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(Ecrit le 25 janvier à Tororo – Ouganda)

Ding-dong ! Toc-toc ! Pim-paf ! Voilà le cyclo-reportage sur la Tanzanie qui tape au carreau de votre écran d’ordinateur.
Tout-beau-tout-chaud, tout poisseux de sueur mêlée à la crème solaire, mmm…
Sans nul doute le plus beau reportage photo depuis le début de notre aventureuse aventure !
Les mauvais doigts écriront que c’est le nouvel appareil de Jerem qui fait tout. Que nenni ! La Tanzanie a tenue toutes ses promesses.

Ici, nous sommes des « mzungus », les africains parlent « kiswahili », eux comme nous se sont prêtés au grand jeu de la communication dans la langue de l’autre, et plus que jamais nous avons entretenu des relations distantes avec le savon.
Pédaler en compagnie des gazelles, s’abreuver aux puits des villages entourés par quelques centaines d’enfants plus curieux les uns que les autres, glisser dans les sacoches des tonnes de crêpes et autres fruits exotiques savoureux en prévision de traversés sauvages, regarder les boutres arabes filer dans les eaux turquoises, pédaler sur les plages de sable blanc, laisser glisser la journée entre ses doigts de pied en éventail… Voici quelques beaux moments passés sur cette terre.
Emus de ce temps passé avec des familles paisibles et la quiétude des paysages traversés, nous nous étonnons  « WAHOU ! C’est trop fou d’être là à vélo ! ». Il y a des moments comme ça, quand on s’y attend le moins, des instants qui inspirent. Privilège réservé aux cyclo-voyageurs ? Certainement pas ! Il suffit de prendre son temps pour accueillir la magie de chaque instant sans penser au suivant. Dans ces contrées sauvages, nous ressentons une plénitude intérieure qui nous inspire pour pédaler encore les cinq mille kilomètres qui nous séparent de la fin. Ou du recommencement, plutôt.
Nous passons plusieurs jours à prendre des bains d’eau chaude, de soleil, à faire des siestes sous les claquements des feuilles de bananiers, à nous offrir des séances de dessin, de musique, d’écriture…

Les vélos à l’arrêt, le temps nous dépasse doucement.
Ces pauses nous équilibrent.
Seul le mouvement donne du grain à moudre au moulin de notre curiosité. Il faut pédaler pour mériter les rencontres, et la récompense est au prix de la sueur. Moulinons, moulinons, faisons défiler les paysages sous les roues, instinct primaire du nomade gagnant notre quotidien…
Mais sachons aussi stopper la machine, goûter la saveur du temps qui passe par ici en nous abandonnant au rythme de la vie des habitants.

Montez le son, baissez les lumières, prenez une assiette de Chipsi-omlett (frites avec des œufs, spécialités du coin), et grimpez sur notre porte bagage ! Pensez aussi au K-WAY, la Tanzanie en saison des pluies, ça mouille !
En route pour un nouvel épisode de “Jérémie et Claire vous montrent comment c’est super l’Afrique”!

Merci divinement à Fred, Lili et David qui mettent en ligne nos articles  ici: http://voyage.jeremiebt.com/
Pour savoir ou nous sommes, la carte d’ »Hubert Earth » est là: http://voyage.jeremiebt.com/carte.htm

PS 1: Si vous ne voulez plus recevoir d’emails, écrivez nous. « Tu m’enivres » vaut mieux que « Tu m’énerves ;)

PS 2: Pensez aussi à nous donner des nouvelles de vous… et n’oubliez pas que sur les pages vous pouvez laisser tout en bas des commentaires que nous lirons goulûment !

PS 3: Si le temps entre deux reportages vous semble décidément trop long, des nouvelles fraiches sont régulièrement postées en première page de notre site.

PS 4: On cherche un éditeur pour publier à notre retour un recueil de textes, d’illustrations, et de montages sonores glanés durant notre voyage. Si vous en connaissez, pensez à nous.

PS 5: Merci aux personnes qui nous ont donnés un toit sous la pluie, un pull dans la tempête, ou coup de pouce dans les montées.

PS 6: Kikadikoi : On se fera un p’tit vermifuge ce soir?

PS 7: Pour être logé dans une église, un soir de grosse fatigue, Jérémie est allé jusqu’à comparer le voyage à un pèlerinage vers Jérusalem, en adoptant la vie simple de Jésus, dénuée des excès de matériel. Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour une douche, je vous jure !


Chers lecteurs. Tout d’abord on vous invite à vous mettre un peu dans l’ambiance en cliquant sur les petits « play» ci-dessous. Il s’agit d’enregistrements glanés le long de nos rencontres en Tanzanie (y en a beaucoup mais ils valent tous le coup !) :

- Nuit tanzanienne, proches du Mozambique, rencontre improbable avec un drôle de bonhomme : voix nasillarde et très timbrée, au son de son instrument fait de cordes, de bois et d’une bassine en fer, il conte aux enfants. Sa chanson nous souhaite la bienvenue.

-Ile de Mafia : Dans un genre de dancing, un groupe de musique joue le tarabu, style de musique caractéristique du coin, mélangeant les influences africaines, arabes, indiennes propres à la culture Swahili. Guitares, basse, clavier, et chanteuses (assises et bien habillées), et surtout, surtout… saturation maximum et accordage minutieux en milieu de concert. Tout est dans le son !

- Ile de Zanzibar. Super ambiance dans la bananeraie ! Nous quittons la route et fondons sur la source sonore. Passée la surprise de voir deux blancs débouler, les ados reprennent leurs chants sur leurs percussions de fortune.

- Ile de Kilwa. Debout sur la margelle d’un profond et large puits, les femmes lancent leurs seaux retenus par une corde, et les remontent à bout de bras.

- ON NE PEUT PAS ne pas vous faire entendre ce TUBE qui a accompagné toute notre remontée de la côte est-africaine.

MONTEZ LE SON ! « Sawa sawa sawa léééé ! Sawa sawa sawa lééé… »

Notre traversée  de la Tanzanie en chiffres :
Du  20 octobre au 10 décembre 2012
2 134  km (16 575  depuis le départ)
50  jours dont  36 en pédalant
Une moyenne de 59,2  km par jour pédalé. Les plus belles étapes furent les 700 km de piste perdue le long du Mozambique, les îles de Mafia et de Zanzibar, et la portion de piste avant le Kilimanjaro.
Record d’avarie battu pour Jérémie: 4 crevaisons, une « morsure de serpent » qui lui troue sa chambre à air, un pneu qui éclate avec la chambre à air EN UNE JOURNEE.

TRAVERSÉE DU GRAND SUD, DROIT VERS L’OCEAN INDIEN.

Ce cyclo-reportage commence ici, en Tanzanie.
Nouveau pays, nouvelle langue, nouvelle monnaie.
Karibu ! Karibu ! Nous lance-t-on dès notre arrivée.
Bienvenu ! Doit-on comprendre en langue kiswahili.

Nous vous avions laissés ici, sur ce canot  à moteur… Il est 17 h, les vélos sont posés en vrac sur une bâche recouvrant des kilos et des kilos de sucre de canne, nous traversons de nuit le lac Malawi afin de rejoindre l’autre rive : Tanzanie droit devant !!!
La traversée durera environ sept heures. Nuit magique, bercés par les vagues et le ronron du moteur, notre canot glisse dans une brume blanche sous des milliers d’étoiles…
Et dire que certains payent des nuits mirobolantes dans les lodges pour n’avoir que 5 étoiles. ;)
Bon, c’est pas le bateau le plus légal que ce lac ait porté, disons que le commerce de canne à sucre malawite n’est pas vraiment apprécié par les autorités tanzaniennes. Nous ne ferons pas la fine bouche, il n’y a aucun autre moyen de traverser le lac.

Ce petit commerce est bien organisé : à notre arrivée sur la plage de Mbamba Bay, dans le noir complet, les camions attendent moteur en marche. Et l’affaire ne traîne pas ! On nous aide rapidement à descendre les vélos, puis tout le monde s’agite en silence. Les paquets de sucre sautent de bras en bras jusqu’aux camions.
Nous sommes complètements paumés ! La plage nous semble loin de la ville, et de toute façon dans le noir, impossible de savoir dans quelle direction aller. Un des gars nous prend en sympathie et nous propose de nous accompagner à pied vers la ville, ce que nous acceptons. C’est à quelques kilomètres.
Malheureusement pour nous, les deux seules auberges de la ville sont complètes (Mbamba Bay nous semble bien plus petit que Nkhata Bay, sa cousine malawite), et en pleine nuit noire dans les rues désertes nous ne savons pas où nous diriger. Quelques tanzaniens sympas nous prennent en charge et organisent un petit campement près de la plage. Ils se proposent même de monter la garde pour nous. Les africains ne plaisantent pas avec la sécurité. On met la tente, ils font un petit feu, et ils veilleront sur nous sur ce qu’il reste de la nuit (il est environ 2h du mat).

Nous nous rendons faire les formalités d’entrée au petit matin. Voilà d’ailleurs nos (anges) gardiens à travers la fenêtre du bureau de la douane, à l’image de leur pays : cool, dans la bonne humeur, sans tirer le fardeau du lourd passé, confiants dans le lendemain…
L’officier ne montre aucune surprise de voir deux touristes chiffonnés débarqués de la veille sur la plage déserte. Il sait très bien quel canot nous a amené là, et si ça se trouve c’est même son cousin qui conduit les camions.
On n’a pas regardé sous la table, mais il devait y avoir quelques paquets de sucre de canne…

Et notre compteur qui tourne toujours…. Le voyage commence à ressembler à quelque chose.

