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Écrit en Tanzanie, en novembre et décembre 2011.

Wabuka Buti !

Répondez « Kabotu !» en langue Tonga, un des 72 dialectes de Zambie).

En Zambie y’a des zens bien, ze le sais, z’en reviens !

Tel aurait pu être le titre de ce reportage.

Des montées épuisante, des descentes palpitantes, des paysages sec et jaune, un vent de face terrifiant, des rencontres revigorantes, des démontages de roues en bord de route, des camions qui frôlent mais qui coupent du vent donc on leur pardonne, des gens à  vélo qui se calent  a notre rythme, et des Zambiens.

Des Zambiens qui sont les gens les plus souriants de la terre.

Des Zambiens qui nous invitent à manger, dormir, danser, partager…

Des Zambien(nes) toutes mignonnes qui nous apprennent à cuir le N’sima.

Beaucoup le disent, la Zambie n’est pas une destination en soi, et les cyclistes qui y passent sont souvent en route pour des destinations plus lointaines (Namibie, Botswana, Malawi, Tanzanie, Mozambique…). La traversée en vélo est très monotone (voire pénible si vous avez un vent de face), surtout si comme nous vous n’avez pas des milliers d’euros pour visiter les parcs nationaux qui le parsèment.

Cette monotonie nous fait enchainer les étapes sans pauses. Le faible attrait culturel de la route que nous avons prise fait que les journées se ressemblent : Vélo avec vent de face la journée, et casses par la fatigue, plantage de tente dans la jardin d’une famille le soir. L’usure, la salissure en dit long sur la distance parcourue, et cela suffit à susciter la bienveillance des personnes croisées. Ou dormira-t-on ? Que mangera-t-on ? D’ou venons-nous ? Ou allons-nous ?

Le vélo porte dans ses bagages l’idée même du voyage.

Le plaisir de rencontrer un étranger venu de loin nous aide à communiquer avec les habitants. Peut-être plus que le marcheur potentiellement venu de la dernière station de bus ou de train, en stop ou en avion.

Les voyageurs aguerris que nous ne sommes pas encore apprennent a évaluer les rencontres, et les intentions de leur interlocuteur. Ne pas accorder trop vite de confiance pour ne pas s’exposer au danger ou à l’arnaque. En revanche, Trop de méfiance nous font certainement rater des soirées d’échanges inoubliables. Le lien qui nous lie aux rencontres de bord de route, le temps d’un repas ou d’une nuit, ne disparaît jamais complètement. Même éphémère, Il laisse une trace. À peine le souvenir d’une trace peut-être, mais il reste.

C´est surprenant comme certaines rencontres avec ces hommes et femmes extraordinaire nous marquent en très peu  de temps. Une soirée peut suffire a tirer une larme lors des séparations du lendemain. Ces « au revoir » qui veulent dire « adieu » nous pincent le cœur.

« Vous ne nous oublierez pas ?» Nous demandent-ils de leur promettre avant notre premier coup de pédale…

Nous vous proposons de rencontrer ces personnes dans notre cyclo-reportage sur la Zambie.

Grimpez sur notre porte bagage entre le Nsima et les cannes à sucre pour cette nouvelle histoire vél-ho-hisse-tique de “Jérémie et Claire vous montrent comment c’est super l’Afrique”

Merci divinement à Fred, Lili et David qui mettent en ligne nos articles  ici: http://voyage.jeremiebt.com/

Pour savoir ou nous sommes, la carte d’ »Hubert Earth » est là: http://voyage.jeremiebt.com/carte.htm

Jérémie et Claire, «Vélo, diato, crado.”

PS 1 : Si vous ne voulez plus recevoir d’emails, écrivez-nous. « Tu m’enivres » vaut mieux que « Tu m’énerves ;)

PS 2 : Pensez aussi à nous donner des nouvelles de vous… et n’oubliez pas que sur les pages vous pouvez laisser tout en bas des commentaires que nous lirons goulûment !

PS 3 : Si le temps entre deux reportages vous semble décidément trop long, des nouvelles fraiches sont régulièrement postées en première page de notre site.

PS 4 : On cherche un éditeur pour publier à notre retour un recueil de textes, d’illustrations, et de montages sonores glanés durant notre voyage. Si vous en connaissez, pensez à nous.

PS 5 : Merci aux Bequ’, aux Guev’, aux Roys, a Sabrina, a Francesca, a Gretchen, et a tous ceux qui nous ont accueillis dans leur logis.

PS 6 : Claire a rêvée de sachets de Nutella en poudre. Léger, qu’on peut emmener par paquet de 100 dans les sacoches. Claire, c’est grave.

PS 7 : NON les habitants du Zimbabwe ne sont pas les Zimbabouins.

PS 8 :  Pour l’anecdote, Jérémie a demandé à un fermier si les graines servent à nourrir les animaux. Les grand yeux abasourdis du fermier en disent long sur la réponse, ici ou les gens mangent a peine a leur faim….

PS 9 : N’oubliez pas de participer à notre grand jeu pour gagner une aquarelle. Les infos aussi sur notre site.

Notre traversé de la Zambie en chiffres :

Du 18 Aout jusqu’au 01 Octobre 2011

1309 km (12 600 depuis le départ)

45 jours dont 35 en pédalant

La plus belle étape, sans doute les hauteurs du Luangwa, même si il faut traverser 600 km de collines monotones avant.

L´étape la plus dure fut .. justement ces 600 km de vallée vallonnée.



Alors voilà, après notre brève incursion au Botswana et au Zimbabwe, finies les vacances ! La famille est rentrée en France, nos biclous, en cale a Livingstone depuis deux semaines, sont prêts a reprendre la route, objectif : traverser la Zambie en longeant la frontière sud.


« CLAIRE ! CLAIRE !! REGARDE, Y A DES CYCLOS, Y A DES CYCLOS !!! » En pleine rue, nous sautons littéralement sur Corinne et Joseba, des hardcore voyageurs. Après vingt cinq milles kilomètres réalisés en Asie, ils enchaînent avec l’Afrique (de l’Egypte au Cap), puis sans doute aussi avec l’Amérique centrale pour descendre jusqu’à Ushuaia, la pointe sud. Et après ????

Pétris de gentillesse, d’humilité et de bons conseils, nous nous croiserons plusieurs fois à Livingstone pour partager nos expériences, et s’échanger des bons plans (surtout les leurs). Leur site en est gavé.

