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(Message écrit à Louxor – Égypte, le 16 mars 2012)

Oh, oh, oh, et je rêve,
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève…
Oh, oh,
Rêver, c’est déjà ça, c’est déjà ça.
Ces paroles de la chanson d’Alain Souchon ont pédalé avec nous au Soudan du Sud.
Le plus jeune pays du monde, le vingtième que nous traversons avec nos bicyclettes.

Le Soudan du Sud est une Afrique bien différente de celle que nous avons déjà traversée. Nous le savions, c’est aussi pour cela que nous y sommes venus.
La partie sud du pays que nous avons découverte est tout à fait calme et sûre, les Soudanais très très « peace » malgré ce qu’en disent les ambassades, et ce que semblent faire croire les images à la télé. On entre dans ce type de périodes surréalistes où l’information se charge de créer l’évènement et non plus l’inverse.
« Calme » et « sure », nous disions.
Cependant, vingt cinq années de guerre civile, une indépendance qui traîne ses conflits aux frontières, un gouvernement provisoire, ça laisse des traces. Une épreuve morale, mais indispensable dans notre voyage qui enrichit et complète notre vision de l’Afrique. Nous ne sommes pas journalistes ni grands-reporters. Nous n’avons pas la prétention de faire un reportage sur le Sud Soudan en février 2012. Nous partageons juste une expérience de trois semaines vécues sur cette terre au triste passé, au présent inexistant, au futur incertain.
Toutes les réflexions, les tranches de vie, les points de vue exprimés dans notre article sont personnels.
Ces perceptions de réalités saisies à la source sont tout à fait subjectives. Comme des pièces d’un puzzle, elles s’agencent à chaque rencontre pour nous offrir une image plus claire de cette Afrique complexe, multiple et variée. Nous découvrons les forces qui nuisent à son épanouissement (volontairement nous n’utilisons pas le mot développement, trop chargé de sens pour ceux qui œuvrent a une Afrique à l’occidentale) et les potentiels qu’elle recèle. C’est aussi pour ça que nous roulons. La politique, ce n’est pas les beaux discours en cravates ou les extraits des journalistes qui créent plus l’événement qu’ils ne les rapportent. Ce sont des vies, des larmes, des rires, des peines, des cris, des caresses. L’expérience est par définition subjective…
C’est une vision crue de la réalité que nous vous livrons ici.

Installez-vous confortablement sur notre porte-bagage, entre les mines et la poussière… pour un nouvel épisode de “Jérémie et Claire vous montrent comment c’est parfois difficile l’Afrique”.
Merci divinement à Fred, Lili et David qui mettent en ligne nos articles ici: http://voyage.jeremiebt.com/

Pour savoir ou nous sommes, la carte d’ »Hubert Earth » est là: http://voyage.jeremiebt.com/carte.htm
Jérémie et Claire, «Vélo, diato, chamo.”

PS 1: Si vous ne voulez plus recevoir d’emails, écrivez nous. « Tu m’enivres » vaut mieux que « Tu m’énerves ;)

PS 2: Pensez aussi à nous donner des nouvelles de vous… et n’oubliez pas que sur les pages vous pouvez laisser tout en bas des commentaires que nous lirons goulûment !

PS 3: Si le temps entre deux reportages vous semble décidément trop long, des nouvelles fraîches sont régulièrement postées en première page de notre site.

PS 4: On cherche un éditeur pour publier à notre retour un recueil de textes, d’illustrations, et de montages sonores glanés durant notre voyage. Si vous en connaissez, pensez à nous.

PS 5: Merci à Simon, Caroline, Pierre et Marius pour leur accueil, et toutes les informations fournies pour venir dans leur pays. Courage dans votre mission !
PS 6: Merci à Jeff et à madame B pour la relecture de cet article rédige sur un clavier arabe, pas fastoche pour les accents.


Voici le dernier cliché qui clôturait le reportage en Ouganda, juste avant la frontière.
Un panneau de bienvenue pour nous trois, Car notre Stuart, sur son tandem, est toujours de la partie.