Notre coup de cœur en Tanzanie : les chapatis ! Une bête galette de blé accompagnée d’un petit thé aux épices… Plaisir garanti !

C’est une banane ! Une nouvelle variété délicieuse bien que légèrement bourrative (surtout après un petit excès de chapati…)

Après obtention de notre visa, nous nous rendons dans le cœur de Mbamba Bay, et nous découvrons une charmante bourgade avec son petit marché, ses petits commerces, ses habitants colorés et franchement sympathiques… Il y a même un salon de thé ! Nous traînons un peu dans le coin, nous tardons à nous mettre en route, comme une envie de profiter une dernière fois de la civilisation. Car les prochains jours s’annoncent difficiles : sept cent kilomètres de piste dans ce « grand-sud » tanzanien dont nous ne savons rien.

Trois-deux-un : Top départ !

Courage Claire, au bout il y a la mer.

Pour éviter l’axe principal surchargé de camions qui relie le Malawi à Dar Es Salaam, la grosse mégalopole tanzanienne où nous voulons nous rendre, nous préférons sortir des sentiers battus (les vrais, pas ceux vantés par les guides) et passer par les petites routes qui longent le Mozambique jusqu’à la côte de l’océan indien. De là, on remontera tout bêtement vers le nord et Dar Es Salaam (prenez une carte si vous êtes paumés).
Aucune information concernant cette route sur les guides ou sur Internet. Sommes-nous les pionniers à vélo ? Certainement pas ! Un allemand est passé  là il y a deux ans… Il a marqué les esprits des gens ici : durant deux semaines plusieurs personnes nous reparlent de ce cycliste allemand qui est passé sur cette unique route, devant leur maison.

Ravitaillement en eau au bout de quelques kilomètres. Il fait une chaleur torride, nous sentons que la terre est bizarrement plus sèche de ce côté-ci du lac. Il n’y a qu’un seul robinet dans ce tout petit village, et toutes les femmes sont rassemblées autour avec des seaux. Voilà celui qu’on nous donne pour remplir nos bouteilles.
Claire a préféré filtrer.

La circulation sur cette route est quasi nulle. Et pour cause ! Cette route que nous remontons ne mène qu’à la rive du lac. En laissant derrière nous Mbamba Bay et le lac, nous sortons des deux cents kilomètres de ce grand cul-de-sac.

Il nous apparait rapidement que peu de blancs passent par ici. Un jeune ado encombré de son fagot  trottine derrière nous  pendant plusieurs kilomètres. Il nous dévore littéralement des yeux mais cloue son regard par terre à la moindre tentative de discussion ! La plupart des Tanzaniens que nous rencontrons sur la route ne nous adressent pas la parole, ne répondent parfois pas à nos salutations, voire nous ignorent franchement ! Habitués à être tout le temps salués, questionnés, collés par les Malawiens, ce soudain dédain de nos personnes, à la limite de l’impolitesse parfois, nous fait un bien fou !

Notre première nuit tanzanienne a été sportive : le ravin qui borde la route montagneuse sur laquelle nous évoluons depuis au moins vingt kilomètres ne nous laisse aucune possibilité de planter la tente. C’est dommage parce que le coin est désert, idéal pour un camping sauvage, et que la vue est plutôt splendide. Enfin « splendide »… En réalité nous ne verrons pas grand-chose du panorama puisque la nuit nous surprend au milieu des lacets. Pas le choix, on a grimpé toute la journée, nous sommes extenués, mais on doit avancer dans l’escarpement, encore et toujours, jusqu’à trouver soit une maison, soit un espace protégé le long de la route. Mais rien n’arrive, si ce n’est l’obscurité qui finit par nous nous empêcher de pédaler sur la piste. Nous finissons les quatre derniers kilomètres en marchant à côté des vélos dans le noir total, lorsque finalement, à la lumière des phares d’une voiture qui nous dépasse, nous apercevons des maisons isolées plantées là, au sommet de la petite montagne.

C’est le moment de dégainer le carnet sur lequel nous avons écrit nos premiers mots en kiswahili (on a répété toute la journée) ! Mais deux blancs juchés sur des vélos, la face éclairée de travers par une lampe frontale, s’engueulant à moitié sur la prononciation d’un mot au milieu du jardin, la scène devait être trop déconcertante. La première maison nous claque sa porte au nez malgré nos formules de salutation. On peut comprendre. Deuxième essai un peu plus loin, la femme n’ose pas sortir, elle nous parle en kiswahili depuis l’encadrement de la porte, et nous lui répétons les trois mots que nous savons. Elle n’a visiblement jamais adressé la parole à des étrangers, encore moins des blancs, encore moins à vélo, encore moins devant chez elle. La voix féminine de Claire semble la rassurer, mais ça dure, ça dure, on ne se comprend toujours pas, mais on insiste quand même,  on s’agace un peu, elle répète encore les mêmes mots, on rit, elle rit, cool, quelques enfants de la maison viennent essayer d’aider, la femme sort de l’ombre progressivement, et de fil en aiguille (ça dure au moins vingt minutes cette affaire) nous comprenons qu’elle ne peut pas nous autoriser à rester tant que le papa n’est pas là. Finalement, après des dessins dans le sable, des mimes et vingt minutes de discussion, un homme arrive. Rebelote, on explique tout, et il fait mine de nous accorder l’hospitalité. Nous n’en sommes pas sûrs, mais la nuit étant déjà bien avancée, on décide de planter la tente là, devant chez eux. Il nous fait comprendre que nous serons en sécurité.

Nous partons le lendemain matin à l’aube sans voir personne.

Voila comment ça se passe pour planter la tente. Tu te présentes, tu expliques ton voyage, tu demandes à planter la tente.

- Habari !

- Karibu.

- Jina Langou Jeremie, Jina Langou Claire. Nina pita Africa kwa baiskeli. Kesho, na kwenda Kenya. Nina wesa koulala karibu na nioumba yako?

Prêt à en découdre avec la piste !

Les fous du volant ! Un peu de fumée au loin, un vague ronron qui enfle, et t’as environ trente secondes pour te jeter quelque part à l’abri. Dans un énorme nuage de poussière et de gravier projetés, ils assurent la liaison des voyageurs dans ce coin isolé de la Tanzanie.  Ils sont quasiment les seuls véhicules à emprunter cette piste, hormis les quelques motos que l’on croise aussi.

Le dessin arabe c’est comme le téléphone. A force de répéter, ça ressemble mais pas tout à fait.

Les petits poissons du lac ! Ils sont vendus séchés, se mangent tels quels ou bien réhydratés dans la sauce.

On croirait rouler sur de la peau de croco. La terre tassée et complètement sèche est extrêmement dure, le tape-cul de l’enfer !

Surprise ! Nous traversons des petits vallons magnifiquement organisés, plantés, cultivés, choyés ! Quel plaisir de voir des hommes prendre soin de leur terre, de leur environnement. Point de « give me money » ici, point de regards d’envie, seulement de la curiosité simple d’hommes et de femmes qui voient passer deux étrangers mais qui ont autre chose à faire.
La Tanzanie continue de nous surprendre !

La petite ombre au tableau : l’alcool est ici aussi un problème.

Désœuvrement ? On ne sait pas bien, mais il n’est pas rare que l’homme de la famille dans laquelle nous passons la nuit ait un bon coup dans le nez. On essaie alors de privilégier les échanges avec la femme et les enfants, ce qui n’est pas chose simple avec le mari qui nous répète dix fois la même phrase à deux centimètres du visage.
Ce sont des soirées qui ne se prolongent pas, c’est dommage.
Depuis notre arrivée en Afrique de l’Est, nous sommes régulièrement surpris de la manière dont un homme ivre est considéré dans le groupe.
Chez nous, on le laisserait de côté : il n’a pas toute sa conscience. Mais ici, il fait autorité de par son statut, et peu importe son état, il est écouté et respecté. Cela nous agace à chaque fois, d’autant plus que le zèle, l’exubérance et la sensibilité décuplée par les effets de l’alcool nous coupe de relations beaucoup plus riches, notamment avec les femmes qui ne peuvent absolument pas s’imposer face à leurs décisions.

La piste toujours… centaines de kilomètres de gravier, de sable, de terre, de trous. Le panorama nous enchante, les échanges avec la population se font de plus en plus amicaux (faut dire aussi que notre vocabulaire s’enrichit !).

L’impression d’avoir un moulin à café sous les pédales. De l’huile, vite !

La chaleur est accablante. Nous sommes recouverts de cette poussière rouge qui nous colle à la peau et aux vêtements, s’infiltre partout, et dégouline avec la sueur dans un jus sanguin. On se sent bien cracra.
Nous savons que la saison des pluies a déjà démarré sur la côte, quelques centaines de kilomètres devant nous, et qu’elle devrait venir à notre rencontre. Mais nous ne sommes pas pressés, la perspective d’une gadoue infâme rouge et collante sous nos roues ne nous enchantant guère.

Nous retrouvons notre grand copain le vent de face. Quand il se lève le matin, l’idée de partager la journée avec lui nous sape littéralement le moral. Un profond sentiment d’injustice s’accapare de nous, mêlé au découragement. Le bruit des rafales nous sèche le cerveau, et nous cherchons le courage d’avancer, la tête dans le guidon, en espérant des jours meilleurs.