Leur périple en Asie : www.cocovelo.blogspot.com Leur périple en Afrique: http://velobrousse.over-blog.com

CAP  NORD !


On y croit pas nous-même mais la boussole est formelle ! La pointe de l’aiguille oscille tranquillement sous les coups de pédales, tandis que notre chemin redresse le nez doucement vers le nord, direction qui devrait plus nous quitter pendant… neuf milles ? dix milles kilomètres ?? On n’a pas encore compté la distance qui nous sépare de la fin présumée du voyage….


Rupiah Banda, l’actuel président, en pleine campagne électorale. J’imagine des portraits intempestifs de Sarko en France…

Héhé certains demandent des nouvelles du tour de nos cuisses après tant de kilomètres. Voilà un exemplaire de cuisse Jeremienne durant une session d’étirements. Bon jambon, n’est-ce pas ?
Appréciez la réparation du short au passage, et ca ne fait que commencer…


C’est le matin et il faut tout rempaqueter… on n’a jamais autant range notre chambre de notre vie.


La postérité ;)


Nous étions surpris du nombre important de feux de brousse volontaires dans le reportage sur la Namibie (et en Zambie il y en a encore plus), voici le résultat quelques semaines après : une herbe verte et grasse repousse sur le sol noirci. Nous sommes impatients de voir ce que ça donne à la saison des pluies.


Une remorque faite maison. Enfin, faite voiture.



Voici à quoi ressemblent les petites villes que nous traversons régulièrement. D’environ dix milles âmes, elles nous semblent très caractéristiques de cette partie de l’Afrique anglophone : large route goudronnée, constructions basses et rectilignes, avec stores sur la rue, façades peintes aux enseignes excessives : « business center », « shopping center ».
On s’y trompe souvent : le logo et la couleur fraiche qui tapissent le mur extérieur d’une boutique est en fait celui de l’entreprise qui lui a « offert » le ravalement de façade… (souvent un des deux opérateur téléphonique zambien). On passe donc des villes toutes de rouge et blanc vêtues, ou bleu et jaune (le concurrent !).

PS: Kikadikoi ?”You can you put ici”.

Décidément, les pays afranglophone n’améliorent pas notre apprentissage de la langue de Noam Chomski

Quelques habitants fiers d’afficher leur favori pour les élections de la semaine suivante.



De Livingstone à Lusaka, ce sont cinq cents kilomètres d’une monotonie terrifiante qui nous attendent. C’est plat, c’est la fin de la saison sèche donc tout est mort ou presque, c’est un gros axe avec des camions.
Une seule photo donc en une semaine de parcours (on vous fait grâce des autres).


Nous sommes donc bien heureux de la quitter pour une vingtaine de kilomètres de piste, petit crochet qui nous permet d’aller passer quelques jours avec ….

les Guev’.

Vague origine d’une copine d’un copain de Jerem qui a un fils qui connaît des gens qui ont déménages en Zambie. Bin, c’est eux: les « Guèv’ » comme on les appelle ici, a Chikuni.

Chikuni est ce qu’on appelle une « Mission ». C’est aussi le nom du village. En gros pour faire simple, se sont regroupés la une paroisse, un hôpital, un système d’enseignement, tout ca fonctionnant grâce a la présence et la coopération de volontaires occidentaux et de Zambien. Autour de cette mission a poussé le village, et tout semble se développer : le collège jésuite est très répute, l’hôpital accueille du monde des alentours…
Du coup ce gros village est plante complètement au milieu de nulle part, mais la qualité de vie y est plutôt nettement supérieure a ce qu’on croise dans notre quotidien zambien… Ça nous saute aux yeux dès les premiers mètres : tout le monde nous salue dans un bon anglais, il y a des fleurs qui poussent juste pour faire joli, des petits aménagements (trois fois rien) mais qui font la différence, comme placer trois cailloux autour d’un arbre en guise de banc, les maisons sont bien agencées, des petites bordures le long de la voie… enfin bref, ça sent la présence de l’homme occidental. Il y a même un petit musée a Chikuni et (comble de la surprise) un équivalent de vie culturelle-associative.

Une rencontre assez inédite pour nous qui nous a ouvert plusieurs champs de réflexion.
C’est une famille française qui nous héberge. Aline et Samuel sont tous deux médecins, volontaires en mission pour deux ans à Chikuni. Pour nous qui avions un peu côtoyé le milieu des expatries français en Afrique de l’ouest, l’expérience d’Aline et Samuel nous intrigue beaucoup. Les pauvres ;) se sont soumis de bonne grâce a toutes les questions dont nous les avons assommes jusqu’à une heure avancée de la nuit : leur ressenti ici, leur travail, leurs craintes, leur foi, leur vie de famille…

Samuel prendra du temps sur son travail pour nous offrir une visite de l’hôpital, son lieu de travail. Ce moment nous a marqué fortement. Le matériel froid et sophistique n’étant pas là pour détourner ou atténuer les émotions qui abondent dans ce genre d’endroit, nous recevons avec force et humilité les regards d’une famille en visite, le sourire d’une patiente alitée, le salut enjoue de la cuisinière, ou la chaleureuse poignée de main du collègue.
C’est la première fois que nous avons un aperçu de la vie des africains sous l’angle de la santé/médecine, nous qui ne faisons que « passer » dans des foyers ou ces sujets ne sont jamais abordés. Question de pudeur ? de fatalisme ? de philosophie ? d’ignorance ? Nos convictions s’en trouvent forcément un peu ébranlées, notre regard sur la vie et notre monde aussi.

Samuel explique son métier avec passion.

Quand on vit ici, ce n’est pas simple de parler de sexualité, de SIDA, de MST… Information, sensibilisation, lutte contre les idées fausses, enseignements de règles d’hygiène… et faire reculer la maladie. Malgré la gratuite, et l’anonymat, énormément de personnes ne franchissent pas la porte de l’hôpital. Car tant que tu ne sais pas si tu es séropositif, tu ne l’es pas vraiment … Oser le dépistage est un acte difficile, très difficile. Ne pas savoir, c’est ne pas l’avoir.