Le visa sud-soudanais est tout neuf ! A peine quelques semaines…
Quelques mots en arabe apparaissent sur les devantures des boutiques, et des sourires. Partout, tout le temps.
 » Welcome in the New Sudan ! » sont les premiers mots que nous entendons, à peine quelques mètres après la frontière. Ils nous réchauffent le cœur.
Ils sont fiers de leur indépendance, et nous remercient avec de franches poignées de mains et des sourires larges comme le ciel de venir témoigner au monde de la liberté de ce pays, durement acquise.
Depuis longtemps, on sait qu’ils ne sont pas les paresseux que prétendent de nombreux arabes vivant au nord, que leur misère n’est pas une conséquence géographique ou climatique, d’une oppression impérialiste ou coloniale.
Nous y voyons un unique problème de management. Et de gestion des ressources du pays par les politiques. Bien gérée, l’Afrique serait riche. Ils ont de tout ici : eau, fertilité, soleil, bétail… Mais les gouvernements se moquent de développer les pays. Ils pensent au profit à court terme, aux Chinois du jour qui arrosent pour avoir des marchés. Des ONGs œuvrent mais trop d’argent est détourné. Pauvre Afrique.


Ooooooh des billets tout neufs. Le Soudan du Sud est le pays le plus jeune du monde. Créé officiellement il y a un an. Voici quelques lignes pour préciser le contexte.
Les dissensions entre le nord du Soudan, à majorité musulmane, et le sud à majorité chrétienne et animiste, datent de quelques décennies. Le gouvernement de Khartoum, au nord, impose la loi de la charia islamique à tout le pays. Les mutineries et les guerres civiles se succèdent depuis les années cinquante.
« Avant, les arabes venaient pour avoir des esclaves. Rien n’a changé » nous a-t-on dit.
« C’est la faute aux Anglais qui auraient du diviser le pays en partant. Le Soudan est trop grand ! ».
Plusieurs rébellions ont embrase le sud. La plus meurtrière (deux millions de morts recensés) dans les années 1980 à 2000 a provoque le déplacement de quatre millions de civils, notamment vers l’Ouganda tout proche, et a désorganise la vie agricole du sud au point de déclencher une terrible famine en 1998. Plusieurs cessez-le-feu ont facilite les accords de paix en 2005, et la séparation Nord et Sud.

A chaque passage de frontière, nous observons les habitants pour déceler le petit changement de faciès qui, pays après pays, nous emmène d’Afrique noire au Moyen-Orient. Alors que nous nous attendions à trouver des teintes de peau plus claire, c’est l’inverse qui se produit. De nombreuses personnes ont la peau noire, très noire, et sans reflets. Alors qu’en Ouganda les reflets était brun/rougeâtre, ici… ils sont… gris.

En sortant nous voyons à nouveau des champs de sacs plastiques et des déchets que l’on brule. Un vrai problème les poubelles dans ce pays, où, comme en Égypte, le ramassage d’ordures n’est pas organisé. Du coup, on jette partout hors de chez soi.

En ROUTE POUR JUBA: Soleil, mines et Kalachnikovs…


Nous pédalons au cœur de la saison la plus chaude de l’année. La terre est complètement morte, sèche, pelée. Tout est de ce même jaune jaune sale et fatigué. Partout de la poussière. Aucun relief, il fait chaud.
Il n’a pas plu depuis très longtemps, la poussière n’est donc pas retenue au sol et reste en suspension dans l’air, bouchant l’horizon.

Vache famélique…
Sur le bas-côté, nous comptons par dizaines les carcasses de vaches.


Le sol est cuit comme une poterie.
Les arbres tendent les branches vers le ciel.
La lumière crue du soleil a recouvert la terre (et nous avec) et semble avoir figé le paysage à jamais.
Néant minéral, des pierres, à l’infini.
Immobilité, silence.


Nous regrettons la fraîcheur des hauteurs Ougandaises.
Nous avons des pédales de plomb. Nous roulons pour que le vent qui s’introduit dans nos t-shirt fasse mentir le thermomètre et les météorologues qui affirment que Juba est la ville la plus chaude du monde.
Pour augmenter le caractère dramatique de la scène, des vautours tournent loin au dessus de nos têtes.