Des nuages. Pas bon ça. Nous estimons à deux semaines et demi le temps à passer sur la route en terre. A l’aube de la saison des pluies, beaucoup nous le déconseillent à cause de la boue. Téméraires, on se lance.

Investissement durable, le vélo qui dure toute sa vie !

La salle de bain : une palissade, un seau et un broc, de quoi poser les pieds par terre. Croyez-nous c’est un luxe que de pouvoir se laver un peu après ces journées de suées dans la terre et la poussière. Les femmes nous proposent parfois spontanément un seau d’eau après le montage de la tente.

La route est longue, nous commençons à prendre nos habitudes : chapatis et thé tous les matins ! Pour une somme très modique, nous nous régalons de ces galettes qui nous rappellent les crêpes et que nous arrosons de sucre sous les regards amusés des tanzaniens.  « Ils font des trucs bizarres ces muzungu ».
Dans chaque village, il y a ces petites cabanes  aménagées avec un côté « cuisine » et un côté « salle de restauration » (une table et un petit banc). C’est parfois coquet ! On sert des chapatis, du thé, et des beignets, parfois des haricots.

Dans la cuisine, une femme s’affaire. Elle se redresse a notre arrivée, difficilement a cause de son dos vouté. Poids des ans, poids de la tâche. Elle nous lance un large sourire timide, baisse les yeux, mais semble heureuse de notre arrivée.
C’est l’évènement à chaque fois. Les gens se pressent autour du bouiboui, les enfants observent tout ce que nous faisons en chuchotant derrière les lattes de bambou, les plus audacieux viennent nous saluer en anglais sous les rires de leurs copains…

Un goudron vient remplacer la piste, nous arrivons dans la ville de Songea ! Plutôt grosse ville, pleine de monde, de magasins, de marchands… de bon petits restos ! Hélas le bitume n’est là que pour Songea. Cinq cent kilomètres de piste nous attendent encore…

Un « presque » bateau.

Séance de filtrage dans les toilettes d’une guest house de Songea.

C’est les soldes ! Et une nouvelle paire de chaussures pour chacun !

« Bon voyage » en langue coca cola.

Fini le goudron, retour à la terre ! Sable, trous, tôle ondulée sont encore avec nous pour au moins… allez cinq cents kilomètres.

Et le Jerem qui crève encore ! Pas évident de savoir où mettre ses roues, d’autant plus que beaucoup d’épineux bordent la route.

Du grand art : le Ministère des transports et de la route en Tanzanie est heureux de nous offrir ces magnifiques deux cents mètres de bitume au milieu de sept cents kilomètres de terre. Nous saurons en profiter.

Après avoir décerné la palme des plus beaux sourires aux Malawiens et aux Zambiens, nous sommes heureux d’offrir le prix des plus belles parures féminines aux dames Tanzaniennes du sud: chatoyantes, contrastées, colorées.
Sans nul doute, la Tanzanie est un pays de transition entre l’Afrique noire et le moyen orient. Alliant les couleurs propres aux mamas du centre du continent avec la contrainte du voile islamique, les tenues offrent un mélange agréable à l’œil.
Par contre peu importe les correspondances de tissu, de matière, de style, de couleur, l’important est que ça pète. Et ça le fait !

Élection de Miss Tanzanie 2012 :

L’intimité est parfois difficile.
Là où en Afrique de l’Ouest les foyers étaient bien délimités, ici il n’est pas rare que tout le voisinage s’invite à la fête. Les enfants accourent pour nous encercler de leurs regards dévorants et de leurs mains bavardes. Ça cause, ça joue, ça rit en se bousculant autour de nous dans un brouhaha d’enfer. On nous apporte deux chaises sur lesquelles nous avons du mal à nous asseoir tant nous aurions l’impression d’être livrés aux fauves ! Alors nous installons notre campement sous les centaines de regards soudainement chuchotant, et notre petite maison s’érige presque magiquement au milieu du cercle de tanzaniens pressés les uns contre les autres.

Le riz de Tanzanie. Sans doute la première fois de notre vie que nous mangeons une nourriture aussi « locale ». Car en Tanzanie, ça cultive ! Riz, blé, maïs, haricots, tomates, oignons, choux, concombres, voilà pour quelques-uns des légumes les plus courants, et sans parler des fruits ! La terre est riche, le soleil généreux. Nous sommes surpris de cette soudaine prospérité après avoir traversé tant de pays en difficulté sur le plan alimentaire. Pourquoi ici plus qu’ailleurs ? La terre est-elle vraiment meilleure que de l’autre côté de la frontière ? Les Tanzaniens sont-ils plus travailleurs ? Il nous semble que cette réussite tient au fait que les peuples de Tanzanie se sont simplement « pris en main » pour gagner leur autonomie alimentaire.

Confection de chapatis : elles se cuisent par deux dans la poêle hyper-graissée. Dans le fond de la photo, les boulettes de pâte déjà toutes prêtes.

Sable, sable, sable et encore sable… le regard aiguisé par les kilomètres de piste accumulés, nous lisons dans la route les voies les plus stables pour nos roues.

Born to be waaaaiiiiiiiiiiild

Première rencontre avec un membre de ce peuple ô combien célébrissime d’Afrique de l’Est: les Massais. Comme ils ont gardé l’habitude de porter leurs tenues traditionnelles, ils sont devenus les mascottes du Kenya et de la Tanzanie auprès des touristes. Il porte le traditionnel « shuka », couverture à carreaux rouge (mais parfois violette, verte ou bleue bien flash), censé éloigner les animaux sauvages dans la brousse.

Ce qui nous marque d’emblée, c’est la morphologie des hommes Massais. Grands, minces, aquilins, longilignes. Taillés pour la marche. Des jambes infaisables, des mollets de coqs… et une de ces classe ! Leur tunique jetée sur les épaules comme des toges romaines, laissant apparaître des corps nus et musclés…

Ce garçon nous montre fièrement quelques scarifications, conséquences d’un rite de passage à l’âge adulte. Quand on lui demande ce qu’il fait là, si loin de chez lui, il nous explique qu’il travaille comme gardien sur le chantier chinois pas loin. Pourquoi pas après tout.

Les massaïs, pasteurs, nomades, et guerriers, sont LE symbole du Kenya ethnique. Ils ont la réputation dans les livres d’être de fiers combattants, car ils cohabitent avec les lions dans les zones les plus reculées du pays.

Dai, c’est son nom, nous casse le mythe, et nous explique longuement durant le repas certains aspects de sa culture. Il nous apprend que ce sont en fait de paisibles bergers qui vivent en harmonie avec leur environnement. Alors que d’autres se sédentarisent, leur mode de vie nomade, leur culture traditionnelle et leur vie pastorale les met à l’ écart du « progrès ». Ils sont méprisés et marginalisés dans un Kenya tourné vers l’occident.

Durant notre voyage au Kenya et en Tanzanie, nous en apprenons long sur cette ethnie.

Décimés par la famine et les maladies, ils ont vu leur territoire diminuer, confisque par l’état pour en faire des parcs gouvernementaux comme au Massai Mara, déplacés avec leurs troupeaux à cause des infrastructures et des villes.

Le gouvernement prétend faire la promotion des ethnies pour le tourisme, mais c’est le contraire qui se produit.

Les jeunes, en pleine crise d’identité, font perdurer leurs traditions, ou bien vont travailler en tenue traditionnelle dans les lodges et les stations balnéaires, ou encore, comme Dai, vont sur les chantiers de construction de route, ou tout autre travail en ville. Les femmes vendent souvent des gourdes, ou des bijoux, lances, massues… sur le bord des routes touristiques.

Dai nous parle de son régime alimentaire quasiment végétarien, de ses boissons de lait caillé ou au sang de bovin (qui n’est pas mis à mort durant le processus) pour les fêtes traditionnelles, de la période ou les enfants de 13 ans environ, apprennent à construire les enclos et à mener les troupeaux. Ils deviennent ainsi des « morans » après la cérémonie initiatique de la circoncision, et mèneront une vie pastorale durant quinze ans environs, jusqu’à ce que leurs enfants prennent la relève.

On croisera plusieurs touristes qui se plaignent du fait que les Massais sont durs en affaire, que les villages « culturels » proche des routes sont devenues de véritables chasses aux photos (50$ par véhicule est une somme courante pour pouvoir venir dans un village massaï organisé pour le tourisme, et prendre des photos), que les blancs sont pris pour des pigeons, que tous les moyens sont bons pour faire payer tout et n’importe quoi. Ca nous fait un peu rire, on se met à la place de ce peuple spolié systématiquement depuis des siècles, et qui voient des cars de touristes les poches pleines s’arrêter à leur porte prendre des photos comme on le fait à Disneyland. Ceux qui veulent plus d’authenticité n’ont qu’à remettre en cause leur manière de voyager, prendre plus de temps pour plonger dans la culture qu’ils cherchent à connaitre. On ne peut pas avoir le beurre de vache Massai, l’argent du beurre de vache Massai, et le sourire du berger Massai en photo.