Les plus pauvres ne pouvant s’offrir des moustiquaires, l’hôpital en met a disposition. Des campagnes sont lancées, visant à mobiliser les villageois afin de diminuer les zones de proliférations de moustiques, en drainant les eaux usées, fauchant les herbes hautes aux abords des maisons…

Pour l’anecdote, en Europe ou joue « a chat » ou « au loup». Ici on joue…. « au moustique »

Nous repartirons de Chikuni avec plein d’énergie (plein de nouvelles adresses aussi pour la suite du voyage), et une promesse de rester en contact, surtout après leur retour à Lyon…

Le lendemain, nous atterrissons chez ̈́’les Beq´, amis des Guev’, qui eux aussi nous ont magistralement accueillis, avec des confitures, du pain, des jus, pâtes/lasagnes, yaourt, fromage, pâte à tartiner, pâte à tarte, crème fraiche, vinaigre, céréales du petit déjeuner …  TOUT FAIT MAISON !!!!!

Et avec leurs petits bouts de choux, eux aussi faits-maison :)

Ça valait bien une réparation de la clarinette de Damien :) ))) et son premier cours depuis 10 ans.

Nous retrouvons dans ces familles qui nous ont accueillis nos repères de français. De la musique a écouter, une bibliothèque, des toilettes ou on peut s’assoir, une cuisine pour cuisiner… et des Français pour parler Français. Convaincus que le bonheur ne construit pas dans la matérialisme, nous admettons tout de même que durant nos deux ans de vagabondage, ouvrir un robinet et voir de l’eau couler est TRÈS agréable.

Des petits symboles de richesse dont nous prenons d’autant plus conscience maintenant.

La saison des pluies approche, alors… on casse des cailloux pour tapisser la route et favoriser le drainage de l’eau.

« Je vais te le péter ce moustoc, je te jure je vais le péter ! »

Jérem – 4 heure du mat’

Les Zambiens sont de grands amateurs de la petite reine. Ils ont tout compris. Nous en croisons des dizaines par jour, de tous âges : Maman et bébé, papy revenant avec des cannes à sucre, bambin sur un biclou  trop grand pour lui, grand frère qui livre les sacs de 50 kg de farine de maïs pour le N’sima, le cousin qui livre le charbon…

Et tenez-vous bien, le tout sur leur bécane à pignon fixe !



Monze, une ville de taille moyenne : marche, train, barbershop, resto…


Dans les champs de canne a sucre…
Nous sommes encore sur la route qui nous emmène a Lusaka, grande et loooongue nationale.


Hop, deux aquarelles. Une ou Jerem’ a enfin mis la couleur alors qu’elle avait été entamée au Burkina Faso, la seconde, un peu de mémoire après une halte au marché de Choma.


Celui qui nous explique comment ce caillou a été emmené la, a droit à nos félicitations.


Le voyage à vélo, creuset d’expérimentations, nous forme à la conception du yaourt.
Bin oui, il fait 30 degrés, la température d’une yaourtière, alors égoutte un peu de lait fermenté, le temps d’une nuit, à travers le torchon de Henri (celui-là même des chutes Victoria) et on attend le lendemain.


Bon, c’est pas du yaourt mais plutôt du fromage.
Ail, fines herbes, poivre, et hop, on tartine ça sur notre pain de mie.

Un régal.


Une fabrique de pilons sur le bord de la route. On aimerait bien en ramener un, mais…. comment dire…

LUSAKA : LESS TAXES, MORE JOB, AND MORE MONEY IN YOUR POCKET !

Lusaka.

La capitale.

Et voilà caca beurk le moment tant attendu depuis… ouf, cinq cents kilomètres ! L’arrivée en capitale, promenade toujours aussi agréable. Ça pue tellement que vous pouvez même le voir sur la photo. En plus faut remettre le casque (on s’est fait avoir une fois par ces flics zèles…)

Les huttes cèdent la place aux shopping centers. Dix nouvelles voitures sont mises en circulation chaque jour dans cette ville de 2 millions d’habitants. Rupiah Banda sourit sur les affichettes, les élections présidentielles se profilent pour le mois prochain.

Lusaka nous avale peu à peu, déroulant les affiches publicitaires, les grands magasins et les bâtiments modernes des grosses compagnies. Quel tourbillon de voitures, de camions et de bruit auxquels nous échappions depuis plusieurs milliers de kilomètres.

Retour au monde de la consommation, de l’anonymat des villes, des piscines dans de luxueuses maison protégées par des barrières électriques, des supermarchés…

L’effet de ce retour brutal dans la modernité de nantis fait appréhender, peut-être pour la première fois pour Jérémie, le retour prochain en Europe.

A midi, on se rend dans un fast food pizza qui  offre un panel de produits varies dans des vitrines réfrigérées. Apres plusieurs semaines de tomate-riz-banane on cède à la tentation de la diversité.

On passe commande après avoir fait la queue. On est servi en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

            ça fait X kwachas.

            Pardon?  Ha oui, heu.. tenez l’argent.

            Au suivant…

Nous ne sommes plus habitués.

Bon histoire de ne pas cracher sur tout non plus, reconnaissons que nous avons été divinement accueillis par Sabrina et ses bon petits plats, et que y a rien  faire, une salle de bain propre avec de l’eau courante nous régénère pour un mois !

Évènement : Claire (qui s’est fait chier au-delà du possible sur ces derniers kilomètres) craque et s’achète un lecteur mp3.


Nous sommes en pleine période électorale, les parades dans les rues battent leur plein. A coups de banderoles, de chars, d’affiches, de casquettes et de haut-parleur, chacun conte la gloire de son favori.
On vous avoue que malgré une grande curiosité de notre part, on n’est pas arrivés, en un mois sur place, à dresser les grandes lignes du programme des trois  principaux challengers, à part  « plus de travail, plus de pognon ».


Ce sera « Sata » l’heureux élu. On adore son slogan « Less taxes, more job, and more money in your pocket ».

Ça ne s’invente pas.

Nous ne savons pas grand-chose de Sata, le vainqueur des élections.
D’après Marie et Guillaume, deux Français qui vivent en famille et chez qui nous avons séjourné, Sata serait un politicien populiste flirtant avec l’extrême droite. Des propos haineux envers les Indiens et les Chinois qu’il veut expulser lui ont valu quelques émeutes dans les quartiers immigrés des grandes villes du pays.

D’après les familles Zambiennes avec qui nous avons discutés, ils semblent tous contents d’avoir un nouveau président. Non pas qu’ils soient persuadés qu’il soit meilleur, mais qu’au moins c’est la preuve que le peuple peut sanctionner le précédent.

Chose assez remarquable, la passation de pouvoir s’est fait dans le calme (excepté la clameur des « vainqueurs »), et les observateurs internationaux félicitent le respect des chiffres des urnes.