Un village. Chouette, on va pouvoir se ravitailler, prendre de l’eau fraîche, peut être des fruits, des légumes…
« Ah non, désolé, y a pas d’électricité, les boissons sont à température ambiante. Pi on n’a pas de fruits ni de légumes, on doit importer d’Ouganda et c’est encore trop cher. On a des graines, si vous voulez… »

Ces maisons traditionnelles sont appelées des “kikouls”.
On remarque que depuis la frontière, toutes les maisons sont soit très récentes, soit en construction.


« Les gens qui ont fuit en Ouganda à cause de la guerre reviennent petit a petit depuis l’indépendance » nous dit Aboubacar, qui maîtrise un anglais presque parfait. La tente plantée dans son jardin, nous passons une bonne partie de la soirée à le questionner sur son pays, sa vie, sa famille.
Aboubacar est de l’ethnie Padé.
Il nous raconte son exode. Parti tout gamin en 1983, pour fuir la guerre. Plusieurs jours de marche avec un sac à dos pour lui et ses frères et sœurs, ses parents ont une valise sur la tête. C’est tout ce qu’ils emmènent, le reste est abandonné aux pillards. Il est resté en exil vingt quatre ans en Ouganda, où il a pu faire sa vie, se marier, avoir des enfants. En 2007, l’indépendance et la paix l’ont fait revenir sur la terre de ses ancêtres. Lui et d’anciens villageois cherchent les terrains qui auraient pu être la propriété de leurs aïeux morts entre temps, et donc leur propriété légitime, pour s’y installer.
Il n’y a plus rien, tout est à refaire: infrastructure, puits, eau, maisons. La terre est morte, pas fertile, mais c’est la leur. Les hommes mettent une année pour remettre un semblant de village sur pied. Lorsque c’est suffisamment accueillant, les femmes et les enfants peuvent alors revenir.
C’était il y a un an. Maintenant il a deux papayers de 3 mètres dans son jardin qui donneront des fruits dans un an, et d’autres pousses près de la maison. Il est d’un optimiste qui nous donne la larme à l’œil.
Aboubacar nous dit qu’il aime les étrangers, car les ONGs et autres projets gouvernementaux les ont aidés à remettre en état écoles, dispensaires, routes, voies d’accès à l’eau… Il se montre très heureux de nous accueillir chez lui pour la nuit, un peu comme si par ce biais, il pouvait rendre un petit peu de ce qu’il a reçu de tous ces étrangers venus offrir de l’aide a son pays.
Il aime l’indépendance et surtout la paix, même s’il reconnaît que ce n’est pas facile. Il est libre,
Tous semblent heureux de la séparation nord/sud.
« Avant, sous le régime islamique de Khartoum, Nous vivions selon la loi de la charia qui n’est pas la nôtre. Nous sommes chrétiens. Nous ne pouvions pas nous déplacer, monter des commerces, faire du transport, et avions des accès limites à l’école qui donnait priorité aux musulmans. »
L’école, ici comme ailleurs, les gamins rechignent à y aller. Ce n’est que bien plus tard que l’on comprend qu’il s’agit d’un passeport pour la vie.



Pénurie de produits frais !
La moindre tomate est importée d’Ouganda. Au p’tit déj, nous nous remplissons le ventre avec des « oats », des flocons d’avoine cuits à l’eau. C’est pas très bon, mais heureusement dans nos sacoches, nous avons de quoi améliorer ce plat (ce qui n’est franchement pas difficile) : un peu de cacao en poudre et du sucre. Les jours de fête, il y a de la banane.



Le lendemain matin, Stuart emmène Aboubacar à l’école. Car on ne vous a pas dit, il est en fait le nouvel instituteur du village. L’école a rouvert… la semaine dernière. Il y a dix huit instits et … neuf cents enfants ! Répartis en classe de cinquante. L’école est gratuite, lui reçoit un salaire, très faible, en attendant des jours meilleurs. Ses enfants vont à l’école construite de la main des habitants. Avant, les cours étaient en arabe, maintenant ils sont en… anglais !


