qui nous emmènerait jusqu’à l’aéroport, que le jardinier a négocie comme un chacal.

Sur le bord de la route, à un poste de contrôle de police, on a rencontré une épave.



A l’arrière ce sont des coquilles de moules…

Nous avons pris cette photo alors que notre chauffeur était en train d’essayer de récupérer sa carte grise auprès d’une flic bien zélée, motif de la confiscation : il conduisait en tongs ! (Elle avait dû nous apercevoir dans la voiture, la garce)
La carcasse, elle, passe sans problème.
Le taximan fini par débourser des billets pour pouvoir récupérer son papier, la flic est contente elle a eu ce qu’elle voulait, et on reprend la route.

Nous savons que nous n’avons pas encore fait le tour des surprises, vient maintenant l’aéroport. Après avoir pris un air des plus niais devant l’hôtesse qui nous annonce la note : 290 dollars a payer pour l’excèdent de poids de 29 kilos, Jérémie se lance dans une négociation de comptoir avec un employé, mêlant récit du voyage, sentimentalisme, preuves irréfutables de bonne foi, noyant le tout dans un anglais aussi approximatif que bavard.
Et le gars: “bon, emballez ça bien, et ça ira.”
Et là on vient d’économiser 290 dollars…


Voila le drôle d’oiseau qui va nous faire tailler dans l’Afrique et dans nos coeur… jusqu’en Namibie.
Mais ça, c’est une autre histoire que nous avons commence à écrire une fois. Plutôt que de répéter, voici en substance ce que certains lecteurs ont déjà lu dans leur boite à nimels.
Pour l’archive.
On file, l’Afrique nous attend !


Écrit le 3 Juillet 2011 à Windhoek – Namibie.

Ku do Gbada les gens ! (Bonsoir en langue Fon du Bénin)

(…)

L’Afrique de l’Ouest est maintenant derrière nous.
Nous nous sommes envolés pour la Namibie, après avoir arpenté durant deux mois la côte, du Ghana jusqu’au Bénin, sans trouver de bateaux pour nous poser sur la cote Ouest.
S’ajoute à cela la saison des pluies, le Nigeria pas très accueillant, le visa du Cameroun inaccessible de là où nous sommes, celui de l’Angola qui ne se fait plus pour les touristes, la période électorale au Congo pas très « démocratique » …
Bref, nous avons taillé dans l’Afrique et dans nos coeurs, après avoir, il faut le dire, fanfaronné devant les autres voyageurs qui traversent l’Afrique en vélo. Nous avons cédé à notre tour, et sommes arrivés en Namibie dans ce gros oiseau d’acier plein de kérosène.

Il y a plus de 10 mois, lors du premier coup de pédale, nous nous demandions quel allait être notre état d’esprit, et l’état des batteries du corps et de la tête après 3, 6, 9 mois de voyage…
On vous rassure, après presque deux mois d’encroûtage salvateur au Bénin et au Togo, nous avons une faim de lion d’en découdre avec l’asphalte, la sagesse de l’éléphant, la force du buffle et la grâce de la gazelle pour attaquer la seconde partie du voyage en direction de l’Afrique équatoriale et australe.
Namibie, Botswana, Zambie, Zimbabwe, Mozambique, Madagascar, Île de la Réunion, Comores, Tanzanie, Kenya, Éthiopie, Djibouti, Égypte?
Encore environ 11 000 km, nous sommes a la moitié du chemin.
Moment propice pour faire le bilan de notre matériel, et de mettre en ligne nos réflexions, conseils, trouvailles… pour les futurs voyageurs qui ont les rêves qui les démangent.

L’article concernant les vélos est la:

http://voyage.jeremiebt.com/01/des-nouvelles-des-velos/

Celui concernant le reste de matériel ici:

http://voyage.jeremiebt.com/01/bilan-materiel/

Nous estimons que notre poids global au départ de Lyon était de 127 kilos, vélo et remorque compris. Il était de 105 kilos à Bamako après 7 mois de voyage, une fois la remorque abandonnée.
Il est maintenant de 97 kilos à la pesée, vélos compris.
Sans les vélos, nous sommes donc passés de 87 kilos a 50 kilos en 11 mois.
Belle perf’

On a mis aussi a jour d’anciennes vidéos de la Mauritanie et du Sénégal.
Ces vidéos complètent bien les textes et les photos et transcrivent peut être plus notre impression de vivre dans un film à ciel ouvert.
Nous ne filmons pas tout bien sûr avec notre petit appareil. Les meilleurs moments ne tiennent souvent qu’à un cheveu, jaillissent dans l’instant brut. La présence d’un appareil photo alors ne serait pas génératrice des mêmes sensations, bien sûr.
Comme dit Fred, pour ceux qui sont encore au boulot, mettez au moins les tongs, prenez une bassine d’eau fraîche sous votre bureau et mettez vos pieds dedans et un fond d’écran de plage sur votre ordi, le tour est joué!
Bon visionnage !

Amitiés cyclo-africaines.
Tarzan et Jane

PS1: Petit extrait musical de nos amis cyclistes qui nous ont quitté à Cotonou:

  • http://musiccycles.wordpress.com/2011/03/22/our-great-friend-souleymane/

PS2: Le staphylo à la coque va bien, il semble ne pas avoir eu de visa pour sortir du Bénin.


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