Analphabètes, buveurs de sangs, arriérés… voici le mépris que portent beaucoup de kenyans des villes vis-à-vis des Massais, qui vivent en harmonie avec leur environnement. Il leur est interdit de chasser, tout comme de posséder des terres. Chaque crime commis contre la nature est sanctionné par la vengeance des éléments. C’est une conviction, autant que celle que l’équilibre entre homme et nature est fragile.

Autant dire que cette culture nous touche. Qu’elle a beaucoup à nous dire en matière d’écologie et de sagesse.

Dai, qui décidément n’en finit pas de nous surprendre, nous dit être un « massai » catholique. Alliant tradition, spiritualité, et message de la bible qu’il n’a jamais lu. L’Afrique est définitivement plus chrétienne que nous le pensions.
Séance de peinture sous la chaleur, voici les dernières aquarelles de Jérémie :

Nkhata Bay au Malawi

Les chutes Victoria

Un papayer.

Notre deuxième coup de cœur en Tanzanie (le premier c’était les chapatis) : Wolfran, prêtre dans une petite église.
Nous y avons échoué par hasard complètement fatigués de cette piste rouge et cahoteuse. Wolfran nous a accueillis avec une bassine de bananes « Servez-vous autant que vous voulez, elles viennent de mon jardin ».
Le courant passe immédiatement. La quiétude de ce tanzanien, sa bonhommie et sa générosité nous fera rester deux nuits en sa compagnie. Il semble épanoui et complètement heureux, un brin rigolard…
En fait, Wolfran est une bête de travail. Alors que son prédécesseur lui confiait « tu vas voir, entre les heures d’office tu peux dormir toute la journée », lui a préféré se retrousser les manches et empoigner une bêche, et bille en tête : créer un jardin potager. Il a ainsi défriché de ses mains une parcelle buissonneuse et hostile qui appartenait à la paroisse, pour y planter une bananeraie, un petit champ de maïs, un autre de riz, un grand parterre de haricots, tomates, oignons, arachides, choux, des cannes à sucre, des papayers, manguiers …
Son jardin est une merveille de diversité.
Pour lui, le travail qu’il effectue doit être un exemple pour ses paroissiens. Il nous confie que le problème des tanzaniens tient à leur paresse. Paresse ? Oui nous avons bien entendu. Et Wolfran enchaîne : la plupart des gens, dans cet endroit de la Tanzanie, ne travaillent que le minimum, juste assez pour gagner de quoi acheter la nourriture quotidienne, identique trois fois par jour, et peu nutritive. Ils n’ont pas l’idée de confort, d’amélioration de la qualité de vie, ils n’imaginent pas à quoi servirait de travailler plus, si ce n’est pour se fatiguer. C’est à ce niveau que l’éducation est importante, pour qu’une autre réalité puisse être projetée. Wolfran se fait un devoir d’éduquer ses paroissiens, par ses prêches, par son exemple personnel, afin de leur prouver que leur pauvreté n’est pas une fatalité, mais qu’elle relève aussi de leurs actes. Grâce à son jardin, il dispose de toute la nourriture dont il a besoin, une nourriture saine et variée qu’il ne doit qu’à ses mains et sa sueur. L’excès, il peut le vendre et gagner un peu d’argent. C’est simple comme bonjour, et pourtant…

Canne a sucre.

Une autre variété de banane.

Du riz.

Des petits pois.

Nous reprenons la route (et la poussière), direction de l’est toujours, direction la côte tanzanienne. Des petites collines se succèdent dans ce bush sec et brûlant. L’eau manque, ici.

Visage d’une fille en Zambie.

Votre maman vous grondait quand vous freiniez avec les pieds ? Ici en Tanzanie, on a le droit. Il suffit de fixer une semelle près de votre roue arrière. Quand vous appuyez avec le pied sur cette « pédale », la semelle touche directement la roue, assure le freinage. Démo en photo.

Au milieu du bush, nous aidons cette jeune femme à poser son fagot sur sa tête. Horreur ! Le poids du truc ! Les branches sont vaguement reliée par deux bouts de vielle corde torsadée mi-animal mi-végétal, ça peut lâcher au moindre pas, le tout doit peser au moins… On ne peut pas lui dire qu’on traverse son pays en vélo, elle risquerait de nous dire qu’on est courageux.

Les chinois! Ils sont partout, conquièrent tous les marchés, tous les chantiers. Un désastre tant pour la qualité des routes, mais aussi pour la formation continue des ingénieurs africains qui sont relégués à faire les taches les moins rémunérées. Tant que les élus se feront graisser la patte, ça ne changera pas. Les marchés sont négociés avec l’import de produits manufacturés chinois, et le cercle est bouclé. Le pays africain ne se développe pas, la vision est à très court terme, sauf pour les chinois et les membres du gouvernement corrompus.

Le sud et la côte de la Tanzanie sont essentiellement de religion musulmane. Ça n’empêche pas d’être belle en couleurs! Nous verrons que cela changera au fur et à mesure que nous irons vers le nord.

Cette région est connue pour ses pierres précieuses. Certain Tanzaniens s’adresse à nous pensant que nous sommes là pour le « business ».

Pompe à eau, seaux, tissus, couleurs, sourires, la place du village !

Le soir, à la lumière de la torche, nous sortons notre petit album de photo ainsi que la carte de l’Afrique. Les hommes s’en emparent d’office pour regarder ça d’un œil expert, les femmes restent discrètement en arrière tandis que les gamins se faufilent. Beaucoup de notions se bousculent dans les têtes : distances, géographie, échelle, temps …
Toujours émouvant de voir quelqu’un chercher son pays sur une carte. Et suprême satisfaction quand c’est trouvé : « Tanzanie ! C’est là ! ».

La dernière acquisition : ce magnifique morceau de bois – un pilon – qui manquait cruellement. Au moins six kilos, le machin… Hop sur le vélo de Jerem’

Ici, nous voulions simplement nous arrêter cueillir une fleur pour notre herbier Africain, et en moins de temps qu’il n’en a fallu pour tendre le bras… Quand on vous dit qu’on crée l’évènement !

Séance d’étirage de cuisse. Tout le monde est au rendez-vous, pas question de manquer ça !

Cette pause poétique vous est offerte par Claire, qui, au lieu de tendre les rustines et la colle à un Jérémie en furie, exorcise sa peur de dormir là à grands coups de clichés de bush crépusculaire.

Séance musique, unique, dans ce grand sud tanzanien (Enregistrement numéro 1). Des enfants chantent, accompagnés par la voix nasillarde et l’instrument  d’un homme étrange. Nous sommes charmés, écoutons sagement, puis n’y tenons plus : nous allons chercher nos instruments pour jouer aussi. S’ensuit confrontation, échanges, imitation, et  bonne tranche de rigolade !

Depuis l’intérieur de la tente.

Ma parole ! On dirait un vieux retour des « folles aventures rocambolesques de la roue arrière de Jérémie ». Serait-ce une saison 2 ? Notre stock de rustines fond à vue d’œil sur cette route pourrie. Cette fois-ci, c’est une « morsure de serpent » : huit trous d’un coup à cause d’un salaud de caillou.

Bilan du jour : Quatre crevaisons, une morsure de serpent, un pneu qui éclate avec la chambre à air. Quel score !

Record battu.

La Blanche boit un coca. Ça mérite bien de venir voir ça de plus près… Quand on vous dit que l’intimité …

Nous traversons des champs d’anacarde, comprendre : l’arbre qui fait les noix de cajou. Le fruit ressemble à un petit poivron rouge ou jaune, et sent très fort l’odeur de fraise malabar, on peut en boire le jus. La noix de cajou, qui pend dessous, doit être décortiquée à la main. Fraîche et grillée, elle est absolument délicieuse, comme un petit goût de châtaigne !

TA DAAAAAA !
Voilà ce que nous n’espérions plus, la fin de la piste, la fin de la poussière, des trous, du mal aux fesses, de la réverbération qui aveugle, des dérapages-viandages dans le sable, enfin devant nous : le goudron ! Tout frais, tout neuf, tout moche et complètement chinois mais c’est pas grave, on va pouvoir souffler un peu ! Et au bout il y a la mer, courage !

Oh surprise, des micro-organismes se développent dans nos bouteilles ! Beurk, le mélange eau + chaleur, ça le fait pas ! Changement dès que possible, ce qui n’est pas chose simple dans ces petits bleds où les bouteilles d’eau se vendent dans ce format stupide de 500 ml. Ça fait plein de plastique partout dans la nature et tout le monde s’en fout.

Un papa noël bronzé. yeahhhhhhh

Saison des pluies = saison des maaaaaaangues ! Encore un peu acides, on ne résiste pourtant pas !

Pete est un hardcore cycliste. Le temps d’un repas de riz et de haricot il nous raconte ses 25 000 km depuis l’Europe, en zigzag le long de l’Afrique de l’Ouest et centrale, au Nigeria, au Congo, en Centrafrique, au Cameroun….
thebigafricacycle.com
Le site porte bien son nom. On s’échange nos contacts respectifs, on se promet de garder contact (ce qui se fera plusieurs fois au cours de nos voyages). Lui va d’où on vient, nous on remonte sa trace jusqu’au Kenya.
Ha oui, il avait déjà fait un truc de fou en Asie: crazyguyonabike.com
Encore un site qui porte bien son nom.
Sacré Pete.

Le sel ! Nouveau signe que  nous arrivons bientôt !
L’océan indien est proche !
Le sel est la principale industrie locale. On suit la ligne blanche sur le bord de la route pendant de longs kilomètres, jusqu’à Dar es Salam.