Aboubacar possède un petit poste radio offert à chaque village par l’USaid (l’aide des nations unies) qui marche sans pile avec une manivelle. Les ondes diffusent tous les jours une petite émission en anglais destinée aux jeunes pour les aider à maîtriser cette nouvelle langue. Elle sert donc au travail d’enseignement, mais aussi à coordonner les énergies entre les villages. Il n’y a pas de presse écrite, encore moins de télé, alors cette radio permet de communiquer toute la journée même dans les endroits les plus isolés.

Cette route sur laquelle nous cyclottons est toute neuve. Elle est financée par les américains et fabriquée par des Turcs, adorables travailleurs qui nous offrent des verres d’eau glacée tout le long. Ces derniers sont protégés par l’armée. La vision de toutes ces armes et tenues militaires fait que nous ne nous sentons pas à notre place malgré l’ambiance décontractée, les petits tours sur le tandem de Stuart, et les bouteilles d’eau que l’on nous tend a longueur de journée.
La rumeur du monde nous semble de plus en plus lointaine.


Des formes grisâtres au delà des arbres. Pas de doute, ce sont des habitations. Devant l’une des maisons, un homme figé comme la roche. Comment peut-on vivre ici ? A des kilomètres à la ronde, il n’y a rien d’autre que la désolation d’être seul et affamé.
Cette famille semble très pauvre. Sans doute la plus démunie que nous ayons rencontrée de tout notre voyage. La nuit tombe, échange de regards, on décide de rester.
Les bords de la route étaient déserts depuis une heure de pédalage, et on préfère dormir avec des gens plutôt que seuls dans cette brousse hostile. De plus, la nuit sera noire dans moins de 20 minutes.
Un signe nous indique où nous pouvons mettre nos tentes. Les visages sont fermés, la discussion inexistante.
Il y a un couple trentenaire et douze enfants de deux à quinze ans environ. Pas un regard, ni un sourire.
Ni entre eux, ni avec nous.



Dans la tente nos questions nous taraudent.
Quelle vie ont-ils, ont-ils eu ?
Que font-ils ici sans rien ?
Pourquoi ne vivent-ils pas comme les autres près des points d’eau ?
Le charbon qu’ils semblent produire et vendre devant leurs “cabanes” leur permet-il de survivre?
Pourquoi n’ont-ils pas aménagé de toilettes ?
Pourquoi toutes ces mouches attirées par les déchets devant leur cabane ne semblent-elles pas les gêner?
Qui sont-ils ?
D’où viennent-ils ?
Que pensent-ils de nous ?
On sent que la maman a un petit grain de folie. L’esprit semble avoir trouve la paix quelque part. Cette famille a l’air bien abimée.

On ne saura rien.
On plie tout le lendemain matin, en leur laissant un stock de chappattis (crêpes locales), qu’ils prennent dans une totale indifférence. C’est tout ce que nous pouvons leur offrir.
Nous sommes intimidés. Nous qui étions tout persuadés que la rencontre de deux différences était nécessairement et réciproquement bénéfique, créatrice de paix. Partage, échange… Nous avons plongé pour la première fois de nos vies nos yeux dans ceux de la peur.


Un camp militaire. Qui sont-ils ? Que font-ils ? On a la réponse un peu plus loin.


Ça, ça veut dire qu’il ne faut pas aller pisser derrière l’arbre : champs de mines.

Extrait de conversation entre nous et eux.

- Hi, What are you doing here ? (Salut, que faite vous ici ?)
- We work on the mines. (On travaille sur les mines.)
- Wich mines? Gold, copper ? (Quelles mines? Or, cuivre ?)
- Landmines….. (Mines anti personnelles)
- Ah….