Manda Hill, la galerie commerciale, est comme une verrue sur un visage difforme, un autre monde.

Un monde que nous connaissons bien, nous autre européens, et qui arrive ici avec son lot de conséquences néfastes. La ‘classe moyenne’ et l’individualisme grandissent au dépend de la solidarité traditionnelle. Les jeunes Zambiens en manques de repères sont confrontés a une dualité contradictoire: le respect des valeurs traditionnelles et  l’identité Africaine, avec la séduction de la culture occidentale et le besoin d’appartenir à ce nouveau monde en pleine mutation.

De manière générale et pas seulement dans les capitales, l’accès au confort moderne semble de toute évidence passer par le pouvoir d’achat (cf les slogans électoraux…). Véritables temples dédies au culte de la consommation, les centre commerciaux « à l’occidentale » représentent le top de la modernité en ville. Ils sont neufs, brillants, modernes, tu te sens neuf brillant et moderne aussi quand tu passes devant les vitrines éclairées de la galerie marchande climatisée. Et peu importe que le parking soit prévu pour mille bagnoles et pas un vélo, peu importe que Lusaka souffre de pannes de courants quotidiennement, on oublie que les escalators et les ascenseurs fonctionne à l’électricité, peu importe qu’il n’y ait pas un seul resto qui propose un truc local… L’important est que tu sois dans l’éblouissement le plus total et que les billets t’en tombent des mains. Car le message est clair : le confort s’achète.
Voilà un modèle qui vient de chez nous… et qui fait fureur en Afrique. La société de consommation a encore de beaux jours devant elle…

Car de : « travailler pour gagner du confort »

Nous sommes passés a : « travailler pour gagner de l’argent… et avec mon argent j’achète du confort »

La différence c’est que dans la première option, je vais sans doute devoir travailler de manière diverse, effectuer des taches variées qui dépendent du type de confort que je veux obtenir. C’est sans doute plus dure, je ne reçois pas d’argent mais je m’en passe puisque mon travail me fournit directement ce dont j’ai besoin.

Dans la deuxième option, l’objectif étant d’obtenir de l’argent, la relation au travail, la compréhension même du mot « travail » est fondamentalement différente. L’activité est plus vécue comme une corvée quelconque dont on s’acquitte, que comme quelque chose d’épanouissant ou d’enrichissant (au sens intellectuel). Et le problème en particulier ici, c’est qu’une fois l’argent en main, la société de consommation fait suffisamment tourner la tête des africains pour qu’ils oublient quelques priorités, plus trop importantes en occident, mais parfois fondamentales ici.

Bien sûr, il faut aussi de l’argent en poche. On ne peut pas tout faire de ses mains, il existe des spécialités, des corps de métier, des urgences de la vie qui nécessitent de l’argent. Et puis c’est aussi une liberté que de pouvoir acheter ce qui fait envie. Mais ce qui fait peur, c’est la perte d’autonomie (surtout alimentaire) qui se cache derrière le rêve du pouvoir d’achat.

Dans le concret de nos rencontres ça peut donner ca :

-          En Namibie : un garçon chez qui on passe la nuit. Autour de sa case, des champs de maïs, de mil, abandonnes. Il ne sait pas s’en occuper, la tradition s’est « perdue » avec ses grands-parents. Il a besoin d’argent pour aller en ville au magasin s’acheter le paquet de mil. . Il attend toute la journée se tournant les pouces alors qu’une terre fertile est à portée de râteau..

-          Au Mali : plusieurs personnes rient de nous voir acheter les haricots du marché. Alors que tout le monde ici achète des boites ! C’est moderne, occidental, forcément meilleur ! Et que dire de ces gros enfoirés de chez Nestlé qui ont fait des ravages avec leurs pub pour le lait en poudre « meilleurs » que le lait de maman.

-          Au Togo : ce garçon qui plaçait tous ses espoirs dans l’acquisition d’un ordinateur portable (qu’il voulait qu’on lui offre au passage) pendant que sa jeune femme et son bébé se partagent un huit mètre carré sans fenêtres. L’ordinateur va leur changer la vie, c’est sûr…

-          En Namibie toujours : Lucas (un volontaire Roumain) profite de la gratuité de l’eau de son village pour faire un bon potager. Tous les jours des africains viennent lui demander des tomates gratos. Il refuse mais propose des graines (gratos) et une formation (gratos) pour leur apprendre à faire tout pousser comme lui. Personne ne vient jamais à ses formations, ni même ne prend ses graines. Mais tous les jours, on vient lui redemander des tomates.

-          .En Zambie : le monsieur chez qui on passe la nuit nous montre avec fierté la cuisine qu’il construit pour sa femme. Il fait tout lui-même puisque comme il nous l’explique : il faut payer les porteurs de bois, la fabrication des briques… il n’a pas d’argent alors il préfère faire tout lui-même ! Il nous quitte rapidement car il a « du pain sur la planche -      »… Le foyer amélioré de sa femme permet d’économiser du bois et évite la déforestation de la forêt alentour, le grain est isole du sol et des rongeurs, il fait même du compost. Autant de bon sens et de savoir-faire qui disparaissent…

-          En Afrique de l’ouest en général : la dame qui tient le bouiboui dans lequel tu manges. Tu lui dis que c’est très bon, elle s’en fout. Tu lui dis que c’est dégueulasse, elle s’en fout aussi. Du moment qu’elle empoche ses deux cents FCFA.

-          En Afrique de l’ouest encore : ce gardien de maison que les propriétaires paient toutes les deux semaines et pas tous les mois. Sinon l’argent est dépensé en rien de temps.

-          De manière générale, ce qu’on entend souvent : « chez nous ici, il n’y a pas de travail. Chez vous, en France, il y a du travail. » (comprendre : des patrons, des employés, et une fiche de paie).

…On en passe, des exemples comme ceux-là on en a des tonnes. Mais vous aurez compris pourquoi nous voyons ces hypermarchés rutilants d’un œil méfiant…

On quittera Lusaka sans trop de regrets.

DES HAUTS ET DES BAS DANS LA VALLÉE DU LUANGWA.

Cette vallée est historiquement célèbre pour être un des premiers itinéraires établis par les Arabes et les Portugais il y a plusieurs siècles. En quête d’or, d’ivoire et d’esclaves, la circulation dans la vallée s’intensifia en direction du Mozambique et de Zanzibar, accélérée encore par la fuite des tribus du sud a cause de l’écrasement Zoulou… Puis vinrent les expéditions Anglaises qui marquent le début de l’exploitation de la région au profit de l’Europe (et au détriment des populations locales).