Et le voilà !
L’océan indien !
Nous avons traversé le continent d’ouest en est depuis la Namibie, nous sommes passés d’un océan à un autre ! Clap Clap Clap.

DE L’EAU ET DES INDIENS

Joe nous l’avait bien dit :
« On ira (Claire et Jérémie ), où tu voudras (en Tanzanie) quand tu voudras (en novembre 2011), et on pédalera encore, prenant la direction du nooord.
Toute la viiiie… sera pareille à ceuu matinnn. Aux couleuuuuuurs, de l’Océan-Indien…. »

Nous ne résistons pas au plaisir de nous plonger dans l’eau tout habillé dans une eau à 30°C (sous les yeux des petits tanzaniens curieux).
Nous ré-enfourchons nos vélos tout trempés. Dorénavant, nous roulerons cap au nord.


Et toujours ces croix sur les murs des maisons. Vous vous souvenez en Zambie ? Trop près de la route = croix rouge = à démolir. Et alors le top, c’est que tu dois démolir ta maison toi-même, sinon faut que tu rembourses l’Etat qui engage des frais pour ça !?


Nouvelle acquisition de Jérémie : un authentique jeu de bao (vous connaissez l’awalé ? c’est presque pareil). Quelques blabla et shillings plus tard, les deux planches de bois trouvent leur place sur le porte-bagage arrière de Jérémie (avec le pilon).


Neuf kilos le bébé ! Il rentrera avec nos parents, qui viennent nous rejoindre au Kenya dans deux mois.

Une belle descente nous dépose au milieu d’une forêt de baobabs. Partout, sur les collines en face et à côté de nous, ces milliers d’arbres «plantés à l’env
Paysages désertiques, bush épineux et arbres torturés. Nous avons beau longer la côte, l’air est sec et les accès à l’eau se font rares.

ILE DE KILWA KISIWANI :

DE L’IVOIRE, DE L’OR ET DES ESCLAVES.

Nous décidons de nous rendre sur l’ile de Kilwa (Kilwa Kisiwani), patrimoine de l’Unesco, héritage de la conquête arabe vers le XVI siècle, carrefour commercial pour acheminer l’or vers la Perse, l’Inde et la Chine, témoignage de la traite des esclaves et du commerce de l’ivoire. De cette noire splendeur subsiste des ruines de palais, de mosquées, d’architectures arabo-sino-indo-poilo…

Le fort arabe a été construit sur l’emplacement d’un ancien fort portugais au XVIe siècle.

Cette grande mosquée et ces tombes sont fabriquées en pierre de corail, incrustés de coquillages. Du mortier fait à base de gypse cimente le tout, et résiste aux siècles.


« The great well » (enregistrement numéro 4)
C’est un puits immense. Les femmes, debout sur la margelle, lancent leurs seaux retenus par une corde. A bout de bras, elles remontent le seau et versent l’eau dans une bassine, et recommencent. Anecdote locale : une ONG qui voulait alléger le travail de ces femmes leur a construit une belle pompe à eau juste en face à vingt mètres. Mais les femmes ne s’en servent pas, elle continuent d’aller au puits, car, selon elles : « l’eau du puits est la meilleure ».


De l’ivoire, de l’or et des esclaves.


A 30km de là, Kilwa Kivinje offre un superbe spectacle de village traditionnel.

Sur la route qui remonte la côte vers le nord, nous sommes intrigués par la salle de cinéma du village. Un petit shilling à l’entrée, pour voir un petit navet. Mais attention, ceux-là sont doublés en Swahili. Ça ne s’invente pas.

A partir d’aujourd’hui, nous prenons en photo tous les plats de riz (ou presque) que nous mangeons.
En Tanzanie, le riz est roi, accompagné des éternels haricots rouges, les « beans » en anglais, les « maharagwé » en kiswahili. On ne vous cache pas qu’on commence à  en avoir marre du wali-maharagwe. Surtout que ça c’est le midi, mais déjà le matin tu as pris une assiette de maharagwé avec tes chapatis.

Lundi : wali/maharagwe.
Mardi : wali/maharagwe.
Mercredi : wali/maharagwe.
Jeudi : wali/maharagwe.
Vendredi : wali/maharagwe.
Samedi : wali/maharagwe.
Dimanche : wali/maharagwe.

Là c’est la version classique, avec une tomate.


Claire : « C’est de l’eau pour boire ? »
Lui : « Oui oui, c’est de l’eau pour boire. »
(L’eau est verte opaque)
Claire : « Et elle vient d’où l’eau ? »
Lui : « D’un puits »
Claire « Vous buvez tous ça ici ? »
Lui « Oui oui, c’est l’eau qu’on boit. Je peux avoir ton facebook ? »


Version haricot.


Le fruit exotique le plus étrange que nous ayons rencontré. Une saucisse à moumoute tellement énorme que les tanzaniens la vendent en tranches. En anglais ça s’appelle du « jack-fruit ».


Ça pousse là-dessus.

ILE DE MAFIA

OU COMMENT LES CHAPATIS DE MIDI VONT NOURRIR LES POISSONS

DE L’OCEAN INDIEN.

Lieu enchanteur et secret, préservés des circuits touristiques (pour combien de temps ?) Mafia bénéficie d’un parc marin et de fonds coralliens de toute beauté, ses petits villages de pêcheurs sont pittoresques et la petite île de Jibondo abrite une des dernières fabriques de dhows (voiliers traditionnels en bois). La pêche et l’agriculture sont ses principales ressources. Sur les marchés, on vend du manioc, des noix de cajou et de coco. On y accède…. en bateau. Vous verrez qu’aller à Mafia, ca se mérite.

Si vous voulez des infos sur l’accès à l’ile, contactez nous en privés ou consultez nos « conseils de voyageurs » bientôt en ligne.

Nous voici à Nyamisati, le village depuis lequel nous embarquons pour l’île de Mafia.
Observez bien la scène : les pieds dans l’eau, ce sont les « porteurs ». Il n’y a pas de quai, même pas une planche pour faciliter la montée à bord. Alors contre monnaie, ils vous portent votre valise dans le bateau. Imaginez la somme qu’on a dû négocier pour nos vélos…

Et on pousse, on s’appelle, on négocie son portage les pieds dans l’eau, on grimpe… certaines femmes se retroussent même la jupe et grimpent dignement sur les épaules d’un des porteurs.

Sans aucun doute, la journée la plus horrible de tout notre voyage. Et nous sommes tous les deux d’accord pour le vote !
A droite sous la bâche : nos vélos. La pluie tombe presque à 45° sous les rafales de vent.
Dans notre dos : une cinquantaine de passagers blottis sous la partie protégée du bateau.
Les sept heures de traversée pour rejoindre l’île de Mafia ont été un véritable cauchemar. Un passager qui habite l’île nous confirme que c’est la pire traversée qu’il ait faite en dix ans.
Saison des pluies oblige, notre coquille de noix de bateau se fait secouer dans tous les sens par ce qui ne semblait être au début qu’une petite averse. Jérémie, qui avait donné son imperméable à une pauvre vieille qui grelottait sous la pluie, a fini par lui reprendre, a vomi huit fois son riz-haricot sous les regards amusés des locaux que ça faisait rire de voir le blanc faire des allées et retours du siège aux flancs, jusqu’à ce qu’il s’en évanouisse. Claire, qui dans un premier temps avait préféré déserter l’imperméable pour aller bravement lutter contre la nausée dans son coin, l’a finalement arraché à Jerem (qui n’en avait plus besoin vu qu’un Africain pris de pitié lui a prêté un pull) et est allée s’agripper à genoux dehors, à un vieux clou qui dépassait de la coque, négociant chaque vague avec le capitaine.
Cinq heures de gerbes d’eau dans tous les sens, de vent, de sel, de crispation généralisée. Jamais encore on avait bu la tasse assis à bord d’un bateau !
Cette journée est la première du voyage où être à deux n’est d’aucun secours, d’ailleurs chacun s’est spontanément éloigné de l’autre, un peu comme ces animaux qui préfèrent aller mourir à l’écart ;-) . Nous sommes arrivés à la nuit, grelottants, exténués, des fourmis au bout des membres, et dire qu’il fallait encore de l’énergie pour négocier son portage de vélo ! On remercie infiniment Afro, le couchsurfeur que nous avions contacté, qui est spontanément venu nous assister dans ce grand moment de « j’en peux plus ».

Grand moment musical : le Tarabu ! (enregistrement numéro 2)
Influencée par le moyen orient, l’Inde et l’Afrique, la musique Tarabu est typique de Zanzibar. Et pour être typique, croyez nous c’est typique ! Une oreille mal exercée qualifierai cet exercice sonore de disgracieux, voir d’inaudible. Les musiciens jouent des heures durant des thèmes improvisés sur des bases connues, et les chanteurs improvisent a tour de rôle les paroles avec un micro de mauvaise qualité, mal amplifié sur des enceintes saturées. Les puristes diront que c’est fait exprès, que ca fait tout le charme de cette performance. Nous dirons simplement : « On l’a fait ».


Nous traversons l’île afin de rejoindre Utende, petite ville à l’opposé depuis laquelle nous pourrons admirer les fonds marins. En chemin, paysage paradisiaque : cocotiers, chemin de sable doux et blanc, bananes, sourires, soleil… la vie sous les tropiques dans tout son cliché. L’accès à ce côté-ci de l’île (Utende, île de Cholé, baie de Cholé) est payant, le site est en fait un parc national préservé.