Rob’ est un militaire anglais, responsable d’un site de fouilles sur un champ de mines.
Il a à sa disposition des tracteurs, des chars anti-mines, des chiens… et les villageois qui se souviennent qu’ici, il y a 5 ans, quelqu’un s’est fait sauter. Comme une mine n’est jamais plantée seule, les villageois eux même balisent, suite à un accident, les zones minées.
Dans ce camp-ci, ce sont des mines de fabrication iranienne et chinoise, posées par le Soudan lui même pour lutter contre les déplacements de la LRA.
La LRA (L’armée de résistance du Seigneur, LRA pour Lord’s Resistance Army) est un mouvement terroriste en rébellion contre le gouvernement de l’Ouganda, et créé durant la guerre civile ougandaise des années 90. Repoussés hors des frontières de l’Ouganda, ses membres attaquent les populations en Centrafrique, au Soudan du Sud, au Congo… Ils se déplacent à pied, dans la brousse, d’où la présence de ces mines.


Quand on discute avec les gens au bord de la route, Jérémie présente Claire comme sa compagne. Les gens demandent alors pourquoi Stuart est seul sur son vélo deux places. Il blague et répond que son amie a été mangée par un lion. Les gens sont horrifiés. On leur dit que c’est de l’humour, mais ça fait a chaque fois un bide !
Ou encore on s’amuse devant les vieux polygames à dire que Claire a deux hommes pour elle. Ils sont abasourdis. Ou alors explosent franchement de rire : quelle bonne blague ! Quelle audace, même ! Deux hommes pour une femme !


Cet homme scarifié est de la tribu Nuer. Outre leurs marques tribales, ils sont facilement reconnaissables: ce sont des géants, dépassant pour la plupart 1m90 et parfois 2m.
La preuve, l’angle de la photo prise depuis les yeux de Jérémie.



héhéhé ce panneau nous a bien fait marrer.

JUBA: Un peu d’occident au milieu de bidonvilles. Vous reprendrez bien une bière fraîche ?


Nous arrivons prés de Juba, la capitale du Sud Soudan. Ça s’annonce assez moche, en même temps nous sommes nous-mêmes dans un état assez repoussant ! Les limites de l’hygiène ont définitivement été repoussées sur cette partie du trajet. Sueur, chaleur, poussière, peu d’eau et pas l’envie de s’arrêter à la pompe faire une lessive devant cent cinquante soudanais, surtout que tout sera credo dès le lendemain. Les chaussettes puent, le t-shirt est raide comme du carton, la crème solaire roule en boulettes de crasse sur la peau, la culotte… non ne parlons pas de la culotte. Mais on s’en fout, d’abord parce qu’on ne peut pas bien faire autrement, ensuite parce qu’on sait qu’une douche nous attend a Juba. Pour ceux qui s’interrogent : Oui, on se fait très bien à la crasse. En fait, on se fait très bien à SA crasse.

Six litres d’eau, trois Sprite et un thé bus en une journée. Le record de Jérem’ depuis le début du voyage. Et il n’en a pas pissé une goutte !


Aaaah…. Ces publicitaires, ils récupèrent tout !




L’eau est livrée, elle vient du Nil.
Heureusement pour nous, il y a régulièrement des pompes à eau dans les villages, construites par des ONGs.


Juba, nous y voila.
C’est drôle, il n’y a presqu’aucun véhicule prive en ville ?! Nous ne voyons dans les rues que des voitures de l’UN, ou des mototaxi, des 4×4 à l’effigie des ONGs, des gouvernements…


Chers lecteurs… voici venu le moment de vous lâcher ce que nous avons sur le cœur,
La tâche est délicate, c’est une bien triste manière de conclure ce reportage sur le Sud Soudan, mais nous nous devons de partager ici ce qui nous a fait cogiter pendant des jours a Juba..

Nous espérons ne froisser personne dans les lignes qui suivent, nous remercions ceux qui nous ont ouvert en toute confiance la porte sur leur quotidien, et avec qui nous avons partagé des moments de complicité. Nous sommes comme la tierce personne dans une relation de couple difficile, nous n’avons d’intérêt ni pour l’un ni pour l’autre, seul nous intéresse l’objectif commun pour lequel chacun œuvre, la paix, la construction.