Ah oui, et en 2011, deux cyclistes français, Claire et Jérémie, sont passés là aussi.

Nouvel épisode de  «Les folles aventures rocambolesques des pots de fleurs de Claire et Jérémie »

En vélo, on a le pied vert !

Toujours sur notre cyclo-laboratoire, on se décide à faire pousser des plantes aromatiques. La menthe et le basilic (sur le vélo de Jerem) n’ont pas tenu, mais le tournesol (sur le vélo de Claire) se porte pas mal du tout.

Nous quittons Lusaka la capitale, et nous engageons pour cinq cent nouveaux kilomètres dans la vallée du Luangwa. Ca va être long, mais nous avons quelques contacts le long de la route, et surtout Claire se branche directe la tête au mp3.

Vieux motard que jamais !

Spéciale dédicace à nos deux bikers de pères !

François et Tania sont partis d’Afrique du Sud pour relier le Caire en moto, en 4 mois. Croisés sur le bord du chemin, c’est l’occasion de parler de nos expériences respectives. Ils nous confient qu’eux aussi se sont retrouvés face à une certaine incompréhension de leurs proches. Pourquoi vous partez ? Pourquoi en Afrique ? Pourquoi abandonner son confort et son travail ?

Nous qui étions persuadés que les bienfaits universels et la richesse du voyage étaient partagés par tous…

Ils avaient pensé partir en vélo. Mais la peur et la méconnaissance de ce moyen de transport les ont incités à prendre la moto. Ils nous remercient de leur montrer que cela est possible, et que c’est aussi simple que de partir motorisé. Ils se promettent un jour un voyage avec la petite reine, pourquoi pas la Namibie pour commencer.

Leur site : crossingafrica.co.za

Ils étaient charmants et complètement émerveillés de notre tranquillité. Faut dire que la dame mangeait son pique-nique en tenue devant sa moto quand on lui a dit : «  tttt… attends, on va se poser tous les quatre, installer la nappe, et sortir les tupper (on leur a sorti le grand jeu), et on les a achevé avec un petit morceau de musique. Ca les a dé-speedé un peu avant de reprendre la route vers le prochain camp-site. Aaaah ces gens motorisés…


Couchsurfing, encore et toujours, avec sur le porte-bagage arrière Gretchen, volontaire américaine  épatante qui vit dans une case en bouse de zébu paumée dans la brousse. Aaaah ces Peace Corps…

Sur ces mille kilomètres de nationale à travers le pays, nous n’avons pu faire aucune nuit en camping sauvage. Il y a du monde de partout, et donc nous avons planté la tente systématiquement près d’une maison avec l’accord de la famille.

Nous nous sommes surpris à être tellement fatigués, que moins réceptifs, moins patients, moins disponibles, nous n’avons pas réellement fait honneur à nos hôtes. « Merci, on est fatigués, bonne nuit, a demain » s’excuse-t-on dès 19h, la nuit tombée et la tente installée.

Par contre, le plus souvent fort heureusement,  c’est complètement l’inverse.

Nous avons enchaîné plusieurs soirs de suite des soirées réellement merveilleuses. Il suffit d’un rien, d’une maman un peu curieuse, d’un papy rigolard, et la soirée bascule jusque tard dans la nuit autour du feu.

Nous profitons jusqu’au bout de cette immersion au cœur de leur vie, avec nos quelques notions de Nyenja. Quand on ne sait pas, on dessine dans le sable pour se faire comprendre, on répond à leurs questions sur les mœurs occidentales, sur le football, Zidane, notre président… On leur retourne la question, on apprend à cuisiner leur fameux N’sima. C’est une pâte de mais agrémenté d’une sauce aux légumes que nous ne connaissons pas en Europe, un peu comme des épinards.

Quelle surprise expriment-ils lorsque Jérémie commence à cuisiner…

Sujet tabou, au sens strict du terme, on ne parle jamais du Sida, qui pourtant fait des ravages. Un instit nous a demandé une seule fois si ça existe chez nous. On parle de la capote, de la fidélité… Ils sont très attentifs, et rigolent beaucoup lorsque nous abordons les thèmes de la laïcité, l’homosexualité, la vie de célibataire, le divorce… des choses inconcevables ici.

Quelle humilité nous avons perçu chez les Zambiens !

C’est palpable à chaque rencontre. Paisibles, profondément pacifistes, attentifs, curieux, souriants, décomplexés… Nous avons enchaînés tellement de rencontres de la même teneur, que ces traits de caractère nous ont profondément touchés. Ça a dû être une partie de plaisir que de coloniser ce pays, tant ils ont une capacité à s’exécuter et à se résigner aux choses.

En une soirée, beaucoup d’affection se tisse entre nous.


Un tapis en patchwork de trucs.

HAWAYOU ! HAWAYOU !

Hawayou ! Hawayou ! Crient les enfants à notre approche.

On suppose que ça veut dire soit bonjour dans leur langue, soit « Le blanc », soit….

Nous comprenons enfin qu’il s’agit du « How are you ? » en Anglais.

Kikadikoi ?
« - La route, tu crois que c’est celle-là ? »

« - J’en sais rien ! »

Quelques natures mortes inspirées de la visite du musée de culture Tonga de Chikuni.

Nous quittons Gretchen, et la fille de la voisine (donc voisine elle-même) nous guide à travers brousse pour un raccourci qui nous évite une bonne grimpette.


Ya pas à dire. Le goudron ça roule plus vite, mais qu’est-ce que c’est moche !


Petit resto pour se ravitailler avant la nuit. Au menu : pate de maïs et légumes verts. On ne le sait pas encore, mais on n’a pas fini d’en manger…


Il est médecin traditionnel, n’a pas voulu boire dans la bouteille qu’on lui tendait (« hygiene is very important, you know ») et nous a tracé grave sur la route. Il a beau nous dire qu’il fait cent kilomètres ce jour, on a du mal à le croire, tant nous on a galéré dans les collines. Pourtant… c’est bien lui qu’on recroise quelques jours plus tard en sens inverse. Il rentre à Lusaka.



Hou houuu… voilà qui nous a ruiné la pause de la journée. Il a fait une chaleur à crever, on est cuits dans notre jus, les collines n’en finissent pas, et ces connes de mouchettes ne trouvent rien d’autre à faire que de venir se suicider dans nos narines, nos trous d’oreille ou le coin des yeux.