Il faut au moins ça pour monter là-haut.

Nous respirons avec bonheur ce bain de chlorophylle.

En route pour aller observer les fonds marins avec Afro, le couchsurfeur avec qui on discutait déjà sur Internet depuis quelques semaines.
Avec Mbaraka, ils se sont occupés de nous comme des frères.
En échange, Jerem’ leur a vite crée deux sites Internet pour développer leurs qualités de guides sur l’ile :
http://afrowhalesharksafari.blogspot.com/
Si vous allez a Mafia, contactez-les et passez leur le bonjour !

Afro  choisit un gros récif au pied duquel il nous invite à plonger : coraux, poissons multicolores, étoiles de mer, algues se dandinant sous le courant … L’eau est incroyablement turquoise et transparente, c’est un régal des yeux derrière le masque. Nous observons des bancs de petits poissons slalomer entre nos jambes en un bouquet de couleurs.


Le marché flottant!


Nous prévoyons de nous reposer sur l’île de Cholé, où Baraka peut nous accueillir (merci couchsurfing !). Village paisible dans ce coin de paradis préservé, où l’on n’accède que par bateau.
Allez, un peu de pub pour ce lieu magique au milieu des bananes (site fait par Jerem’ en remerciement) :
http://cholefoxeslodge.blogspot.com/

« – Il y a encore des croyances traditionnels ici ?
- Il y en a, oui.
- Et les gens de l’île, ils préfèrent aller voir le médecin moderne ou le médecin traditionnel ?
- Ça dépend, certaines personnes vont voir le médecin traditionnel quand elles pensent que la médecine moderne ne va rien faire. Certaines personnes ici continuent de croire en des dieux « naturels ». Ils font des prières ensemble, mais ne le disent pas aux autres parce que ce n’est pas très bien de croire à la fois en Dieu et en ces dieux « naturels ».
- Et toi, tu vas parfois voir le médecin traditionnel ?
- Oh non, moi je crois en Dieu. »

Sur Cholé, petite île rattachée à Mafia, on peut voir l’un des derniers endroits où se construisent les bateaux de manière traditionnelle.

LES DENTS DE LAIT DE LA MER

Changement de programme de dernière minute ! Nous sautons sur le bateau d’Afro pour voir les requins baleine, car c’est la saison où ils batifolent entre la côte ouest de l’île et le continent. Activité proposée aux touristes oblige, on s’attend à voir trois ailerons et une vague tache sous l’eau. A l’intérieur du bateau : palmes masque et tuba prévu pour tous, le canot s’éloigne de la côte, nous papotons tranquillement sans trop savoir ce qui nous attend.
Expérience complètement folle !
« Tenez-vous prêts, nous dit Afro, nous arrivons dans la zone ».
On chausse docilement nos palmes-masque-tuba, tout en scrutant la surface de l’eau sans vraiment savoir quoi chercher. Et puis ça y est quelqu’un crie : « Là ! Là ! Allez-y sautez, sautez, go ! Go ! JUMP ! JUMP ! «


Et plouf ! Tu sautes n’importe comment, un monde bleu lumineux sans fin t’emplit les yeux, et sous tes pieds passe en silence une énorme masse sombre, un bus. Grosse flippe, vertige sous-marin, où est le haut ? Où est le bas ? Un autre requin-baleine remonte des profondeurs, engloutissant un banc de poisson au passage de sa large bouche. Et puis plus rien, le silence, le bleu. Ils sont partis. Tout le monde remonte à bord pour traquer de nouveaux ailerons, prêt à renouveler cette expérience extraordinaire.

Tout n’est que bruit, agitation et éclaboussures à la surface, précision, silence et harmonie sous l’eau. Ces autobus glissent sans un mouvement de queue ou d’aileron sous nous, autour de nous. Magique. Le temps de s’habituer a ce que nous sommes en train de faire, d’apprivoiser les éléments, après plusieurs plongeons, nous sommes plus calmes, plus observateurs sous la surface. On regarde chaque tâche, on prend le temps de compter les branchies, on se plonge dans leur regard.


Un banc de raie, très rare.


Retour sur l’île, sous la pluie. Matinée mémorable, qui vaut cent fois la plongée avec bouteilles que nous n’avons pas pu nous offrir.


Le séjour à Mafia touche à sa fin, voici le « Liverpool »,  le bateau qui est sensé nous ramener sur le continent avec sa voile. Et avec la marée aussi, puisque le départ est prévu à 21h, en début de marée descendante. Avec beaucoup d’appréhension, nous observons le ciel, guettant le moindre signe de tempête, de vent, de brise même, ne voulant pas renouveler l’horrible expérience des sept heures de traversée pour arriver sur l’île de Mafia.

Avant la nuit, on embarque. Vogue, vogue, sur les flots.

Calme extraordinaire, léger claquement de la voile, un peu de clapotis de vaguelettes, nous sommes bercés dans les chuchotements de l’équipage. On en oublierait presque que nous sommes allongés sur des sacs de poisson.
Leur odeur nous imprègne durant toute la traversée, allongés pendant des heures à chercher le sommeil sur les sacs, la senteur du jus de poisson commence à être épongés par nos vêtements.
Nous devrons attendre deux jours avant de pouvoir prendre une douche.


Un vélo-aiguiseur de couteau ! Fallait y penser !


Des petits pois !!!!! L’évènement ! Quelque chose qui agrémente différemment le sempiternel riz-haricot dont nous commençons à avoir marre. Et en effet, sur le continent, les marchés regorgent de légumes et de fruits en tout genre. Un festival de couleurs, de tailles, de formes, de textures, de la pastèque aux aubergines, en passant par les ananas et les petits pois, les maïs qui grillent, les bananes qui pendent, ça sent le sucre, ça fristouille, ça roule sous la langue, ça pique les doigts, craque sous les dents. Incroyable abondance sur ce marché d’Afrique !

DAR ES SALAAM !

Voila un nom qui évoque la poésie, la douceur, et l’orgueil…


Stupéfaction ! La vie en ville nous fait découvrir qu’on ne dit pas les heures de la même manière en anglais et en swahili. Pour nous qui fonctionnons sans horaires, sans jamais demander l’heure à personne, nous découvrons cela après plus de mille kilomètres et un mois dans le pays.
Une brave dame nous donne l’astuce (qui doit être enseignée à tous les écoliers) pour passer de l’heure en swahili à celle en anglais : lire à l’opposé du cadran. « Sept heures » en anglais se dit « une heure » en swahili.

ZANZIBAR, HELLO MY FRIEND !

Difficile de rester à Dar Es Salaam sans nous offrir l’île de Zanzibar à une portée de ferry.
Carrefour des cultures, l’île de Zanzibar a fait rêver les explorateurs et continue de nourrir les fantasmes des voyageurs.
Nous sommes heureux de lever le pied durant 8 jours. On a besoin de se reposer en profondeur. Le corps titube et se fait maladroit lorsqu’il faut reprendre les vélos.
Hop un coup de pédale, un coup de bateau, et nous voilà arrivés.

Zanj’ Bar, vieux terme arabe visible sur les vieilles cartes,  désigne la côte de peuples noirs non-musulmans.

Mais aussi, il ne faut pas l’oublier, ce fut un immense camp de déportation, le point terminal du pillage des terres du centre, sillonné de caravanes d’esclaves et de cadavres. Le Coran interdisant à un Musulman de réduire un autre Musulman en esclavage, ceux-ci pénètrent dans les terres jusqu’au lac Tanganyika où ils pouvaient effectuer leurs « achats » souvent auprès d’autres tribus locales. De grandes caravanes se formaient alors pour rejoindre l’Océan. Une marche de mille cinq cent kilomètres durant laquelle beaucoup d’esclaves mourraient. Pour un esclave vendu, quarante meurent en chemin ! Les villages de l’intérieur razziés, les hommes vendus par leurs frères, achetés par les arabes et les asiatiques bien avant l’homme blanc. Ce dernier a apporté les moyens « industriels » pour accélérer le processus de dépeuplement, lorsque l’Afrique de l’Ouest ne pouvait plus produire. En effet, il en fallait du monde pour travailler dans les plantations françaises de sucre et de café de Maurice et la Réunion…

A Zanzibar, on n’en parle pas. Amnésie motivée par le tourisme.
Zanzibar doit faire rêver.
Car en effet, on rêve à Zanzibar, comme dans un conte des mille et une nuits. Charme des ruelles, au charme oriental, portes sculptées, odeur d’épices, boutres arabes au soleil couchant… Il y a de quoi oublier l’abomination, tout est relatif sous le soleil. C’était il y a à peine plus d’un siècle.

Au passage, nouvel appareil photo, nouvelle option « panorama ». Admirez l’effet.

Peu à peu, une ville blanche se devine à l’horizon, posée entre le ciel et l’océan. Cathédrale, temple indou, minarets, surgissent au milieu des boutres et des cocotiers, comme autant de témoignages des ambitions conquérantes des peuples du pourtour de l’Océan Indien.

Karibu ! (bienvenue en langue swahili),

Après un contrôle strict de ta situation sanitaire, de tes vaccins à jours etc. tu peux rentrer sur Zanzibar.