Le pays est en reconstruction.
Juba abrite deux mondes : celui des Soudanais qui font les mototaxi, vendent des fruits, et des bidules, et vivent dans une baroque en tôle ondulée en centre ville, monde que nous connaissons bien, et celui des travailleurs de l’humanitaire, en mission pour un, deux, trois ans… que nous découvrons un peu plus encore…

Afin d’éviter l’hôtel a cent euros la nuit (premier prix), et pour côtoyer un peu de monde de notre culture, nous logeons chez des français qui travaillent pour l’Ambassade, et pour une mission privée sur le déminage. Ils nous ont beaucoup aidés dans nos recherches sur la traversée du Sud Soudan, nous sommes heureux de les rencontrer enfin en « vrai ». Ils nous ouvrent la porte sur le monde des expatriés en mission, dans lequel nous évoluerons pendant nos quatre jours à Juba.

C’est qu’il y a du pain sur la planche pour les ONGs !
En militants engagés et convaincus, ils nous expliquent que la guerre civile a fait proliférer les armes, et que les anciens militaires sont dorénavant en surnombre. Beaucoup ont des armes chez eux et se font maintenant employer par des milices. Un programme de retour à la vie civile pour ces hommes qui ne connaissent que le maniement des armes est nécessaire. Ils étaient quatre cents mille avant l’indépendance, chiffre colossal au vu de la population nationale.
La médecine d’urgence est un aussi programme important ici quand on sait que 40% des femmes meurent en couche, lorsque celle ci est réalisée en dehors des centres.
Tous ces « chantiers » justifient la présence de tant d’occidentaux à Juba, toutes ces voitures pleines d’autocollants qui circulent, les acronymes partout…
La ville est en fait comme un immense camp pour l’UN et les ONGs.

Alors comment expliquer notre malaise a Juba ?
Nous nous trouvons environnés de faits que nous ne parvenons pas à relier les uns aux autres sans entacher ce que nous voudrions préserver : une super rencontre, une cause noble, un don sincère…
Mettre un peu d’ordre et de compréhension dans ce méli-mélo d’observations contradictoires nous force à nous poser des questions auxquelles on préférerait ne pas réfléchir. Car en pénétrant dans l’envers du décor, nous découvrons les rouages amoraux, les engrenages vicieux, nous rencontrons les « pilotes de l’ombre » d’un système extrêmement bien organisé qui semble s’être détaché de tout ce qu’il avait d’humanitaire pour fonctionner selon ses propres intérêts, parfois bien loin des objectifs initiaux.
Nous croisons des conseillers, des spécialistes en « conflit résolution », des hommes d’affaire, des banquiers, des consultants, des chauffeurs, des coordinateurs, des assistants, des agents de terrain… Il y a un monde fou dans ces organisations ! Tous sympathiques, contents des prestations des uns et des autres, se félicitant, lisant le journal, parlant géopolitique. Nous, nous avons l’impression d’être au milieu d’une grosse colo. « Salut, t’es la pour quoi, toi ? ». Nous voyons des filles au look « bab », des quarantenaires fatigués, des responsables (ils sont bien habillés pour se distinguer), des bières, des glaçons, de la wifi partout… Ambiance cordiale, légère et décontractée. Des filles, sans doute fraîchement arrivées, cherchent discrètement des yeux la prochaine copine, jeu de regards constant, jeu des apparences, « Et toi, t’es la pour quoi ? »… Les plus jeunes nous font penser à des étudiants Erasmus. Devant eux, nous sommes encore crasseux de la terre sud soudanaise.
Le samedi de notre arrivée, peut être trois cent expatriés étaient rassemblés dans le seul bar un peu « bien » de la ville : danser, flirter, se mettre une mine, oublier.
Le lendemain on nous invite à aller « boire un coup » a l’hôtel de Juba (celui que fréquentent tous les expatriés). Planté au milieu des baraques en tôle qui fleurent le bidonville, le bar compte trois vitrines réfrigérées, deux télés écrans-plat, des ventilateurs au plafond, la clim dans toutes les chambres. Claire qui s’en étonne, mais on lui répond : « On a bien le droite de se détendre, ce n’est pas facile ici. ». C’est sur que ce n’est pas facile d’assumer tous ces litres de pétrole qui gardent les bières au frais, alors que ça fait trois jours que la ville est sans électricité. Ils nous ont dépassés au moins cinquante fois par jour sur le trajet, tous ces camions-citernes « danger pétrole », on devine maintenant où ils allaient.