On peste, ou louche, on gesticule… On se repose quelques secondes quand le vent écarte les malotrues, ou on craque et on ré-enfourche le vélo pour atteindre la vitesse stratégique de quatorze  km/h au-delà de laquelle tu lâches le pelotons siffleur.

Ça nous était déjà arrivé une fois au Burkina, on avait dû installer la moustiquaire en plein champs, tellement c’était pas possible de manger, de parler, ou de se reposer. T’ouvres un orifice, tu soulèves un bras, y en a dix qui s’y jettent.

Dans les sept plaies de l’Afrique on met en 1 : la mouchette.


C’est bien un baobab !


KIKADIKOI ? « Tu crois que je renforce mon système immunitaire en mangeant ça ? »

PETITE SOCIOLOGIE A L’USAGE DES NON SOCIOLOGUES.

Les discussions avec nos hôtes francophones nous permettent de creuser un peu plus ce phénomène dont nous avons déjà parlé dans nos reportages : La Lenteur.

Le fait que tous les occidentaux que nous rencontrons en voyage butent sur ce point  nous interpelle. Nos échanges d’expériences face à cette lenteur dérivent  facilement vers le jugement hâtif et caricatural (et on avoue qu’on adore en rigoler), mais nous nous efforçons aussi de chercher à voir au-delà de cette impression d’illogisme et d’inefficacité. La preuve avec cette magnifique étude sociologique de comptoir que nous vous proposons dans ce paragraphe.

Nos récentes analyses incriminent les conséquences de la situation «  de survie » dans laquelle grandissent ces gens que nous rencontrons. « En situation de survie, la prise d’initiative n’est pas valorisée », nous explique Aline, installée depuis plus longtemps que nous ici. Nous comprenons que c’est une inconsciente prise de risque pour soi, mais pour tout le groupe dont chacun est solidaire. Alors qu’on nous a inculqué le devoir de faire « mieux que son père », ici, le bon comportement est de faire « comme son père ». Deux bases inébranlables qui nous forgent dans une éducation radicalement différente.

L’individualisme grandissant avec la télé et la société de consommation qui entre par la grande porte dans les chaumières (les cases, pardon) Zambienne, déstructure considérablement les familles.

La « prise d’autonomie », preuve de courage et d’ambition en occident, isole ici les membres d’une famille, casse des fratries, et crée des conflits intergénérationnels.

Leur situation de survie et d’urgence constante explique…. Beaucoup de choses.

Un lecteur inconnu de notre site et qui habite en Afrique, nous a écrit :

« Nous sommes sacrément conditionnés. Le voyage permet, et c’ est peut-être sa plus grande vertu, de se déconnecter de cela et la plus grande erreur que la colonisation ait faite est d’ avoir considéré que la vraie forme du bonheur c’ était la notre et qu’ il fallait la transposer ! Pas possible ! Et négatif. »

A l’unanimité, nous élisons le peuple Zambien le plus souriant qu’il nous ait été donné de rencontrer.

A notre approche, les visages s’illuminent d’un large sourire, un encouragement, un signe de la main, surtout quand nous les saluons en Nyanja ou en Tonga. Ça nous change de la Namibie, où les conséquences de l’apartheid rendaient les villageois plus hostile à notre encontre.

Notre anglais imparfait nous rapproche des Zambien. Nous discutons ainsi à armes égales, chacun avec une langue qui n’est pas la sienne.

En Afrique de l’ouest, notre parfaite maîtrise du Français nous donnait nécessairement un statut de supériorité, de « celui qui sait ». Nous faisions des phrases simples, comme l’on parle à un enfant, en « petite nègre » justement. Nous étions gênés de cette attitude nécessaire pour nous faire comprendre.




A droite de la rive, c’est le Mozambique.


Qu’on ne s’étonne pas qu’ils raflent les médailles au 10 000 mètres, les Zambiens !!!


Signe évident qu’on se rapproche d’un point d’eau… Ouf ! De quoi renouveler l’eau des bouteilles !


Gagné !

Quelque chose qu’on a appris au fil du temps : quand tu cherches de l’eau, un forage, une pompe, un puits n’importe quoi, demande toujours aux femmes. Les hommes installés sous l’ombre du manguier se concertent, réfléchissent un doigt sur les lèvres, se tournent vers la maison, et finissent par t’envoyer dans une direction au pif.


L’homme dans l’effort contre le vent qui n’en finit pas de souffler, et la colline qui n’en finit pas de monter !

Mais le plus fort c’est qu’il arrive malgré ça à regarder d’un œil la route et de l’autre l’appareil photo !

Le vent siffle. Il est insupportable et nous rend dingue, comme un acouphène dans les oreilles.

Il peut souffler ce foutu vent de face, le cyclo ne croit qu’en ses jambes pour le mener à bon port. Il pousse sur les pédales sans relâche.  Les kilomètres s’enchainent, la fatigue gagne et le soleil tombe.

On parle Chinyenja depuis 600 km. Nyenja qui veut dire « les gens du fleuve…)

Après neuf jours de pédalage forcé dans les montagnes du Luangwa, nous avons pris de l’altitude et nous nous rapprochons de  la frontière. Mais aujourd’hui encore, Eol ne veut pas nous laisser avancer. Ce même vent de face qui nous fouette le visage depuis Rundu, depuis deux mille kilomètres ! Nous sommes pris au piège de cette longue route rectiligne, plein est, face aux bourrasques qui redoublent, maintenant que nous avons pris de la hauteur. Nous sommes chahutés de tout bord comme une barcasse. Ne nous reste plus qu’à établir une stratégie de progression, s’alternant l’un l’autre pour que celui de derrière soit abrité des vagues invisibles, changer de côté de route pour se rapprocher des arbres…

Pendant ce temps, la durée de notre visa expire. Il faut avancer.

Et puis… des montagnes se profilent. Pas bien hautes, mais elles vont vallonner notre route durant les prochains deux cents kilomètres.  On craque, on peste, on s’énerve, on imagine les trente kilomètres journalier supplémentaires qu’on pourrait parcourir si il n’y avait pas de vent. On n’ose imaginer avec un vent de dos (c’est interdit de penser à ça)…

Nous capitulons à de nombreuses reprises, on en vient à regretter de remonter l’Afrique par ce chemin, et nous nous disons que nous aurions peut-être dû faire le périple en sens inverse.