Le long des routes, régulièrement des panneaux vous rappellent de rouler « Pole pole » !!!!
Ce qui veut dire « Doucement »…
Un art de vivre en Tanzanie.
En Tanzanie, il est un point d’honneur d’accorder plus d’importance qu’ailleurs à la politesse, à l’attention à l’autre, à s’arrêter pour des petites choses, a prendre le temps de saluer tout le monde. Le temps n’a pas la même allure ! Cette nonchalance est palpable, et remet régulièrement en question notre formatage a l’efficacité, au devoir de s’endormir le soir en ayant accompli quelque chose, en ayant rentabilisé notre journée.
Mais cette nonchalance cache malheureusement certains problèmes du pays, qui l’écartent du jeu de la compétitivité internationale, notamment vis a vis du Kenya.
Son histoire, ses valeurs, son “pouls” trop lent et peu agressif’ la marginalisent vis a vis du monde occidental auxquels ils aspirent tant.
Nous vous raconterons comment dès la frontière kenyane traversée, nous avons ressenti cette agressivité.

Un jeux de dame pour ces messieurs.

Ils nous font rire ces 4×4 d’ONG qui payent leur salaire a coup de bailleurs de fonds, sur le bon dos de la misère. Et ça essaie de nous culpabiliser en plus ?

Le plus gros escargot du monde ! On a oublie le nom scientifique, mais on sait qu’il se trouve tout le long de la cote d’Afrique de l’Est.

Faite en pierre de corail, Stonetown, la cité de Zanzibar est un labyrinthe d’allées étroites, de colonnades, de places lumineuses, de balcons ciselés, de portes sculptées. Un délice pour les yeux, et les crayons des dessinateurs.
Les lumières chaudes, tamisées ou crues, illuminent les architectures qui mélangent des influences Arabes, Swahili et Indiennes.

Dans les ruelles, nous sommes happés à la contemplation. De chaque angle mort de porte ou coin de rue sortent des ombres arabes, flottant à petits pas sous l’ombre portée par les balustrades décorées. Pleine de labyrinthes, de secrets et de mystères que nous voudrions percer.
Nous cherchons traces des Egyptiens, des Sumériens, des Perses et des Portugais, des Indiens et des Chinois dans cette architecture pleine d’arabesques, de bois, de trésors venus de tout l’Océan Indien façonnés par plusieurs siècles des marchandages, de voyages et de conquêtes.

Dans ce labyrinthe d’allées étroites et ombragées de la cité de pierre, le soleil se faufile entre les murs, rase les fenêtres, saute sur les toits, se heurte aux balcons, se glisse dans l’entrebâillement des portes.

Zanzibar a des racines africaines mais elle est tournée vers l’Océan Indien, les pays arabes et l’Islam, la religion majoritaire.

Qui dit Islam, dit ninja. Ce vêtement est un Bui-bui, long sans manche, noir, couvrant de la tête aux pieds, c’est un cadeau fait aux jeunes mariées.

Comme un puzzle, les murs prennent des teintes violettes, ocres… selon le passage de la lumière.
Grimper des escaliers, traverser des terrasses, monter, redescendre, passer sur une planche, faire demi tour entre zones de clarté et d’obscurité… voilà le quotidien de nombreuses personnes qui habitent au dernier étage.


Par contre, île oblige, il n’y a pas d’électricité courante sur Zanzibar et tout le monde à son propre groupe diesel. Les écolos passeront leur chemin pour aller admirer du balcon en bois.

La journée commence des les premières lueurs du jour. Prière à l’aube pour les hommes à la mosquée, pendant que les enfants vont chercher de l’eau à la fontaine et du bois, et que les mamans balaient les coures.

Les ruelles étroites permettent d’échapper au soleil vertical, net, tranchant.
Extrait d’une discussion explicite sur la fameuse nonchalance tanzanienne :

« – Bon y en a encore pour longtemps ? (Jerem)
- Just five minutes.
- Five minutes it’s a very long time, here….
- How long is it in France ?
- In France five minutes are five minutes.
- Really ???”

Ces portes traditionnelles sont fabriquées dans un bois de teck africain. Les ornements ont une symbolique bien précise, et donnent à qui sait les déchiffrer (c’est a dire pas nous) des informations sur l’origine, le rang social, le métier des habitants de la demeure. Les swahilis sont superstitieux, et se protègent ainsi des esprits, des mauvais sorts, des intrus, et attirent la prospérité, l’abondance. On trouve souvent entre des motifs inspirés de l’Egypte (lotus, œil…) ou de la Syrie (femme poissons), des extraits du Coran.

Vêtus du Kanzu blanc et coiffés de kofias en lin brodés, les jeunes hommes reviennent de la mosquée. Nous sommes vendredi.
Partout nous parviennent les échos d’enfants jouant, étudiant, priant… mêlés au bruit des sonnettes de vélo invisibles des marchands ambulant.

Suivez les effluves! Marchands de papayes, de cannes a sucre, d’oranges, de goyaves, de mangues, de biscuit parfumes a la cannelle… Se saluent ici la main sur le cœur. Les odeurs tourbillonnent, s’échappent des étales, vont déambuler en ville, rentrent dans les demeurent et se mélangent aux odeurs de cuisson.

Le matin, fruits et légumes sont déchargés à grands renforts de bras. A 14h, soleil au zénith, les bureaux ferment, la ville claque ses volets et redevient silencieuse jusqu’à la prochaine sirène du muezzin.

Zanzibar c’est un peu les vacances, alors on donne des nouvelles.


Nous quittons Stonetown pour une petite escapade à vélo dans l’île. La fatigue de ce dernier mois se fait sentir, le corps supplie les arrêts, encouragé par ces visions de palmiers sur fond de mer turquoise.
Objectif farniente, Claire réclame LA PAUSE. Une vingtaine de kilomètres par jour pas plus, juste de quoi changer le décor pour la sieste. L’île est toute plate, la route jolie et agréable, et en plus notre carte de l’île exagère un tantinet les kilomètres entre les villages. Le rêve.
KIKADIKOI : « Quoi ? On est déjà arrivés ? C’est nul ! »

Mais hélas, une fois sortis de Stonetown et de ses quartiers rénovés par l’Unesco, les palaces parpaings-carrelage-parabole-climatisations poussent comme des champignons. Des immondices comme seul l’argent sait en construire. Dommage que les fortunés de Dar Es Salaam n’aient pas plus grand intérêt pour leur culture, autrement que pour attirer le touristes avec des horreurs construites tout en béton et peinture.  Des africains habillés en tenue Massaï nous interpellent depuis la pancarte de l’entrée : « Hakuna matata !» (Pas de problème !). Drôle de manière de saluer, décidément on est prêt à dire n’importe quoi pour faire plaisir à un touriste.
Cent mètres plus loin, nous croisons des vacanciers rougeauds montés sur des quads bruyants. Six quads pour six blancs, ils rentrent à l’hôtel après leur matinée de gadoue. Décidément, on est prêts à faire n’importe quoi pour occuper le touriste en vacances.

Sorti de Zanzibar Town, l’île présente une succession de paysages luxuriants, allant de la forêt tropicale à des étendues de végétation basses et marines.


Allez, les photos suivantes sont juste pour le rêve.

Zanzibar est connu pour sa production d’algues médicinales, essentiellement exportées pour les Japonais.

Jadis, les boutres (voiliers d’origine arabe) venaient poussés par la mousson vers novembre, avec la même régularité, et repartaient plusieurs semaines après en vent contraire, chargés vers le golfe persique, l’Océan Indien, les ports de l’Arabie et de la mer rouge.

A côté des blancs, c’est un Massai d’importation. Nous on a la politique de préférence nationale, eux ils ont la politique de préférence ethnique !
Nous les photographions en douce, de loin. Chaque couple de touriste en maillot promené par « son massaï ». En effet le touriste blanc préfère, pour plus d’authenticité, marcher sur la plage avec SON Massaï. Ça fait bien sur les photos à montrer à la famille en rentrant. Cependant, les Massaï n’habitent pas du tout dans cette région, et une partie de ceux qui sont déguisés avec des couvertures rouges et des bracelets sur la plage n’en sont pas.
Nous promenons nos roues depuis un mois en Tanzanie, et depuis un plus d’un an en Afrique. Nous savons que la pudeur ne se place pas forcément au même endroit, que les africains sont souvent plus soucieux de cacher le bas du corps, ce qui fait qu’on peut très bien allaiter en public pendant la messe et vouloir porter un pantalon sous sa jupe. Habitués aux voiles, aux pagnes, et autres tissus colorés qui recouvrent les corps, la soudaine vue d’hommes et de femmes déambulant en maillot de bain sur la plage parmi les musulmans nous fascine et nous choque. La nudité nous saute aux yeux, qu’est-ce que cela doit être pour les habitants de l’île ! Comment ne pas voir petites culottes et soutien-gorges ?
C’est le choc. « Je m’invite en vacances chez toi, j’arrive avec toute ma culture, OK ? ». Heureusement que les Africains sont plutôt relax par rapport à ça, ça a plutôt l’air de les faire marrer : « Ces muzungus, ils font de ces trucs… »


Les devoirs d’école. Ça vous fait rêver vous aussi ?


Le quinze millième kilomètre. Sur sable blanc s’il vous plaît !

Quelques crobards dans les rues de Stone Town.

Un truc commencé en Zambie.

Portable à la ceinture, lunette sur le nez, attention, on peut avoir un costume massaï ET être branché.