Trop de pognon parade sous notre nez. La guerre, c’est bon pour le business, et ce business lié à la présence des occidentaux nous saute à la gueule à Juba. Comment expliquer ces prix aussi haut dans la ville ? Pourquoi les chambres d’hôtel coutent cent dollars au milieu du bidonville ? Pourquoi le moindre africain veut bosser pour une ONG n’importe laquelle, être ton chauffeur, cirer tes godasses ?
Au milieu de rien, ou pas grand chose, ont jaillit de terre des quartiers résidentiels entourés de barbelés pour les expatriés qui viennent travailler ici. Ambassades, camps militaires et hôpitaux ont poussé comme des champignons au milieu des bidonvilles.

Noam Chomsky a dit que l’urgence est par essence capitaliste. Il y a la guerre, il y a urgence. Alors on envoie des bras, du matériel, des moyens pour panser les blessures et arrêter l’hémorragie, et puis vient aussi de l’aide d’une autre forme, moins dans l’urgence et plus dans le « redressement » du pays, de l’aide au développement… Pour tout ce petit monde il faut des infrastructures, des bâtiments, des services…
Alors que pensent les Africains qui voient tout ce pognon passer sous leurs yeux tous les jours ? Tout cet argent qui est sensé servir à construire leur pays ?
Les frais de logistique pour tous ces hommes sont colossaux, démesurés. La machine a pris vie, elle s’est séparée de la cause initiale qui a nécessité sa création, et s’auto-entretient en circuit ferme.
Qui pourrait stopper ça ?
Qui voudrait stopper ça ?
Le champ de mines régresse, une pompe à eau est construite, tout le village est content.
La clim est réparée, un bon salaire tombe, tous les travailleurs sont contents.
Celui à qui il manque le plus n’est sans doute pas le plus difficile à satisfaire. Celui qui a l’habitude d’un certain niveau de confort, en revanche… Par chance, c’est lui qui tient les cordons du porte monnaie ! Il restera bien toujours assez pour l’Afrique, va…
Et puis le montant des salaires ! Diable ! Être « agent de l’humanitaire » à Juba, c’est un peu comme être joueur de foot. Pour avoir de « bons éléments » dans l’équipe, il faut motiver par une surenchère des salaires. Et pour garder ces « bons » éléments, il faut payer… On nous confie que les ONGs françaises n’ont pas la cote, elles ne paient pas très cher ! Quatre mille ou cinq mille euros par mois sont des salaires normaux chez les américains et les allemands. Radins de français ;) !
Et l’éthique, dans tout ça ?
Peut être sommes nous d’autant plus sensibles à ces inégalités que la veille de notre buffet chez l’ambassadeur, nous dormions au milieu des déchets chez des soudanais complètement démunis de tout.
Pardonnez-nous, nous nous interrogeons seulement sur les limites… de l’indécence.

Par contre tout ce petit monde semble se rejoindre pour tirer dans la gueule des UN : les projets des Nations Unies (UNICEF, etc.…), c’est de la grosse merde. Anti-constructif, sans discernement, peu regardant sur la corruption sous couvert de la « paix diplomatique »… Au lieu de s’attaquer à la source du problème, à savoir le régime en place, ils le ménagent pour préserver l’entente et les intérêts généraux, brassent un peu d’air en attendant. Par contre ils sont très forts pour coller leurs stickers partout sur des petits cartables bleus et faire faire leur boulot par des petites ONGs locales. Certain programmes des Nations Unies en Afrique sont en stand-by plusieurs mois le temps de « déployer une équipe sur l’ensemble du terrain ». Ça peut prendre trois ans. Pendant ce temps la, ça se tourne les pouces, et ça touche son salaire. Car ce sont les plus gros montant dans le milieu de l’humanitaire. Comment justifier autant d’argent ? Trois ans de mission au Sud Soudan et on peut acheter cash une maison en France. De quoi susciter un paquet de vocation, non ?