Fort heureusement, les Zambiens (et les zambiennes) sur le bord de la route ont le plus chaleureux sourire du monde. Les encouragements et les soirées passées avec les familles du bord de la route sont parmi les plus belles.


Miiiiiince, on a raté la quinte à un kilomètre près !


Enfin, les cannes à sucre sont prêtes ! Régal assuré ! Du bon susucre en vrai. De quoi donner plein d’énergie, Les africains n’arrêtent pas d’en bouffer, les bords de la route sont jonches de bouts de canne mâchouillés et recrachés.


Nos bâtons de canne solidement attachés devant le tableau de bord.


La femme blanche à une situation sociale difficile comparée à son homologue noire…


Le t-shirt, gorgé de sel devant l’effort de ces jours, accuse le coup.


Ça y est, les germes poussent ! C’est que le climat est bon sous la selle de Jérémie… On va se régaler en salade !
Mathias, on sait, c’est du poids superflu, mais ça allège dans la tête ! 9878

Lui a perdu les élections, mais comme plein de gens ici, il fait la fête avec le camp des ‘vainqueurs’.

Née dans le village, Sina, la fille en noir sur la photo, est partie construire sa case a quelque kilomètres d’ici. Elle a une vie simple depuis qu’elle a dû revenir s’occuper de sa maman (à droite) après le décès du père,

En partant elle nous lance «  Vous ne nous oublierez pas, hein ? »

« Prenez une photo. Pour le souvenir »

Elle nous accompagne jusqu’au puits pour que l’on charge nos bidons. On se serre la main. On se regarde une dernière fois, et on se dit « au revoir » qui sonne comme « a jamais », et on continue notre vie de parcoureurs de route.

On a le cœur gros, on ne dit rien pendant plusieurs kilomètres, mais on pense la même chose.

On a l’impression d’abandonner cette famille qui nous a si bien reçus.

Cela fait plusieurs fois cette semaine que nous éprouvons ce sentiment.

Il est incroyable de constater que malgré les di  x milles kilomètres qui nous séparent, nos mode de vie et nos langues différentes… Nous pourrions nouer une amitié.

Nous avons beaucoup de respect et d’empathie pour ces familles, pour l’enfance et la vie rurale difficile qu’ils ont du mener ici.

Arrivés la veille à la tombée de la nuit, le feu  ne nous a pas permis de découvrir le visage de ces gens qui nous nourrissent d’un si bon n’chima. Nous montrons la carte de notre parcours, à eux qui ont un sens de la géographie africaine un peu incomplet. Alors c’est l’instituteur, jeune, qui vient aider pour les questions et les traductions. On montre les photos de nos familles que nous avons avec nous.

Les zambiens sont décidément des personnes pleine d’humanisme et d’humour.

Nous nous demandons quelles traces nous laissons dans la mémoire de ces personnes.

Comment une rencontre si courte peut-elle nous serrer autant la gorge ?

Arriveront-ils a construire le toit avant la saison des pluies ? Le petit ira-t-il à l’école secondaire dix kilomètres plus loin ? Trouvera-t-elle un mari alors qu’elle a déjà un enfant non reconnu ?

Ses enfants ont-ils le VIH ?

Tant de questions sans réponses que nous ressassons sur nos vélos.


Le vent ne nous a pas lâchés d’une semelle pendant cette traversée de la vallée du Luangwa ! Regardez l’orientation des arbres si vous n’êtes pas convaincus…


Des bananes naines, pour un petit dej de géant !

Avec des flocons d’avoine, énergie garantie.


Allez Claire, pousse, on arrive presque !


La photo n’est pas de nous, car on n’avait pas notre appareil photo. Juste pour vous dire que la production de coton est en Zambie l’un des principaux produits d’exportation.

Le pays est aussi connu pour sa production de cuivre, et le commerce odieux qui règne autour de celui-ci. « A qui profite le cuivre ? » est un excellent reportage qui nous en apprend long sur le pillage d’un pays à l’échelle internationale : suite à la chute du prix du cuivre, le FMI, dans sa mansuétude, incite le pays à privatiser. Glencore, la multinationale, met la Zambie à terre. Depuis l’état touche sa part, mais pas le peuple. L’extraction est devenue chimique, très polluante, sans gros besoin de main d’œuvre.

En tant que français, c’est une partie de notre argent public, celui qui part dans la fameuse aide des états étrangers dans le cadre de leur politique d’aide au développement, qui finance.
Voici la présentation du reportage, extraite du site internet de France 5 :
L’enquête de France 5 révèle au grand jour les agissements frauduleux de la multinationale Glencore en Zambie : Glencore vient d’entrer à la Bourse de Londres.

Mardi 24 mai, la multinationale suisse Glencore a fait son entrée à la bourse de Londres. Pour les financiers, l’événement était de taille, de ceux qui font les Unes de la presse économique. Il faut dire que cette introduction en bourse est la plus importante réalisée par une entreprise en 2011, et que Glencore pèse son poids de dollars. Environ 60 milliards. Bien sûr, il y a l’envers du décor mais ça, vous n’en trouverez pas une ligne dans les documents financiers remis par la multinationale pour attirer les investisseurs, et pas beaucoup plus dans les journaux économiques, trop occuper à vanter à coup de superlatifs la réussite attendue de cette « formidable » opération.

[Les deux réalisatrices de France 5] nous ramènent des images qui racontent comment, grâce à un système d’évasion fiscale élaborée, la plus puissante société de négoce de matières premières au monde exploite à son profit quasi exclusif le cuivre zambien, ne laissant au gouvernement que des miettes de bénéfices et aux populations locales une pollution massive de l’air et des sous-sols.

L’exploitation des gisements miniers des pays du Sud par les multinationales du Nord dans des conditions plus que contestables n’est ni une découverte, ni le seul fait de Glencore. Mais « Zambie, à qui profite le cuivre ? » a l’immense mérite de décortiquer très clairement tous les rouages de cette exploitation et ses conséquences économiques, sociales et environnementales. Il nous rappelle aussi la nécessité de ne pas subir sans réagir, et de ne jamais céder à la résignation.