Y’a des endroits qui sentent mauvais l’ambiance Club Med. Vraiment, on ne comprend pas ce qui pousse les gens à prendre un avion pour s’entasser une semaine dans ces stations balnéaires, faire du volley en slip au milieu des femmes en burkas, parler italien en consommant du soleil et des produits d’importation, alors qu’il y a à portée de main toute la saveur de l’Afrique pour qui se donnerait un peu la peine de s’éloigner de trente mètres de son bungalow en plastique.


Nous continuons tout doux vers le nord de l’île, roulant tantôt sur la plage quand la marée le permet, tantôt sur la route parmi les bananiers et les villages.

Non ce n’est pas un nouveau revêtement éco-biologique pour la route, ce sont des clous de girofle qui sèchent. C’est la principale denrée d’exportation de l’ile. La cueillette s’effectue le matin. On trie, on fait sécher.

Rouler dans ces petits coins investis par les infrastructures touristiques rend nos demandes d’hospitalité difficiles. Nous sommes blancs, donc touristes, notre place est avec les autres touristes dans les hôtels. Il n’est possible nulle part de planter la tente, la sécurité n’est pas assurée et les villageois n’aiment pas savoir les blancs hors des sentiers spécialement battus pour eux. Car pour rassurer le visiteur blanc, et ne prendre aucun risque avec la sécurité, on le parque dans son ghetto de luxe all-inclusive.
Au culot, Jérémie frappe à la porte d’un de ces lodges à cent vingt dollars la nuit : « C’est possible de planter notre tente dans votre enceinte ? ». Pour une fois, nous apprécions que ce soit des européens qui tiennent ces établissements, car ils comprennent immédiatement notre problème, le principe de notre voyage, et nous aident à trouver une solution. La chaîne d’amitié se met en branle. Au bout de quelques minutes on nous présente Mégan, qui vit ici dans une maison privée, nichée dans la verdure au bord de la plage. Mégan nous offre spontanément le gîte et le couvert, dans sa maison d’un luxe incroyable.
Le lendemain, elle doit partir pour plusieurs jours. Elle nous laisse les clefs et le personnel….
Nous passerons trois jours à profiter des moindres recoins de l’endroit.

Haaaaaaaa, les pirogues creusées dans les troncs de manguiers…

Nous nous prélasserons là deux jours entiers, Jérémie profite du calme pour sortir ses pinceaux, Claire pour essayer tous les canapés de la maison.

Sur les visages, se mêlent l’Afrique, l’Europe, l’Inde, les Comores et l’Arabie. Les habitants de la cote et des archipels se disent Swahili. Leur langue s’est diffusée grâce au commerce loin dans le cœur des terres, et est parlée dans toute la Tanzanie et le Kenya.


Zanzibar, l’île aux épices, mérite bien son nom. On y trouve plus d’une cinquantaine produites: cannelle, cardamome, girofle, muscade, poivre, gingembre, tamarin, vanille, café, canne a sucre…
Au fil de la route… récolte de clous de girofle qui embaument l’atmosphère, et de poivre noir. L’endroit idéal pour refaire son stock d’épices.
Nous approchons de la pointe nord de l’île, depuis laquelle nous prévoyons de prendre une nouvelle fois (une dernière fois) le bateau. Nos sauts de puce d’île en île se terminent ici, retour définitif sur le continent.


A marée basse se croisent les pêcheurs, qui livrent leur poissons argentés remontés après une nuit de pêche, et les femmes qui arrivent du cœur de l’île à bicyclette, camion ou charrette, et qui déposent leurs légumes au marché.


« Hello my friend ! »
Les plages de Zanzibar regorgent de guides et vendeurs en tout genre. Le « marché massaï » propose des bracelets de perle et de cuivre, des paréos, des rangées de peintures de Massaï stylisés en long bonhommes jaunes et oranges, ainsi que des sculptures en véritable bois noirci imitation ébène. Tous les trois pas, quelqu’un vient te parler pour te vendre un truc : une sortie en mer, un collier de coquillage… « Hapana, sitaki » sont des mots que nous avons rapidement appris (« non, je ne veux pas »).


Les stars françaises sont au rendez-vous. Ici Bernard L’Hermite.

Ces plages du nord de Zanzibar font partie du top-10 des plus belles plages du monde. Jugez-vous-même ;)

Zanzibar est insolente de beauté. Le sable, blanc et fin, glisse sous les pieds. L’eau, sous l’effet des rayons du soleil, révèle une palette presque infinie de tons bleutés. Au nord, la plage laisse place à une paroi rocheuse rose orangée, surmontée d’arbres touffus. Elle a été érodée à sa base par le ressac si bien qu’on peut s’y étendre, protégé du soleil par un toit naturel.


Sur cette même plage, croisant ces jeunes filles musulmanes, une jeune européenne en vacances avec sa bande de potes. Nous la regardons passer n’en croyant pas nos yeux : elle avance fesses nues, le minou à peine couvert par son petit sac à main. Quel choc ! Retour brutal dans notre monde d’européens revendicateurs de libertés individuelles.


La voile claque dans le vent, la proue jaillit et retombe dans le gonflement des vagues. Nous scrutons l’horizon et écoutons l’océan, qui lie le destin des hommes de la mer et du continent depuis des siècles. Nous imaginons les navigateurs, marchands et voyageurs de jadis faisant le même trajet, parfois dans la tempête, sous la menace des génies des eaux profondes. Nous cherchons dans la houle la complainte de désespoirs et les prières des hommes entassés dans les cales, réduits à l’esclavage, partant pour les îles sucrières ou sur des terres inconnues.

Retour sur le continent, à bord de ce boutre. Le vent tombe, la traversée n’en finit plus sous le soleil… le fond de la mer est magnifique…

ALORS QU’IL ENTAME UNE ÉCHAPPÉE MAGNIFIQUE VERS

LE KILIMANDJARO…

Plus local, pas possible ! La poule niche dans la cuisine ! Pratique pour l’omelette.

En selle !

Fini la mer, la plage, nous roulons maintenant en direction du nord-est, avec en ligne de mire : Le Kilimanjaro. En route, nous récupèrerons notre ami Stuart, cycliste anglais que nous avons rencontré au Malawi. On l’adore, malgré son addiction au rugby, malgré le fait qu’il nous pousse à faire cent  kilomètres par jour pour regarder un match, nous comptons bien pédaler à nouveau ensemble.

Et c’est Fabio qu’on croise ! Un voyageur Italien, qui fait une bouclette dans le pays durant une paire de mois.

Voilà l’équipe de choc. Stuart et ses deux amis Emma et Rob, un à l’arrière du tandem, l’autre sur un vélo de location. On va faire route ensemble pendant une bonne semaine, jusqu’au Kilimanjaro.

Une nouvelle manière de porter son vélo. On y pensera…

A ce stade le riz/haricot devient un simple colmatage d’estomac.

Des plantes pour faire des portes et de volets.


Nous approchons du pays des Massaï (on commence à le savoir), un peu plus authentiques que leurs collègues zanzibarites.


Afin de voir un peu plus de paysages sauvages, nous quittons le goudron.


Et toujours, comme en Zambie et au Malawi), ces croix destinées aux maisons qui doivent être démolies car trop près de la route..

Hop, un riz-haricots qui commence par nous sortir par les trous de nez…


Nous voici à Samé, chez Lutavo, un artiste rasta recommandé par des potes. Il nous montre ses pièces, assez personnelles, nous lui jouerons de l’accordéon, et avec tout ça nous passerons deux jours ensemble.


En pleine décoration de chaussure faite en pneu.


Son jardin….

Le repas de midi nous donne l’occasion de commencer du bon pied.
Riz haricot, encore et toujours.

Haricot riz, toujours et encore (hou putain vivement le Soudan).

Un flamboyant, arbre au combien magnifique, présent également en Afrique de l’Ouest.

Soudain, dans une déchirure de nuage, nous pensons avoir aperçu quelque chose.
« Au bout du doigt, là, si si, c’est lui !»
Un micro-bout de neige crevant un amas de nuages. Le sommet du Kilimanjaro. Comment fait-il pour dissimuler ses presque six mille mètres?


C’est une photo de photo. La maman qui nous offre l’hospitalité veut nous montrer qu’elle aussi fait de la musique, pour son église ! Hélas elle n’avait pas la trompette avec elle, sans quoi nous aurions pu nous amuser un moment ! Elle voulait nous donner la photo en souvenir.
La matinée se prolonge après le thé, en chansons, en tétées, en rires.


Soirée pizza !
Nous sommes à Moshi, au pied du Kilimanjaro. Esther et sa maman, d’origine rwandaise, nous accueillent chaleureusement. Vive couchsurfing !

Peu à peu, l’aube investit le ciel.
Le mont « Uhuru » , nom qui lui est donné ici, est le premier à recevoir les rayons de soleil en Afrique. Honneur au seigneur.
Dressé au milieu de la plaine, ses neiges éternelles culminent à presque six mille mètres d’altitude Nous le contournons par son flanc est, coupant dans ses contreforts à travers bananeraies, petits villages, collines et maniocs.
Comme chacun sait, ses neiges sont menacées et auront totalement disparues en 2020 !

Nous jouons a cache-cache toute la journée avec blanche neige.

En roulant au pied du géant d’Afrique, nous avons la tête dans les nuages.


Et voilà, l’entrée du Kenya. Vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre une activité normale.

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