Nous sommes désenchantés, écœurés. Nous en avons assez vu, assez entendu. Qu’on ne nous parle plus d’humanitaire, nous ne préférons pas savoir, trop peur d’entendre quelqu’un nous faire le coup de la « fibre », du don de soi et tout ça.

Nous rencontrons aussi de ces travailleurs au long terme qui nous avouent :
- »Aucun développement ne pourra jamais émerger des populations elles-mêmes tant que les occidentaux seront présents sur le territoire. Pire, cette présence entretiendra l’idée déjà bien ancrée dans les tètes que la solution viendra toujours du Nord. »
Taquins, nous leur lançons :
- »la solution serait de bouter l’aide au développement hors de l’Afrique ? »
- »Oui, ça fera surement un gros crash, mais sur le long terme, c’est peut être ce qu’il faut. »

On n’invente rien:
« Le business humanitaire : le nouveau marché capitaliste »
C’est le titre d’un article bien documenté du journal Ouest-France du vendredi 12 mars 2010.
Il nous parle des USA mais il décrit également la politique que mène la France au travers de Suez/GDF, Veolia/EDF, Areva, Bouygues, Orange, Bolloré et autres fleurons de notre capitalisme national.
« L’Afrique n’a sans doute jamais encore été aussi visitée par des « missions » qui sous couvert de coopération sont en réalité la couverture d’une « conquête des marchés », forme nouvelle de la colonisation. »
Ou encore
« La prise du pouvoir par les institutions internationales telles que le FMI ou la Banque mondiale, chefs d’orchestre de la globalisation et d’une mise sous tutelle des États, de plus en plus dépossédés de capacités politiques
La suite ici:
http://seaus.free.fr/spip.php?article618

« Bal à l’ambassade, quelques vieux malades… »
Nous avons même eu droit à une petite réception à l’ambassade. Monsieur l’ambassadeur nous encourage dans notre voyage, lui aussi est un « baroudeur de l’Afrique » nous dit-il. Il est, avec sa femme, allé dans les endroits reculés dans les pires conditions. Ils ont même « traversé une rivière sur une barque faite dans un tronc d’arbre ».
Nous sommes épatés.
Une chose est sure, on oublie une part de notre humanité à Juba.
Nous apprenons à nous insensibiliser pour passer d’un monde à l’autre.
Stuart se fond assez bien dans le décor, ménageant la chèvre et les choux. Nous on est devenus en trois jours complètement antipathiques, allergiques à tout contact avec la majorité des blancs ici.


L’indépendance laisse toujours un flou au niveau des frontières, et donc des conflits peu importants, mais nombreux et réguliers, éclatent toujours entre le Sud et le Nord. Selon notre idée première, nous venions à Juba pour prendre un bateau et filer sur le Nil vers Khartoum, afin de ne pas prendre la route en proie aux barrages de milices armées. Vingt cinq ans de guerre civile ont laissé les armes proliférer dans le pays. Un cycliste a fait ce trajet par voie d’eau avant nous sans souci, des personnes de l’ambassade de France nous ont confirmé que c’est le chemin le plus sûr pour gagner le nord. Mais, arrivés à Juba, la situation s’est dégradée. Ledit bateau ne circule plus car il a été la cible de plusieurs tirs isolés ces dernières semaines, et des villages frontaliers sur ses berges ont étés bombardés.
Nous faisons donc un petit saut par dessus la frontière… en avion.
Juba-Khartoum, deux heures, deux mondes.
Pour l’anecdote: Stuart arrive à faire passer son couteau suisse dans l’avion, oublié dans une poche. “Pas de souci” dit une personne amie de ceux qui ont logés Stuart ces trois dernières nuits, “le portier c’est mon cousin”.
Nous sommes heureux de quitter Juba sans l’avoir comprise.

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