En s’introduisant en bourse, Glencore, réputée pour son opacité dans les milieux économiques, s’oblige à un exercice de transparence financière minimale. Les investisseurs semblent se contenter des chiffres qui leur ont été donnés, puisque cette entrée en bourse est promise au succès. On est cependant en droit de ne pas s’arrêter à ces chiffres et d’aller voir ce qui se cache derrière. En droit de rappeler qu’en France, Glencore avait fermé en 2003, sans préavis ni plan social, l’usine Metaleurop de Noyelle-Godault, laissant sur le carreau 830 salariés et un site industriel considéré comme le plus pollué de l’hexagone. En droit enfin de se demander s’il est bien du rôle de BNP-Paribas de figurer dans le pool bancaire qui fourgue des actions d’une multinationale contre laquelle cinq ONG ont porté plainte pour fraude fiscale massive.`

Zambie, à qui profite le cuivre ?

http://kamotominingproject.blogspot.com/2011/06/zambie-qui-profite-le-cuivre-glencore.html


Des nuages !!!!!
On vous jure, pour nous, ça fait de l’effet en fin de saison sèche.
Bon ça veut aussi dire qu’il y a du vent.

Eux, qu’est-ce qu’ils nous ont fait marrer ! La grand mère aux allures de clown,  la maman qui n’en rate pas une pour se marrer…

Entre deux parties de jardinage, on fait une pause photo.

Ils sont tous un peu éleveur et cultivateurs. Ils ont tous un cousin ou un oncle chauffeur qui aide tout le monde, ils attendent tous la saison des pluies. Ils entretiennent tous le grand parent restant. Dans presque toutes les familles que nous avons rencontrées, les enfants vont massivement à l’école jusqu’à 12 voire 15 ans.

Ils ont tous une maison à moitié construite, ils ont tous le sourire aux lèvres et semblent heureux de l’existence.

Les familles se dépêchent, en cette fin de saison sèche, de colmater les fissures des murs, de mettre un toit sur la cuisine extérieure neuve, ou de reboucher les fuites du chapeau de paille de la cuisine couverte pour ses dames.


Celui-la nous a fait rire.

Enfin, nous arrivons à Chipata. Le havre ! Nous voilà arrives à la fin de la Zambie, vingt kilomètres plus loin, c’est le Malawi. Nous sommes sales, fatigués, desséchés, mais avant d’aller nous affaler chez Marie et Guillaume, nos contacts ici, nous nous payons un bon resto.

Objectif de la journée, aller quémander aux autorités locales un ou deux jours de rab sur notre passeport

Nous resterons plusieurs jours a Chipata, histoire de recharger les batteries, de nous mettre à jour sur le reste de notre itinéraire, et remplir la caisse de victuailles pour affronter la montagne qui se dresse devant nous et qui nous emmènera quelques semaines durant autour du lac Malawi.

Nous offrons une dernière chance a la béquille de Jérémie qui a eu un nouvel accès de déprime.

Pendant que Claire rempli nos sacoches de victuailles pour les 5 jours que nous allons passer chez Marie et Guillaume, Jérém’ garde les vélos et fait la rencontre de Isaac et Muofet.

Deux ados déjà adultes.

L’école terminée à douze ans, ils se chargent de laver les voitures des clients du « Shoprite », pour cinq milles Kwachas (environ un euro). Ils gagnent ainsi environ chaque jour vingt milles KW, soit le double du faible salaire d’un artisan. Ils nettoient aussi le parking pour le supermarché qui les récompense en pain et en bonbons. Ils achètent ainsi leurs deux repas par jour, et il leur reste un peu pour ramener aux parents.

« Et les vacances ? » demande Jérémie pour rigoler.

« C’est la saisons des pluies » me répond sans feindre Mofuet. En effet, les gouttes lavent les voitures, chômage technique ;)

Après presque deux heures de discussion interrompue pour nettoyer un pare-brise, nous disons au revoir à ces chouettes jeunes hommes, rigolards, curieux et attentifs.

Un au revoir qui sonne comme un abandon…

C’est l’évènement, Jérémie achète un second slip ! Le premier achat du genre depuis le départ.

Le rêve des cyclos ! Ici, on vend des lanières de chambre à air, faite à partir de pneus de camions. Elles font donc deux mètres de long.

Un truc qui nous a fait plaisir, sont les fameux Taxis-vélos. Décorés et surtout munis de coussins confortables, ils emmènent maman au marché et papa …. Non ils n’emmènent pas papa.

Pour cette dernière soirée Zambienne on s’offre un bal Folk ! Ceux qui nous connaissent savent que nous sommes en France ce qu’on appelle des ‘folkeux’. Comprendre que l’on danse, chante et jouons de la musique, sorte de fest-noz  qui ne sont pas limites aux inspirations bretonnes. Nous apprenons a des Zambiens, essentiellement des bonnes sœurs et des cures (et le responsable du supermarché aussi) notre fameux cercle circassien.

C’est ensuite aux Zambiens de nous montrer comment on danse ici. Il faut être là pour le croire !

La danse est équivoque. C’est une véritable parade nuptiale. Les femmes viennent à reculons  proposer leur arrière-train au mâle, qui accroche en un mouvement à la « shake your booty ». C’est hilarant à voir (et à faire), un brin choquant pour nous sachant que la plupart des invités de ce soir sont bonnes sœurs ou prêtres ! Et leur air raide lorsqu’on leur a expliqué que pour faire notre danse française, l’homme doit prendre la femme par la taille !!!

Comme on a dit, Chipata est une charmante bourgade de l’est de la Zambie, frontalière avec le Malawi. Mais bon, il parait qu’on y est déjà tant les frontières coloniales n’ont rien à voir avec la réalité ethnique. Déjà, on parle Chinyenja depuis six cents kilomètres. Nyenja qui veut dire « les gens du fleuve…

La saison des pluies approche, l’activité promet d’être intense sur les rives du lac pour ses habitants, ses pêcheurs, ses villages lacustres… Les terrasses doivent être terminées pour recueillir les premières gouttes pour les cultures, les fissures sont à colmater dans les murs, les toits à terminer …

Nous caressons la nouvelle carte qui se dessine devant nous, celle de l’Afrique de l’est et du nord que nous ne pensions pas traverser durant ce voyage. Nous avons l’impression d’être comme au premier jour du départ, à Lyon, et on se prend à rêver en lisant des noms de ville et de village aux consonances exotiques ! On a rien préparé, on ne sait rien de la Tanzanie, ni du Kenya, du Soudan, de l’Égypte, et c’est bel et bien la direction que l’on prend à partir d’aujourd’hui.

A bientôt pour le reportage  sur le Malawi. Je crois qu’il y en aura pas mal des côtes ! (et ce sera pas du porc! gnarfgnarfgnarf !

Tiza O’nana ! (Se voir au futur en langue Chinyanja ;)

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